FEAR FACTORY : Demanufacture

usine à riffs


 

 demanufacture

 

1995, une pierre angulaire du Metal Industriel mondial vient d’être apportée à l’édifice par les Californiens de FEAR FACTORY. Ni plus, ni moins. Pour l’occasion, le line-up a été quelque peu remanié, puisque le bassiste Andrew Shives a laissé sa place à Christian Olde Wolbers, quatrième larron de la grande époque de l’Usine de la Peur ! Le groupe est véritablement sorti de son époque Death/grind pour entrer dans un monde plus froid, clinique et mécanique. La production de Colin Richardson est plus nette et aiguisée, les growls de Burton C. Bell sont moins caverneux, son chant clair est totalement maitrisé, la batterie de Raymond Herrera et les riffs de Dino Cazares sont en parfaite symbiose destructrice et Rhys Fulber vient habiller le tout d’un voile synthétique magistral. L’épopée du double F peut enfin débuter !

Tout commence par un bruit sourd, rattrapé par un son de machine lointain, puis, une double pédale marque la mesure, un riff simple et tranchant apparaît et prend le dessus jusqu’à l’appui d’un clavier futuriste : bienvenu dans Demanufacture. Cette introduction du morceau-titre nous plonge immédiatement dans les entrailles de l’usine, au cœur même des rouages implacables de la formation américaine. L’air y est saturé en métaux lourds et les rythmiques martiales du matériel mécanique envahissent tout l’espace sonore (probant sur les couplets de « Body Hammer » et « Pisschrist »). Dans cette atmosphère de guerre robotique, se dégagent des riffs ravageurs, aussi simples qu’assommants, ceux de « Zero Signal » et « New Breed » sont particulièrement dévastateurs. Mais la marque de fabrique de cette usine vient du couplage entre le riffing massif et chirurgical de Dino Cazares et la double pédale épileptique de Raymond Herrera. Une osmose puissante et glaciale qui décuple l’impact de la musique de FEAR FACTORY, parfaitement mise en place sur l’intro millimétrée de « Self Bias Resistor » et celle, cultissime, de « Replica ».

Outre la prestation, incroyable de précision, de l’homme derrière les fûts ainsi que de ses excellents ajouts rythmiques à la limite de la Drum&Bass (le refrain de « Body Hammer », miam), l’autre atout de la formation est incontestablement le hurleur en chef, Burton C. Bell. Le vocaliste est aussi redoutable dans le registre hargneux et virulent (« We are the new breed, we are the futuuuuure !!! »), qu’émotionnel dans les parties en chant clair. Comment ne pas succomber au refrain, juste magnifique, de « Zero Signal », au final fantomatique et frissonnant de « Self Bias Resistor » et à celui, grandiloquent et touchant de « Pisschrist ». Une performance magique sublimée par l’habillage sonore du cinquième homme invisible, Rhys Fulber. En plus des sons synthétiques parsemés, avec brio, dans tout l’album, le claviériste de FRONT LINE ASSEMBLY a placé de discrètes séquences de clavier, dans une mouvance gothique, aux endroits les plus stratégiques (« H-K (Hunter-Killer) » et l’ambiant « A Therapy For Pain » notamment).

Concept-album autour du rapport homme/machine, du pouvoir de duplication de l’humanité et de la maîtrise technologique grandissante et dangereuse, Demanufacture est un opus affuté aussi bien sur le fond que sur la forme, constitué de pépites brutes de Metal Industriel. On peut aisément affirmer que les cinq premiers titres sont des hits universels dans le genre, avec une mention spéciale pour « Zero Signal » qui me ferait presque tirer une larme tellement ce titre est un chef-d’œuvre. Personnellement, si je préfère l’album suivant, Obsolete, c’est sûrement à cause des quelques petits coups de mou sur la seconde partie : la reprise de HEAD OF DAVID « Dog Day Sunrise », « Flashpoint » et le longuet « A Therapy For Pain » sont clairement un cran en dessous du reste. Il n’empêche qu’après l’expérience Fear Is The Mindkiller, le groupe a voulu faire un album plus cinématographique et a simplement sorti la référence d’un genre et la bande son d’une génération !

 

Pour les fans du groupe, et de l’album en particulier, je vous conseille d’acquérir la version « Deluxe Edition » sortie en 2005 pour les 25 ans du label Roadrunner Records. En plus d’avoir l’album de remixes Remanufacture en second disque, vous trouverez un livret riche en notes sur la conception de Demanufacture et un bon paquet de titres bonus : on retrouve donc les trois morceaux de la version digipack d’origine, à savoir la reprise d’AGNOSTIC FRONT, « Your Mistake » avec Freddy Cricien de MADBALL en featuring, le très bon titre Power/Thrash « ¡Resistancia! » et un excellent remix Hardtek de « New Breed ». À cela s’ajoute le morceau Death Indus « Concreto », réenregistrement du morceau-titre de l’album Concrete, ainsi que deux remixes Techno Hardcore, « Manic Cure » et « Flashpoint (Chosen Few Mix) ». Du lourd !

 

Tankkore


 


 

Line-Up : 

Burton C. Bell : Chant

Dino Cazares : Guitare

Christian Olde Wolbers : Basse

Raymond Herrera : Batterie

Rhys Fulber & Raynor Diego : Samples, claviers

Nationalité : États-Unis

Label : Roadrunner Records

Année : 1995

Tracklist :

01 - Demanufacture

02 - Self Bias Resistor

03 - Zero Signal

04 - Replica

05 - New Breed 

06 - Dog Day Sunrise

07 - Body Hammer

08 - Flashpoint

09 - H-K (Hunter-Killer)

10 - Pisschrist

11 - A Therapy For Pain

Bonus Tracks :

12 - Your Mistake (AGNOSTIC FRONT cover)

13 - ¡Resistancia!

14 - Concreto

15 - New Breed (Revolutionary Designed Mix)

16 - Manic Cure

17 - Flashpoint (Chosen Few Mix)


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Commentaires (6)

1. MrGuitoune 30/12/2013

Ah bah Obsolete tu m'étonnes !

2. Tankkore 15/12/2013

Mechanize est terrible également et effectivement The Industrialist, un poil en dessous ! Archetype est génial aussi mais s'essouffle un peu vers la fin. Et puis Obsolete, chef d'oeuvre !!

3. MrGuitoune 14/12/2013

Ah cet album c'est vraiment l'album le plus culte du groupe pour moi même, si j'ai aussi adorer dernièrement Mechanize différent ein mais très lourd aussi! The Industrialist bien mais un poil en dessous

4. Tankkore 05/12/2013

C'est du très lourd, mais il ne faut pas s'arrêter qu'a celui-là comme beaucoup de monde le fait !! Y a encore du pure bonheur dans le reste de leur disco, suite aux prochains épisodes !!

5. Cook 04/12/2013

J'ai entendu un nombre incalculable de fois depuis la chambre de mon frangin. J'suis pas un grand fan de FEAR FACTORY mais celui-là je le connais bien et je l'écoute toujours avec plaisir par procuration quand je remets les pieds chez mes parents.

6. zoskia 02/12/2013

Ça on peut dire que c'est un putain d'album ! Du riff qui poutre, une batterie à la précision chirurgical et un Burton C. Bell au top, un album culte.

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Date de dernière mise à jour : 13/09/2015

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