ARCHITECT OF SETH : Eldorado / Pax-Labor

les architectes du son

Oyez oyez ! Aujourd'hui on va parler métal (boarf ça nous change pas trop), mais pas n'importe lequel, la discipline noble, l’apothéose de la technique au service de l'apocalypse auditif ! Arf je m'emballe alors que la chronique n'a pas commencé. En plus j'en mets des couches alors que dans ma précédente chronique sur le style pratiqué j'avais essayé d'avoir un propos construit et didactique. Bon on se calme d'entrée et on la refait plus pro. Vous êtes prêts ? Oubliez tout !

Chers lecteurs/lectrices j'ai le plaisir dans ce présent article de vous présenter un groupe français de death TECH ! Oui, ça va être bon je le sens ! Des mélodies qui fusent, une basse délirante et une batterie fouillis qui semble être tenue par un poulpe ! Raahhh ! Quand est-ce que ça commence ? Mais une minute... Où on est ? Mince j'avais dit qu'on ferait sobre et explicatif... Loupé. Bon bah on re-recommence.

 

AODAOD

 

Donc ARCHITECT OF SETH... Excusez-moi j'ai eu un frémissement d'excitation. Alors voilà aujourd'hui on s'intéresse à leurs deux premières démos Eldorado et Pax-labor respectivement sortie en 2006 et 2007. Les deux sont auto-produites et ne sont pas faciles à dénicher à part si vous contactez l'un des membres du groupe. Personnellement je suis passé par Nihilistic Holocaust, un webzine/label/distro tenu par un gars sympas (si vous y faites, pardon, quand vous y ferez un tour armez-vous de patience et d'un dico anglais). Le duo de génie à la base de ce projet est composé de Paul Rousseaux (un nom qui fait de grands hommes apparemment) et Mathieu Legrand. Oui voilà c'est bien journalistique, bien chiant et relativement informatif. Content ?

Parce que maintenant on va parler musique ! Raaahhh... La folie reprend ses droits. Foutez-moi du son ! Un truc qui dépote avec des soli extraterrestres des structures rythmiques d'aliens des sonorités de xénomorphes ! Calme, du calme ! [BAM] Voilà une interaction entre mon crâne et la table fera l'affaire. Donc... hum... La musica. Déjà il me faut tirer sur l'ambulance de la charité qui transporte un gamin sur le point de mourir : production dégueulasse ! Oui mais... Arf ça commence le mec qui se justifie parce qu'il aime un truc malgré un défaut flagrant, « tu ferais mieux de te mettre devant une bonne série histoire de te remettre les idées en place... Tiens j'ai trouvé un truc un peu médiéval avec des personnages super profonds et un univers tellement riche et cohérent, ça s'appelle Game of... » Putain (remarquez « Le Jeu des putes » ça le fait nan?) pas ça ! Le Trône de fer, engeance ! Et dégage de ma chro avec tes sous-produits à la c** (l'auto-censure c'est plus pour que vous repreniez espoir quand au fait que je fais du boulot sérieux, parce que pour le coup cette chronique n'a déjà plus aucun sens et est bien gangrenée par un langage fleuri mais genre plantes de composte...). Allez j'arrête la déconne et on reprend en respirant très fort par les branchies. Certes la prod aurait méritée un meilleur travail, mais une bonne production ça demande des moyens. Moyens que le groupe ne possédait sans doute pas à ses débuts et au vu des qualités musicales misent en avant je ne leur en tient pas rigueur, même si une petite réédition avec un soin particulier apporté à ce problème me ferait plus que plaisir. Car j'ose le dire ARCHITECT OF SETH a toutes les qualités pour devenir :

1- Un grand groupe de death tech. à l'ancienne

2- L'un des piliers du métal français

3- L'emblème métallique de la décennie (bon okay là je vais un peu loin, mais ça fait déjà deux bonnes raisons d'écouter la formation non?)

Devenons plus cartésien pour en finir avec cette prod calamiteuse. Les guitares ont un son midi sensiblement meilleur qu'un Guitare Pro. La batterie s'en sort mieux mais fait un peu carton. La basse très en retrait me frustre au plus au point. La voix par contre jouit d'un mixage correct. Les instruments acoustiques comme sur l'introduction « Eldorado » (morceau qui me rend fou à chaque fois avec ces arpèges douces et lancinantes, ces magnifiques modulations et son côté ballade espagnole) eux aussi s'en tire avec les honneurs. Heureusement les choses s'améliorent sur la seconde démo. Bon on est loin de la production « gros-label-pété-de-thune » mais c'est déjà plus agréable. Les cordes ont plus d'ampleur (surtout la basse) et la voix gagne en puissance. Cependant la batterie a un son très synthétique (normal sans batteur me direz-vous), les allergiques risquent d'avoir une crise sévère. Vous êtes prévenus.

« Mais alors qu'est-ce qui en fait un groupe aussi incontournable ? ». Petit crétin d'impatient... Pardon. Jeune fougueux ne soit pas si hâté. Je vais te le dire : L'ECRITURE PUTAIN ! LE RIFFING BORDEL ! L'INTERPRETATION NOM DE DIEU ! [BAM ! BAM ! BAM !]. Euh... oui donc je disais. La force d'ARCHITECT OF SETH c'est cette capacité à sortir des riffs ultra accrocheurs et d'enchaîner les plans audacieux sans sourciller. Et ce n'est pas donné à tout le monde. Alors oui le groupe ne réinvente pas le fil à couper l'eau chaude mais bon dieu que c'est bon. Les mélodies se mêlent et se démêlent, les soli donnent un côté épiques à l'ensemble aidé en ceci par quelques claviers. Ces derniers ne sont pas indispensables à mon sens mais apporte une touche de variété bienvenue tel que sur « Anonyma » (j'ai l'impression d'écouter du NOCTURNUS parfois). Le chant dispensé uniquement en growl colle bien à l'ensemble même si un peu de variation n'aurait pas été de trop. Au niveau composition on sent une certaine recherche dans la construction des morceaux et l’imbrication des différents moments (« Gates of Home » à l'appui) qui donnent une impression de densité aux deux démos. Rien que ce passage astral/jazzy sur « Geometrisation » vaut déjà la peine de se procurer Eldorado. Fait amusant « From Quietness to Predation » me fait penser à un groupe de death/electro anglais du nom d'YGODEH (même la production c'est pour dire) en plus fouillé.

Vous sentez que vous écoutez quelque chose qui mérite toute votre attention : ça à l'odeur du caviar, la couleur du caviar, le goût du caviar, la texture aussi mais ça n'en a pas l'apparence. Malheureusement c'est peut être ça qui va en rebuter plus d'un. Après, comme je l'ai dit plus haut, ce ne sont que des démos. D'ailleurs j'espère que leur premier full-length The Persistence of Scars (2013) aura réglé ce petit souci (j'imagine que oui) et que leur label Great Dane Records leur aura donné les moyens de nous gratifier de la prochaine pierre angulaire du death-tech français. Quoiqu'il en soit je vous tiendrai informé quand je l'aurai ingurgité, régurgité puis digéré (bon avant ça il faut que je le reçoive...). Sur ce, je vous laisse j'ai une petite envie de regarder une série qu'elle est trop bien parce que vous voyez j'aime quand le scénario est long et sans consistance, que les dialogues me donnent des spasmes d'hilarité, que les acteurs paraissent tous avoir l'air de puceaux/pucelles avec la fulgurance mentale qui va avec, les batailles épiques, les combats scriptés avec talent, les scènes de sexe qui font avancer l'histoire avec doigté (je vais gagner un oscar avec celle-là)...

 

Cook

 

Line-Up : 

Paul Rousseaux : voix, guitares programming

Mathieu Legrand : guitares

Nationalité : France

Label : Great Dane Records

Année : 2006/2007

Tracklist :

Démo 1 : Eldorado

01 - Eldorado

02 - Geometrisation

03 - Cyber Passions

04 - From Quietness to Predation

Démo 2 : Pax-Labor

01 - Firestone

02 - Related Facts

03 - Anonyma

04 - Gates of Home

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Commentaires (6)

1. Cook 16/01/2014

Tu parles de YGODEH ou ARCHITECT OF SETH ?

2. MrGuitoune 16/01/2014

Vous avez un lien pour le groupe ?

3. Cook 15/01/2014

Je l'ai déjà. Je trouve ta chro très juste, l'album manque de finition. Mais ça ne m'empêche pas de me l'envoyer de temps en temps.

4. Tankkore 15/01/2014

J'ai fait la chro de leur premier album sur Metalland (je viens de la relire et c'est pas vraiment la plus folichonne que j'ai pondue :) ) Si tu veux l'album par Wetransfer.

5. Cook 14/01/2014

J'ignorais pour YGODEH, t'as raison de le souligner. Ca mérite une recherche approfondie voire une chro.

6. Tankkore 14/01/2014

Tu enchaînes pas mal les craquages littéraire dis-moi ! T'es sur que tout va bien en Suède :) Hâte de lire celle de l'album et de l'écouter par la même occasion.

Et je voulais préciser qu'YGODEH est un groupe letton à la base, et qu'il sont maintenant basé à Londres, c'est assez rare pour le souligner ;)

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Date de dernière mise à jour : 11/07/2015

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