MITHRAS : Time Never Lasts

time never blasts ?

Voilà un petit moment que je n'avais rien écrit. C'est pourquoi je vous propose un retour aux sources avec un article sur un genre dont je vous ai déjà rabâché les oreilles maintes fois. Sauf qu'à force vous risquez de vous lasser, et je vous comprends (au moins à moitié), j'ai donc choisi d'aborder le death technique d'une nouvelle façon, c'est à dire en vous présentant une formation hors normes qui mélange savamment la science du riff et les sonorités déroutantes.

Rien que le nom de la formation peut vous orienter sur la nature complexe qu'est MITHRAS. En effet, divinité indo-européenne, on le retrouve chez les hittites deux millénaires avant J.C mais sa popularité sera faite au premier siècle à Rome. Son culte, probablement d'origine grecque, est basé sur l'initiation et les mystères... Bref un pseudonyme parfait pour un groupe de metal qui cherche à se distinguer de la masse de par son côté cosmique et intriguant.

 

Time never lasts cover 1

 

Composé de deux membres, Rayner Coss et Leon Macey (les deux fondateurs d'ailleurs), à l'époque de la sortie de l'EP Time Never Lasts soit quatre ans après leur troisième album, Behind the Shadow Lie Madness, on ne peut pas dire que le groupe ait chômé. Pourtant, quand on regarde le nombre de pistes de l’œuvre on se retrouve avec deux compositions originales pour trois lives d'anciens matériaux. Est-ce que l'on se foutrait pas un peu de nous ? Oui et non... Pour que mon propos soit plus clair je vais m'atteler à la chronique des deux morceaux composés pour cet EP.

Avant d'entrer dans le vif du sujet j'aimerais essayer de définir la musique de MITHRAS au cas où vous n'auriez jamais posé d'oreille sur les bijoux que les Anglais ont poli avec amour. Prenez MORBID ANGEL, principale influence du groupe du moins à ses débuts, un death lourd ponctué d'accélération fulgurante, puis ajoutez-y une ambiance spatiale comme CYNIC le fait si bien vous obtiendrez un mélange de brutalité lugubre sublimée par la magie des mélodies tortueuses éclatantes des Floridiens (ceux de CYNIC évidemment). Ce bref résumé est à peine digne de la musique qu'il tente de décrire car MIHTRAS a réussi là où énormément de formations de death se plantent, le duo a trouvé l'équilibre subtile de la puissance sonore alliée à la beauté contemplative de musiques plus atmosphériques. Pourtant Time Never Lasts abandonne les longues plages ambient pour ne garder que le cœur de ce qui fait le charme de la musique des Anglais : des compositions aux encoignures simples mais dont la puissance phénoménale et l'élégance rendent quasi cosmiques.

Commençons avec le morceau éponyme qui ouvre l'album. Les premières notes en imposent déjà : ce crescendo/dé-crescendo qui forme la base du riff introduit impérialement l'EP. Les percussions viendront vite s'étoffer pour donner du corps à cette introduction puis les premières mélodies s'écoulent cristallines d'une guitare au son extraterrestre. Pas besoin de jouer à cent à l'heure, même si la batterie fait illusion, ce qui compte c'est la progression fluide des leads. En parlant de lead en voilà encore un nouveau qui déboule accouchant d'un solo lumineux accompagné d'un tapping étrange ainsi que... Bref c'est le début des choses sérieuses qui rappelleront peut être à certains Elvenefris, seul album des Tchèques de LYKATHEA AFLAME, avec ses sonorités orientales. Je ne vais pas vous décrire en détail tous les moments de la piste. Néanmoins lorsque vous l'écouterez tendez bien l'oreille au son des cordes qui créent cette impression de chant mystique. Ce qu'il faut comprendre dans la structure non-linéaire de cette composition c'est que la progression atteint son paroxysme (son intensité maximale si vous préférez) à mi-parcours avec une mélodie répétitive comme si le groupe allait à contre sens de son titre : « le temps ne dure jamais ». Pourtant la seconde partie vient remettre les choses à leur place puisque après la tempête il y a bel et bien une suite, et pas toujours des plus reposantes.

La deuxième piste de l'EP est « Inside the Godmind ». L'introduction se donne des airs plus proche d'un MORBID ANGEL ce coup-ci. Moins magistrales mais plus glauques on n'en vient à espérer les fugaces mélodies qui déchirent le voile opaque que forme l'instrumentation. Dense, saturé, à la limite du magma indiscernable, voilà comment je traduirais cette première partie. Ensuite vient le silence. Élément fondamental dans la musique, d'autant plus extrême que l'absence de son se fait plus facilement sentir. Savoir gérer ces silences est l'une des clefs indispensables à n'importe quel groupe de metal. La reprise est basée sur une rythmique lourde pas si éloignée des saccades du metal moderne. Cette deuxième partie fait un parfait contraste car il se présente sous une forme plus facilement identifiable. A priori ce qui se trame dans l'esprit d'un dieu est plutôt inquiétant. Un bouillon d'idées qui fusent puis une froide pensée scandée sans arrêt...

MITHRAS est une anomalie dans le petit monde du metal et plus particulièrement du death. Le groupe est capable de se détacher de l'ambiance putride traditionnellement attaché au genre pour nous amener vers un univers mystique et cosmique (même si nous en conviendrons il n'est plus le seul depuis plusieurs années déjà). Certes ces deux derniers éléments sont sans doutes à la base de mon amour pour la formation de Rugby mais il ne faut pas négliger les arguments musicaux qui vont avec. A la fois technique, originale et intense Time Never Lasts n'a de défaut que sa courte durée (je ne compte pas les lives).

 

Cook

 

 

Line-Up : 

Rayner Coss : voix, basses

Leon Macey : guitares, batterie

Nationalité : Royaume-Uni

Label : Indépendant

Année : 2011

Tracklist :

01 - Time Never Lasts

02 - Inside the Godmind

03 - Tomb of Kings (live)

04 - Wrath of God (live)

05 - Beyond the Eyes of Man (live)

 

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Date de dernière mise à jour : 29/08/2015

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