FEAR FACTORY : Soul Of A New Machine

l'âme de la machine


 

soul of a new machine

 

C’est en 1992 que s’ouvrent véritablement les portes de l’usine de la peur. Construite à Los Angeles en 1989 par Dino Cazares, designer en riffs métallurgiques, et Raymond Herrera, pilote de machine à percussion, celle-ci prend rapidement forme avec l’arrivée, en son sein, du maître d’œuvre en défrichement vocal, Burton C. Bell. Seulement voilà, le premier effort  du groupe, Concrete, mis en boîte en 1991 chez un certain Ross Robinson, ne sortira pas cette année-là pour cause de production inadéquate. Le trio, ayant les droits sur les chansons mais pas sur l’album, ira réenregistrer 8 titres chez Colin Richardson et en ajoutera 9 autres pour créer le premier véritable album de FEAR FACTORY : Soul Of A New Machine.

Ceux qui ne connaissent la formation californienne que par son formidable deuxième album Demanufacture, seront bien surpris à l’écoute de ce premier jet nettement plus extrême et poisseux. La production de Colin Richardson vous renvoie dans l’entrepôt désaffecté le plus sordide qui soit, là où les riffs tranchants ont le goût de rouille, où la basse graisseuse racle le sol poussiéreux, où la batterie pilonne tel un automate et où les vocaux, d’outre-tombe et angéliques, se côtoient. Effectivement, l’une des spécialités de FEAR FACTORY, à savoir l’alternance de chant guttural et de chant clair envoûtant, est déjà mise en place sur Soul Of A New Machine, notamment sur les hits « Martyr », « Scapegoat » et « Scumgrief ». Si les parties vocales mélodiques de Burton C. Bell sont encore un peu timides dans la puissance, voire un peu désuètes parfois (« Crisis »), ce sont surtout ses growls qui étonnent, du fait qu’ils sont incroyablement caverneux. Musicalement, la machine est déjà bien rodée et produit un Death Metal clinique qui s’octroie de nombreux samples de discours et quelques sons industriels (« Crash Test », « Lifeblind », l’instrumental « Natividad »). Bien que le groupe soit encore loin de l’évolution vers le Power Metal Industriel plus propre à venir, on retrouve déjà, sur « Leechmaster » par exemple, cette double pédale qui calque les riffs simples en power chord du père Cazares.

Mais ça, c’est la partie immergée de l’iceberg, car lorsque l’on découvre la seconde partie de l’album, à partir du brûlot antithéiste « Big God/Raped Souls », le combo accélère sensiblement le tempo pour nous offrir de véritables hymnes de Deathgrind furibard. Que ce soit « Desecrate » ou « W.O.E. », on ne peut s’empêcher de penser à la légende du Grind anglais, NAPALM DEATH, influence majeure, avec GODFLESH, de FEAR FACTORY à l’époque. Un hommage des plus réussis tant ces titres violents vous prennent aux tripes grâce à des riffs sacrément accrocheurs (« Suffer Age », « Escape Confusion »).

Les premières années de l’usine de la peur furent donc beaucoup plus ancrées dans le Death Metal et le Grindcore que dans le Metal Industriel à proprement parler. Soul Of A New Machine est un vestige des prémices de FEAR FACTORY, sale, violent, lumineux parfois, mais déjà incroyablement addictif. Un chef d’œuvre du Cyber Death américain.

 

Tankkore


 


 

Line-Up :

Burton C. Bell : Chant

Dino Cazares : Guitare, basse

Andrew Shives : Basse

Raymond Herrera : Batterie

Nationalité : États-Unis

Label : Roadrunner Records

Année : 1992

Tracklist :

01 - Martyr

02 - Leechmaster

03 - Scapegoat

04 - Crisis

05 - Crash Test

06 - Flesh Hold

07 - Lifeblind

08 - Scumgrief

09 - Natividad

10 - Big God/Raped Souls

11 - Arise Above Oppression

12 - Self Immolation

13 - Suffer Age

14 - W.O.E.

15 - Desecrate

16 - Escape Confusion

17 - Manipulation


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Date de dernière mise à jour : 13/09/2015

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