DISSECTION : Reinkaos

le règne du chaos

dissection

 

Plus d'une semaine après mon recrutement en grandes pompes (au moins du 47) au sein de la sainte équipe d'Acheron (qui sont aussi mes petits potos de Metalland!) en tant que rédacteur polyvalent, je me devais absolument de pondre un article digne de ce nom pour pouvoir enfin inaugurer cette nouvelle collaboration. Et, bien que les idées de projet affluaient dans ma cervelle distordue, je n'avais, à ce jour, pas encore pu me décider véritablement sur le fait de quoi écrire et surtout sur quoi. Puis un matin, après le café et la clope, en allumant mon Saint Graal hawlett-packard, enfournant le premier skeud venu dans sa fournière, illumination ! Reinkaos, le petit dernier mal aimé du maître, que dis-je, de la légende du Black/Death mélodique Suédois, DISSECTION, était celui-ci. Le sinueux chemin me menant à jeter ma prose sur l'album le plus décrié d'un groupe, auquel j'ai toujours ou presque porté une inlassable admiration, était tracé...  

Nous sommes donc le 30 avril 2006, sortie en bacs de Reinkaos après deux albums réalisés dix et douze ans plus tôt - les respectivement cultissimes The Somberlain et Storm of The Light's Bane) considérés comme les pierres angulaires d'une scène suédoise confrontant un Black Metal écorché, aux mélodies glaciales, à des tempi empruntés à la scène Death de l'époque (comme d'autres groupes tels que SACRAMENTUM avec Far Away From The Sun , UNANIMATED avec In The Forest Of The Dreaming Dead  ou encore NECROPHOBIC avec The Nocturnal Silence)-, et après la sortie de prison de son leader de toujours, Jon Nödtveidt, deux ans plus tôt (incarcéré pour complicité d'homicide de 1997 à 2004, dans l'affaire du meurtre d'un homosexuel d’obédience maghrébine, Josef Ben Meddour, qui les aurait abordé, lui et un de ses amis, dans une rue de Stockholm dans l'attention de leur faire des avances). Autant dire que le groupe était attendu de pied ferme, et d'autant plus que toute cette mythique scène reposait désormais sur ses cendres. Mais, comme le présageait déjà l'EP Maha Kali (comportant la chanson-titre et un réenregistrement du phénoménale « Unhallowed ») sorti en fin d'année 2004, la musique du groupe a changé (ou évolué, tout dépend du point de vue), lorgnant de plus en plus vers un mélodeath aux aspects moins frontaux et nettement plus accessibles, soussignée « Anti Cosmic Metal of Death ». Pour certains fans, c'est la douche froide, c'est clairement de la merde, mais où est passé le grand DISSECTION, le groupe dont les éclairs de génie de Nödtveidt avaient accouché des impitoyables « The Somberlain », « A Land Forlorn », « Where Dead Angels Lie » ou « Thorns Of Crimson Death » ? D'autres le prennent comme un album d'un groupe différent, font abstraction des anciens méfaits et parviennent à l'apprécier. Et d'autres encore, le prennent juste pour  l'album tel qu'il est, pas le meilleur album du groupe mais une pièce maîtresse en son genre et l'adorent. Je fais bien évidemment partie de cette dernière catégorie (sinon, à quoi pourrait donc bien servir tout ce blabla ? Je vous le demande !). 

Plus mainstream ? Certes. Moins dark ? Il faut le reconnaître. Le côté Black Metal ? Mais non il n'a pas disparu, lisez les lyrics, écoutez le timbre toujours aussi écorché, bien que plus compréhensible, de Jon Nödtveidt. Oui bon d'accord, musicalement, c'est presque à mille lieux des opus précédents, car si c'est un Storm Of The Light's Bane bis que vous recherchez, allez vous jeter sur Storm Of The Light's Bane, cet album n'est en rien la suite logique des deux autres, et en aucun cas n'a voulu l'être un jour. Reinkaos, c'est une sorte de mélodeath obstrué d'une petite touche sombre et occulte, souvent bas du front, mais à l'ambiance unique, inégalée et inégalable. Le premier titre, « Beyond The Horizon »,  en dehors de l'introduction froide et grandiloquente qu'est « Nexion 218 » ainsi que l'interlude acoustique « Chaosophia »,  pose les bases qui seront les mêmes pendant pratiquement toute la durée de l'album : un riff lourd aux méandres suffocants et des mélodies presque lumineuses tenues en haleine par les diatribes sataniques et anticosmiques du sieur Nödveidt. On y entend des parties aisément jugeables de « death'n'roll » sur certaines des compositions  ( « Starless Aeon », « Xeper-I-Set », « Internal Fire » voir même parfois sur « Black Dragon », le plus sensiblement mélancolique des morceaux), et d'autres plus planantes, voir plus subversives à l'image de  l'univers des plus malsains élaborés pour ce disque (l'instrumental éponyme « Reinkaos », « God Of Forbidden Light » ou encore une fois  « Black Dragon »). Plus « easy-listening » ou encore « mainstream » reposent des titres tels que « Dark Mother Divine » (pourtant mon préféré de l'album) aux airs des plus abordables et à la limite même du putassier (merde, c'est vrai, c'est bien mais on pourrait presque faire enflammer les boules des pétasses sur le dancefloor avec ce titre), ainsi que le titre déjà connu lors de la sortie de l'album, mais remanié pour l'occasion, « Maha Kali », avec ses chœurs féminins prêts à faire vomir le plus incompatible des auditeurs mais néanmoins des plus gracieux. 

Un bémol sur ce disque ? Je ne lui en connaît pas. Une production aux petits oignons, un son clair lumineux et épuré, des solis pas toujours foufous mais diablement efficaces (que personne ne vienne me contredire en avançant que celui de « Maha Kali » à 3:59 est tout sauf une merveille) et des compositions lorgnant immuablement vers l'excellence (oui, oui) font de cet album un Grand. Aussi grand que ses des deux frères aînés ? Il ne faudrait pas pousser le vice aussi loin. L'histoire se terminera quatre mois plus tard, dans la cave du sieur Nödtveidt, ou il fut retrouvé mort d'une balle dans la tête, entouré de bougies et d'un grimoire satanique (et non pas la Bible satanique d'Anton Szandor La Vey, mais bien un grimoire, dont le titre est « Liber Azerate », publié par le Misanthropic Luciferian Order, dont faisait parti Jon). R.I.P.

 

Lord Ov Death

 

 

Line-Up : 

Jon Nötveidt : Guitare, chant

Set Teitan : Guitare

Brice Leclercq : Basse

Thomas Asklund : Batterie

Nationalité : Suède 

Label : Black Horizon

Année : 2006

Tracklist :

01 - Nexion 2018

02 - Beyond The Horizon 

03 - Starless Aeon

04 - Black Dragon

05 - Dark Mother Divine

06 - Xeper-I-Set

07 - Chaosophia

08 - God Of Forbidden Light

09 - Reinkaos

10 - Internal Fire

11 - Maha Kali

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Commentaires (4)

1. Tankkore 10/11/2013

Pareil, même si je ne suis pas forcément un inconditionnel du groupe, j'aime plutôt bien cet album également ! Je vais me le réécouter tient !

2. Seppuku 10/11/2013

Enfin quelqu'un qui ne dénigre pas l'album. C'est agréable que certains puissent apprécier les évolutions et les changements.
Merci pour cette analyse très pertinente

3. zoskia 10/11/2013

Bonne chro Lord, on sent que tu aimes cet album. Perso il ne me dérange absolument pas mais c'est vrai que comparé à Storm c'est quelque chose de différent . J'aime ce coté heavy et rentre dedans, en pus les titres sont bons, donc même s'il est à part dans la disco de Dissection, Reinkaos reste un plaisir à écouter.

4. Cook 10/11/2013

J'ai vu Dissection et je me suis dit direct: ça sent le LordOvDeath. Pas loupé. Ça fait un bout de temps que je me dis qu'il faut que je me mette à Dissection. Merci de m'avoir résumé la bio je n'aurais pas à chercher!

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Date de dernière mise à jour : 26/01/2015

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