FIRST FRAGMENT : The Afterthought Ecstasy

first blood!

Comment créer un concours de circonstances : prenez le premier article d'un site fraîchement créé, ajoutez une chronique sur un groupe avec un nom comme FIRST-quelque-chose dont l'EP est leur tout premier bébé (ou presque).

Donc pour ma première chronique sur Archeron je vais vous parler de FIRST FRAGMENT et de leur EP sorti en 2010 : The Afterthought Ecstasy. Les québécois nous prouvent avec ce premier essai (en dehors d'une démo en 2008) que le Canada est l'une des terres promises du death technique moderne. Formé à la base de Gabriel Brault-Pilon (guitare) et de son acolyte Philippe « Pat » Tougas (guitare et backing-vocals) ils seront rejoins par David Alexandre Brault-Pilon (chant), frère du premier Brault-Pilon, puis en 2010 par Vincent Savary (basse) et Philippe Boucher (batterie). Les deux Philippe officies dans CHTHE'ILIST depuis 2010 et Monsieur Boucher et également membre d'une autre formation non moins réputée de la scène tech. Canadienne : BEYOND CREATION (dont certains membres proviennent d'AUGURY pour rester dans le même bouillon de culture). N'allez pas me dire après ça que le Québec n'est pas un repaire de virtuoses... Je pourrais déblatérer sur le sujet pendant des heures, mais cette chronique n'a qu'un but avéré : vous faire écouter FIRST FRAGMENT.

 

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Parce que les gugus m'ont fait plaisir avec ce The Afterthought Ecstasy j'aimerais partager l'extase dans laquelle me plonge les six morceaux de l'EP. Pourtant le carcan choisit par le trio (au moment de l'enregistrement) n'est pas forcément le plus facile d'accès. Le death technique se coltine une réputation de style élitiste depuis plusieurs années déjà et les nombreux groupes au jeu aussi pointu qu'insipide qui gangrènent le milieu n'arrange pas cette image. Effectivement ce genre de métal est peut être superficiellement hermétique, mais à qui veut s'en donner la peine il apporte également des sensations inédites. Je n'irais pas par quatre chemins, et de toute façon vous l'aurez compris, je suis corps et âmes voués au(x) Dieu(x) du Technical Death Metal. Cependant je reste réaliste quand à l'impact que ce style a (ou aura) pour la plupart d'entre vous, non pas que je vous considère comme des abrutis incapables de comprendre le génie musical (ce qui en plus ne concerne qu'une infime partie de la scène death tech.) mais tout simplement parce que nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes stimulus. Peut être que ces questions surgiront dans votre tête après avoir lu ce préambule qui s'éternise : Pourquoi irais-je jeter une oreille à cette formation Longueuilloise ? Pourquoi donc FIRST FRAGMENT et pas un autre groupe de la scène canadienne ?

Je vais donc tenter de vous inciter à fouiller un peu le web à la recherche d'extraits musicaux de la formation, ce qui, je l'espère, vous donnera envie de creuser un peu. Je ne rentrerais pas dans les détails techniques de la musique pour vous donner mes impressions au lieu de m'appesantir sur la maîtrise des membres du groupe. En effet mon objectif est de vous faire rentrer dans le petit monde du death tech. sans complexe. Pour vous situer le groupe dans les méandres sans fin du métal je dirais que l'on a affaire à un death puissant (voire brutal death dans la lignée de ce qui se fait en matière de death moderne) qui sait se faire mélodique et accrocheur tout en proposant des structures, certes relativement classique par rapport au style pratiqué, sans laisser de côté une certaine intelligence de composition. Agrémentez tout cela avec une bonne dose de virtuosité et d'emprunts à la musique savante et vous aurez un bon aperçu de ce qu'est FIRST FRAGMENT.

La piste d'introduction, « Ordnance » donne le ton : pas de mesure à rallonge. Les musiciens nous font entrer dans le propos de plein pied. Véloce, racé, mélodique et surtout entraînant. Cette mélodie en arrière-fond qui n'aurait pas détoné sur un violon vous rentre dans le crâne pour ne pas en sortir. L'envolée à 1'45 ainsi que le solo qui suit quelques secondes plus tard vous montre qu'on peut faire du death tech. et privilégier une écriture simple qui ne rend pas une bouillie incompréhensible de notes lancées à des vitesses inhumaines. Le tout c'est de savoir équilibrer. Le morceau suivant « Fake Repentance » est plus orienté death rentre-dedans même si on garde l'esprit mélodique avec ce riff haché qui vous ferez danser une petite gigue. La rupture qui survient à 2'10 avec cette entrée de la basse apporte un élément rafraîchissant. Beaucoup plus travaillé rythmiquement le groove est de mise. J'ai une préférence pour les morceaux suivants. Déjà l'ouverture « Obsolete Ascendancy » au xylophone est un régale, puis ce piano aérien qui vous prépare au déluge de groove et de mélodies qui prennent le relais sans vous prévenir. Pas besoin d'être un musicien surdoué pour apprécier le fil harmonieux que tissent les guitares tout le long de cette piste. Là encore le solo met en avant le sens de l'écriture plus que celui de la technique instrumentale (même si technicité il y a). Difficile pour moi de trouver un défaut à ce morceau tant il me donne des ailes. C'est à la fois sobre et riche. L'entracte que propose l'introduction de « Quintessential Rebirth » est plus qu'appréciable quand on sait ce qui va suivre. Arpèges en clean et basses baladeuses sont de sortie. Ici aussi l'élégance prime, et ce n'est pas le travail de Philippe Boucher derrière ces fûts qui me feront mentir. Varié et dynamique son jeu colle parfaitement à l'ambiance instaurée par les cordes en prévision de l'inéluctable explosion. Et quelle détonation ! Au risque de me répéter : l'enchaînement mélodique est à couper le souffle. La construction du morceau semble tellement évidente et fluide. Je ne parle même pas du solo qui me file des frissons à chaque écoute. Faites bien attention cette guitare en fond qui magnifie le travail du soliste. Le plus discret des ingrédients donnent parfois toute sa saveur à un plat. Le morceau éponyme commence sous fond de picking au violon et arpège au piano suivit de près par la basse et les guitares proposant un passage jazzy décomplexé. Le riffing se fait plus incisif sur ce « The Afterthought Ecstasy » appuyé par une prestation vocale à couper le souffle. Certainement la piste la plus intensive de l'EP. Évidemment les membres de FIRST FRAGMENT y ont ajouté leur botte secrète : écoutez le morceau une fois et vous vous retrouverez à siffloter le refrain ou encore le break salvateur qui coupe la piste en deux. Comme pour finir en beauté « Paradoxal Subjugation » ne se contente pas de clore une œuvre sans faiblesse il apporte toute sa raison d'être à un tel travail d'orfèvre. Ne serait-ce que grâce à ces guitares qui frôlent la dissonance et qui apporte un côté lumineux indéniable. La touche néo-classique est très présente. Et que dire de ce tapis mélodique à 2'17. On atteint clairement le paroxysme d'une œuvre maîtrisé de bout en bout.

 

Quel avenir pour un groupe comme FIRST FRAGMENT ? Question épineuse. L'enregistrement d'un album est déjà en cours. Inutile de vous dire que je l'attends avec impatience. Néanmoins je suis aussi craintif. Craintif quand à une possible déception. En effet succéder à un tel bijou qu'est The Afterthought Ecstasy va être ardu. Alors pour me rassurer je me remets l'EP une fois de plus.

 

Cook

 

 

Line-Up : 

Philippe Tougas : Guitares, backing-vocals

Vincent Savary : Basses

David Alexandre Brault-Pilon : chant

Philippe Boucher : Batterie

Gabriel Brault-Pilon : Guitares

Nationalité : Québec

Label : Indépendant

Année : 2010

Tracklist :

01 - Ordnance

02 - Fake Repentance

03 - Obsolete Ascendancy

04 - Quintessential Rebirth

05 - The Afterthought Ecstasy

06 - Paradoxal Subjugation

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Commentaires (3)

1. Tankkore 07/05/2014

Écouté et approuvé !!

Vraiment excellent cet EP, la prod est moderne mais pas trop plastique, c'est brutal, mélodique et inspiré. Et puis la voix colle bien à l'ensemble !

2. Cook 23/09/2013

Après vérification sur l'encyclo c'est bien The Afterthought Ecstasy le titre de l'EP. Mon dossier musique contenait une faute (comme quoi vaut mieux se fier à la version physique). Merci pour la correction.

3. Tankkore 22/09/2013

Oh fait t'avais pas remarqué que depuis le début, ta chro se nommais First Fragments : Obsolete Ascendency" ? Il s'appelle bien The Afterthought Ecstasy cet EP non ?

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Date de dernière mise à jour : 26/01/2015

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