THE FACELESS : Akeldama

vous ne connaissez pas ? akeldommage...

Cela faisait un moment que je me demandais ce que j'allais chroniquer sur Acheron ce mois-ci (comme tous les mois me direz-vous). Les rares bouquins qui m'ont accompagné dans mon voyage linguistique ne méritent pas nécessairement un article à part entière, les quelques souvenirs que j'ai des films qui m'ont touché sont lointains et je n'ai pas envie de parler de nouveau de jeux-vidéo n'étant pas un fin connaisseur. Il ne me reste plus que ma bibliothèque de musique. Mais là un autre problème se pose: de la musique j'en écoute du réveil au coucher, qu'allais-je donc sélectionner ? Entre les promos à décortiquer, les découvertes fortuites, les conseils avisés de mes amis et collègues, un classique ? Et puis l'illumination c'est faite hier soir. Oui oui je sais je raconte ma vie mais c'est toujours mieux que de pester sur de la littérature non ? Bref, où en étais-je ? Ha oui hier soir. Alors que je prévoyais une sortie dans le froid nordique l'envie de changer un peu mon répertoire mp3 me prit. Attention il ne s'agissait pas de changer du tout au tout, juste que ma liste commençait à tourner en rond au grès de mes déplacements. Je supprime par-ci, je rajoute par-là, vous connaissez la manip'. En cherchant ce que j'allais m'envoyer de motivant pour ma longue marche je suis tombé sur un de mes vieux amours en matière de musique, j'ai nommé THE FACELESS.

 

the faceless

 

Bien sûr l'histoire ne s'arrête pas là. Je me remémore les bons moments à écouter Planetary Duality, second full-length des Américains (j'y reviendrais certainement puisque c'est sans doute l’œuvre musicale que j'ai le plus écouté de ma courte vie), et puis je ripe sur Akeldama (premier album du combo)... Me voilà headbangant comme à mes quinze ans. Quelques heures plus tard, je reçois un message de mon frangin, qui a du goût en matière de musique (facile à dire quand on écoute la même chose), me recommandant de réécouter le premier essai de THE FACELESS... Coïncidence ? Prédestination ? On ne le saura jamais. Cependant en me replongeant dans les entrailles de la bête il devint vite évident d'en parler. 

Commençons par présenter le groupe qu'une bonne partie d'entre vous ne doit pas connaître. En effet, malgré un succès mérité dans la petite sphère du death tech. (vous le sentiez venir non ?), on ne peut pas dire que la formation a une reconnaissance publique très large. Signé chez Sumerian Record depuis ses débuts en 2004 (rien que le nom du label en aura fait tiquer certain mais patientez voyons !) et mené d'une main de maître par Michael Keene (multi-instrumentiste, ingénieur du son, producteur... mon héros) qui occupe le poste de vocaliste/guitariste le groupe enregistre son premier album, Akeldama pour ceux qui ne suivrait déjà plus, en 2006. La formation est donc composée de Michael Keene, Brandon Giffin (bassiste de CYNIC depuis 2011 s'il vous plaît), Michael Sherer au clavier, Derek Rydquist chanteur en titre jusqu'en 2008 (aujourd'hui membre de BEREFT au poste de vocaliste/bassiste) et Steve Jones qui seconde avec brio M. Keene à la guitare. Pas de batteur ? Me demanderez-vous. Plusieurs percussionnistes se sont succédés au cours de l'enregistrement de l'album : Andy Taylor (membre de DISKREET depuis 2007) pour la deuxième et cinquième piste, Brett Batdorf (chez SINSTORM depuis 2011) pour les pistes une, trois, six et huit, Navene Koperweis (batteur live d'ANIMALS AS LEADER, ex-ANIMOSITY) pour la quatrième piste en enfin Nick Pierce (UNEARTH) pour la septième. Autant vous dire que malgré cette instabilité de line-up, la session rythmique n'a pas à rougir !

D'ailleurs, l'ensemble de l'instrumentation d'Akeldama n'a rien à se reprocher durant la demi-heure proposée par le groupe. THE FACELESS s'inscrit dans le brutal death(core) technique moderne comme on aimerait en voir plus souvent. Il n'est pas ici question du deathcore vaguement complexe que Sumerian Record a la fâcheuse habitude de sortir à côté des bijoux que ce même label propose (faut bien vivre ma bonne dame). Mélodies sweepées et tappings se mêlent à merveille avec les ruptures rythmiques du brutal death US. Le tout est servi avec une production au micro-poils de derrière de sourie naine (pour vous dire la précision). Tiens mais il n'y aurait pas un certain M. Keene qui serait passé par là ?

Comme d'habitude décrire froidement la musique du combo ne m'intéresse pas. Mon but est de vous faire écouter Akeldama coûte que coûte. Bon évidemment une certaine adaptation à la déferlante sonore du metal est exigée mais sait-on jamais peut être que cet album vous fera sauter le pas ? Du moins je pense que c'est possible. Comme toutes les grandes œuvres du death technique, THE FACELESS a un autre atout que la pure maîtrise instrumentale, j'ai nommé l'écriture. Parfois tortueuse, toujours accrocheuse, la composition de ce premier essai montre déjà une maturité musicale hallucinante ! Et ce ne sont pas des vétérans de la scène qui compose le groupe (le talent se confirmera sur Planetary Duality, rien que de le citer ça me rend tout chose...), on le sent dans l'approche très éloignée des canons du death (tech.) traditionnel. On est bien ancré dans le metal contemporain à base de mur du son béton et de matraquages véloces. Chose vérifiable dès le morceau d'introduction « An Autopsy ». Pourtant le sens de la mélodie est toujours présent (écoutez la phrase mélodique de la première partie de « Pestilence » pour vous en convaincre) et les refrains deviennent rapidement des hymnes qui tourneront longtemps dans votre esprit mis à mal par tant de virtuosité (« All Dark Graves » est son ton presque martiale). THE FACELESS n'en oublie pas de poser des ambiances et de savoir placer des silences salvateurs (le break central de « All Dark Graves ») qui font ressortir la fureur galvanisante d'un morceau comme « Leica » aux relents death mélodique suédois et sa fin teintée d'effets électroniques. J'allais presque passer à côté d'un des points centrales de l'album : sa touche jazzy. Alors on est loin d'un ATHEIST ou d'un CYNIC (quoique) mais ne serait-ce que dans les patterns de batterie tout en subtilité brisant les blasts monolithiques on s'aperçoit vite de l'influence jazz qui sous-tend de nombreux passages : soyons explicite avec ce solo de basse sur « Ghost of a Stranger ». Le morceau éponyme est carrément un hommage à la musique d'origine afro-américaine (même si l'ambiance spatiale peut faire penser à une BO de jeu vidéo, ha ces claviers... Le cheap n'aura jamais été aussi délectable). Avec tout ça je n'ai pas parlé du chant. Principalement composés d'alternance de growls graves irrémédiablement brutal death et de grinds plus aigus empruntés au metalcore, on notera la présence fréquente de vocodeurs du plus bel effet (« Akeldama » qui n'aurait pas fait tâche dans une œuvre de CYNIC, Brandon qui déjà ?) ainsi que de chant clair sur « Pestilence » (moment magique avec ces violons en fond). L'ensemble est ficelé avec sobriété (pas de plans techniques à rallonge) et d'une cohérence parfaite.

Akeldama est simplement un indispensable d'après moi, tout simplement, car cet album, parmi d'autres, a forgé ma vision du metal et de la musique en général. Mixtures réussites de brutal death, deathcore, jazz voire d'éléments plus électroniques (en petites quantités mais assez pour créer une texture particulière) ce full-length va chercher l'excellence : aussi bien jouissif dans la brutalité que les Américains insufflent dans leurs compositions, que dans l'efficacité de ses leads et autres riffs ou encore dans l'atmosphère qui ressort de l'album alors qu'aucunes pistes ou interludes ne vient ponctuer l’œuvre (la marque des plus grands). Certains diront que c'est la nostalgie qui parle. Peut être. Néanmoins on en reparlera quand je me mettrai à la tâche ardue de chroniquer Planetary Duality, ma madelaine de Proust en quelque sorte.

 

Cook

 

 

Line-Up : 

Michael Keene : Guitares, vocodeurs, chant clair

Brandon Giffin : Basses

Michael Sherer : claviers

Steve Jones : Guitares

Derek Rydquist : Chant

Andy Taylor, Brett Batdorf, Navene Koperweis & Nick Pierce : Batterie

Nationalité : Etats-Unis

Label : Sumerian Record

Année : 2006

Tracklist :

01 - An Autopsy

02 - Pestilence

03 - All Dark Graves

04 - Horizons of Chaos I: Oracle of the Onslaught

05 - Horizons of Chaos II: Hypocrisy

06 - Leica

07 - Akeldama

08 - Ghost of a Stranger

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Commentaires (2)

1. zoskia 19/02/2014

C'est précis, chirurgicale et super technique mais c'est définitivement pas ma came, ça manque d’âme je trouve, bonne chronique cependant !

2. MrGuitoune 18/02/2014

Faudrait vraiment je me penche un peu plus sur ce groupe !
Je me rappel avoir vu des covers de leur batteur Alex Rudinger, si je me trompe pas. Il était excellent. D'autres étaient des morceaux du groupe, ça envoyait pas mal

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Date de dernière mise à jour : 26/01/2015

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