PINK FLOYD : Animals


 

Animals

 

Alors la voici, ma première chronique d’album pour Acheron, enfin ! Il faut dire que le choix a été dur, et j’avoue avoir fonctionné avec la question de l’île déserte. En effet, si jamais je devais partir en emportant avec moi qu’un seul album, ce serait Animals des PINK FLOYD, un choix étonnant pour les personnes qui connaissent mon dévouement à la musique extrême. Mais que voulez-vous ? Les voies de la musique sont impénétrables et les Floyd ont toujours occupé une place de choix dans ma discographie, et ce depuis mes 16/17 ans, où je ne voyais en eux qu’une bande de hippies bourrés de LSD. Mais les années ont passé, mon oreille c’est affinée, mon esprit aussi, et j’ai pu découvrir au fil du temps que PINK FLOYD était en réalité doué d’un talent créatif hors norme, un groupe composé de cinq surdoués (en comptant la période ou Barret et Gilmour étaient présent tous les deux), et j’avoue sans honte considérer Gilmour comme un des guitaristes les plus doués du (monde ?) rock. Au passage, je ne saurais que trop vous conseillez de jeter une oreille sur le solo de "Time" présent sur l’album The Dark Side of the Moon, qui reste pour moi le meilleur solo jamais composé. Mais trêve de déballage pseudo-sentimentalo-personnel, venons-en à la galette. C’est donc avec une chronique plutôt rock/atmo/prog/psyché que je commence mes élucubrations musicales pour le site (le metal viendra en son temps). 



Pour replacer l’album dans le contexte, nous sommes en 1977 et les quatre Anglais ont déjà sorti quelques pierres angulaires de leur discographie comme The Piper at the Gates of Dawn, The Dark Side of the Moon (un des albums les plus vendus au monde), et Wish You Were Here. The Wall, lui, sortira deux ans après cet Animals. Le groupe n’a donc plus rien à prouver et a déjà exposé à la face du monde leur force de composition. 

Techniquement parlant, tout au long de leur discographie, les Anglais ont pratiquement toujours travaillé leurs albums de la même manière, c’est-à-dire en développant au possible un thème qui leur tenait à cœur, le deuxième disque d’Ummagumma était composé de quatre OVNIS chacun signé par un membre du groupe,  Wish You Where Here crachait sur l’industrie du disque (et était aussi un hommage à Sid Barret), The Wall était une sorte d’autobiographie déjantée de Waters et The Final Cut traitait de la guerre, bref, vous l’aurez compris, PINK FLOYD aime se casser la tête pour nous proposer une musique travaillée et aboutie.

Avec Animals, le groupe nous arrive donc avec ce qu’il sait faire de mieux : un concept album. Celui-ci reprend les grandes lignes du roman de George Orwell, La Ferme aux Animaux, qui fait une critique furieuse de la société et compare les différentes couches sociales à… des animaux. "Pigs", tape donc sur les doigts des bourgeois qui se complaisent dans la luxure la plus totale, "Dogs" s’en prend à la classe moyenne, qui flairent là où ils pourraient trouver des profits afin de se hisser au même rang que les bourgeois, et enfin "Sheep", qui suit aveuglement les ordres qu’on leur aboie. 

Tout ce petit monde se retrouve donc mis en musique par l’un des groupes les plus brillants de tous les temps pour en prendre plein la gueule avec des paroles explicites et sans concessions par un Roger Waters remonté comme un coucou Suisse et qui commence à s’imposer de plus en plus dans le groupe.



Car au sein du Floyd, les choses commencent à changer, le constat est flagrant. Waters prend les rênes, tant au niveau composition qu’au niveau chant, où il est simplement secondé par Gilmour sur "Dogs", tous les autres membres sont relégués au second plan. Mais heureusement, le Gilmour en question a toujours son mot à dire et se distingue avec ses parties de guitares soigneusement travaillées. Waters continuera à s’imposer jusqu’à The Final Cut, présenté comme un album de Roger Waters interprété par PINK FLOYD (rien que ça…). Il sera finalement remercié de ses services pour le groupe quelque temps plus tard.
Musicalement parlant, nous sommes sur une base rock atmosphérique pur jus, faite de compositions parsemées d’ambiances différentes (notamment sur "Dogs" et son passage planant complètement psyché), qui peuvent paraître moins accessible de parts leurs structures plus complexes que sur The Dark Side of the Moon, l’album précédent. Mais c’est surtout avec ses titres très longs (dix minutes pour "Pigs"/"Sheep" et vingt minutes pour "Dogs") que l’album diffère de son prédécesseur. La sensation ressentie avec cet Animals est vraiment saisissante et c’est avec un sentiment de hargne et de rancœur qui se dégage des compositions que l’album fait mouche.

Comme d’habitude les vocaux ont été extrêmement travaillés, les paroles aussi, mais, malgré le travail fourni, rien ne viendra détrôner la guitare de Gilmour qui fera l’album à elle seule. Les parties, le son, les solos, tout est millimétré à la mesure prés et la prédominance des guitares ne perdra pas en intensité, de la première à la dernière note, même tarif pour la basse, avec ses parties bien distinctes, au son rond. Le tout est mené rythmiquement d’une main de maître par un Mason très en forme et très inspiré (et qui utilise une cloche pour l’occasion sur le morceau "Sheep", histoire de coller encore plus au concept). Les claviers, eux, sont toujours très présents et tiennent d’avantage cette place primordiale dans la musique des Anglais (l’intro de "Sheep" s’il vous plaît), l’orgue Hammond est aussi de la partie, il ne pouvait en être autrement. Les différentes sonorités choisies par Wright viennent soutenir une musique déjà bien enrichie par les cordes et malgré que Waters se mette en avant, chaque membre du groupe, prouve avec leur performance individuelle que PINK FLOYD reste un collectif de personne au talent indéniable. Je passe volontairement sous silence l’intro et l’outro acoustique qui font certes, partie de l’album, mais qui sont complètement anecdotiques aux côtés des trois autres titres.



Pour parler de la pochette de l’album, elle représente un cochon flottant joyeusement au-dessus d’une usine. Comme vous pouvez vous en douter, et comme le groupe ne laisse rien au hasard, la signification symbolique de cette pochette est en adéquation avec la thématique de l’album, le cochon représentant donc la bourgeoisie observant de haut le petit monde. Ce cochon volant, fabriqué par la société Zeppelin (merci wikipédia) est donc devenu l’emblème de la tournée mondial qui a suivi.     



Pour conclure, et puisque qu’Acheron est fait aussi pour exposer des avis pas forcement objectif, je dirais donc que Animals est mon album préféré de PINK FLOYD, n’en déplaise à certains. Un album qui prend au trip, et qui fait ressurgir le rebelle qui sommeille (très profondément) en moi. Les Floyd arrivent encore une fois avec un album différent, à mille lieues d’un Dark Side resplendissant, éclatant et fait de compositions belles à vous faire chialer, celui-ci transpire l’animosité envers le système en place à l’époque et le groupe (enfin Waters en particulier) montre les dents avec ce qu’il sait faire de mieux, de la musique, et que l’on aime ou pas le personnage, il faut bien avouer qu’il reste un compositeur hors pair. 

 

ZoSKiA


 




Line-Up :

David Gilmour - Guitare / Chant

Nick Mason - Batterie

Richard Wright - Claviers

Roger Waters - Basse / Chant

Nationalité : Angleterre

Label : Columbia Records

Année : 1977

Tracklist :

1 - Pigs On The Wings (1)

2 - Dogs

3 - Pigs (Three Different Ones)

4 - Sheep

5 - Pigs On The Wings (2)


 

3 votes. Moyenne 3.67 sur 5.

Commentaires (5)

1. zoskia 08/11/2013

I'm not surprised, Pink Floyd has really influenced a lot of bands. This can be felt in your music especially with Nihaihayat.

2. Emir 08/11/2013

Sathimasal and Nihaihayat by Yayla that you've covered here was hugely inspired by this album actually.

3. zoskia 01/11/2013

Première leçon : Écoutez Animals !

4. Tankkore 31/10/2013

Pareil, j'y connais rien aux Pink Floyd mais le professeur ZoSKiA va tout nous expliquer !!

5. Cook 30/10/2013

Je suis un gros novice dans le domaine, même si j'avoue que le groupe m'a toujours intrigué.

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Date de dernière mise à jour : 13/11/2016

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