THE GREATNESS DESIGN : Pillars Of Creation

les piliers du jazz-bar près de chez toi !

Je vous avais laissé avec la promesse de décortiquer la suite des tribulations de THE FACELESS, mais que voulez-vous ? La vie est faite de trouvailles qui interfèrent sournoisement avec vos plans. Pas de Planetary Duality aujourd'hui (il y passera un de ces quatre). Toutefois, il sera question d'un groupe qui fait également dans le death technique moderne. Tellement moderne, qu'il lorgne du côté d'un certain deathcore, celui-là même qui essaye tant bien que mal de proposer autre chose que des breakdowns lourdauds et des braillements décérébrés d'adolescent pré-pubère.

 

The Greatness Design

 

Comme d'habitude, je vais revenir sur le pourquoi du comment du choix de cette œuvre pour ma chronique mensuelle (enfin ça, c'est quand je bosse). Je cherchais de quoi me vider la tête, et au lieu de m'envoyer une des nombreuses promos en retard d'un an, je décide de jeter un œil dans mon fichier intitulé « Zik » qui regroupe, pêle-mêle, autant de noms de formation en tout genre que de tomes d'une série manga à succès (oui, je suis allé la chercher loin celle-la). Vous savez, ce bloc-note dégueulasse sans aucun ordre où figure tous les trucs qui vous ont plus ou au moins accroché l'oreille lors d'une soirée en solitaire perdu sur le web et dont le manque de temps vous a fait oublier jusqu'à l'existence même de cette liste. À moins que je ne sois le seul à faire ça ? Enfin, quoiqu'il en soit, c'est de là que j'ai repêché ce Pillars of Creation d'un certain groupe nommé THE GREATNESS DESIGN. Je dois vous avouer que j'ai du mal à comprendre comment j'ai pu sauter le pas et écouter cet album au vu de la pochette « deathcore-à-vomir » (même si au final je ne la trouve pas si laide que ça, c'est plus le danger qu'aurait pu contenir un tel objet qui a attisé ma méfiance...). Je tente de nouveau le diable faisant confiance à mon moi passé pour son bon goût, tout en ayant la peur au ventre. Il arrive qu'une crise de folie m'étreigne et fasse passer des ordures sonores au rang de chef d’œuvre musical. Si je vous en parle sur Acheron, c'est qu'assurément ce Pillars of Creation fait partie de la deuxième catégorie pré-citée.

Commençons par les membres qui composent THE GREATNESS DESIGN. Ce sont tous de parfaits inconnus pour ma part, donc j'irais vite en vous enjoignant de regarder le bas de page où le line-up au complet devrait apparaître. Ce qui, par contre, retiens mon intention c'est la nationalité de la formation. En effet combien de groupe de death technique connaissez-vous dont l'origine est le Mexique ? En dehors d'ACRANIA, aucun ne me vient directement en tête.

Attaquons-nous maintenant au gros de la bête : la musique ! Comme vous l'avez lu plus haut, les Mexicains m'ont conquis avec leur death technique aux influences contemporaines. Et ceux pour plusieurs raisons. Si d'habitude je survole la composition, aujourd'hui je vais un peu changer d'optique. Cependant notez que les membres de la formation ont un bagage technique assez important leur permettant pas mal de folies au niveau de l'écriture que se soit pour les développements mélodiques ou les ruptures rythmiques ou encore... Bref j'avais écrit que je faisais l'impasse pour cette fois. Sur quoi va donc porter la chronique ? Le registre principalement. Car s'il y a bien une chose qui m'insupporte dans le metal/metalcore contemporain c'est sa propension à proposer des idées neuves mais de mal les exécuter. Toutefois, si l'on va dans ce sens on pourrait très bien imaginer que ce problème est inhérent à l'évolution d'un genre. Combien de groupe proto-death ont existé avant que DEATH ne vienne définir les codes et écraser toute concurrence ? Encore une fois nous nous éloignons du sujet.

La dénomination deathcore fait autant frémir de terreur et de plaisir l'amateur de musique extrême qui est en moi. C'est vrai quoi ! Offrir l'intensité du death en retirant l'aspect morbide et froid de ce dernier (qui commence à faire vieillo dans certains cas) me semble être une bonne idée. Mais ce n'est pas pour autant un prétexte pour donner dans la pop de supermarché. Là où THE GREATNESS DESIGN se détache de ses homologues, c'est par son soucis d'intégrité. Je m'explique : malgré la présence de saccades en tout genre, de leads épileptiques, de claviers et d'effets électroniques (rares mais foutrement bien placés) nous voilà face à des morceaux à la construction claire, solide mais avant tout dépourvue de traces de mauvais goûts ! Certes la subjectivité a son mot à dire dans cette histoire, néanmoins je ne pense pas qu'alourdir des compositions avec des breakdowns dans tous les coins soient une preuve de qualité musicale (et pourtant j'adore ça, les bons breakdowns dévastateurs). Évidemment, je ne pourrais faire l'impasse sur l'utilisation d'éléments de jazz dans ce Pillars of Creation. Déjà parce qu'ils sont omniprésents dans les structures du riffing et ensuite parce qu'un morceau est totalement dévoué à la fusion parfaite entre les deux genres qui composent cet album. Et oui, il y a du saxophone. Il est étonnant de dénombrer le nombre de jeunes groupes officiant dans la scène extrême qui vont chercher ce type d'instruments encore exotiques dans la grande famille du metal. Personnellement, j'applaudis la tentative d'autant plus que dans le cas des Mexicains la prestation est sublime (en même temps, avec un musicien comme Adrián Terrazas-González, multi-instrumentiste chez T.R.A.M, il faut se lever tôt pour bouder son plaisir). Ha oui et j'allais oublier, mais c'est convenu depuis longtemps, dans le death à tendance technique il y a de nombreuses références à la musique savante que ce soit baroque, classique, contemporain... Donc les oreilles averties se feront également une joie d'entendre des contrepoints et autres subtilités du genre.

Le principal reproche qui pourrait entacher le travail de la formation est sa production. En effet, elle est dans l'air du temps, c'est à dire extrêmement retravaillée. Cette recherche du son le plus nette et précis possible peut donner une impression de musique impersonnelle dans laquelle tout est lisse et sans âme. C'est un point de vu qui se défend. Cependant quand on parle de death technique le but est tout de même de pouvoir profiter pleinement du travail des musiciens. Quand à la personnalité des compositions je peux vous assurer que Pillars of Creation est loin du bulldozer qui rase tout sur son passage sans prendre le temps de réfléchir. Je dirais même que le groupe gère assez bien ces variations d’intensités. Il faut aussi noter la présence de trois morceaux écrits bien avant l'enregistrement du full-length qui, s'ils sont tout à fait écoutables, allongent l'essai, ce qui peut rendre l'ensemble difficile à avaler en une seule fois. 

Alors oui ça fuse dans tous les sens, les tempi sont relativement élevés, le chant guttural n'est pas des plus diversifiés, mais mince c'est un vrai plaisir de voir des formations talentueuses s'emparer du deathcore est d'en faire quelque chose de pêchu et qui ne lasse pas au bout de deux mèches recoiffées au milieu d'un riff technique et ennuyeux.

 

Cook 

 

 

Line-Up : 

Uriel Claro : Chant

Juan Carlos Tello : Guitares

Luis Aguilar : Guitares

Ali Rebollar : Batterie

Nationalité : Mexique

Label : Auto-produit

Année : 2013

Tracklist :

01 - Enlighten Our Kind

02 - The Sprawling Empire

03 - A Worldview Arises

04 - Trouble Times

05 - Redefine This Course

06 - Brightest Point (feat. Adrián Terrazas-González of T.R.A.M.)

07 - Silent Exposure

08 - The Grim Agreement

09 - Decrease Humanity

10 - Restore Our Kingdom

11 - The New Path

12 - Upon The Empty Surface

13 - When Your Biggest Nightmare Becomes True (2009)

14 - Dark Silence (2008)

15 - Beneath the Lies (2006)

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Commentaires (3)

1. zoskia 23/04/2014

Pour sûr que c'est pas ma came mais il faut savoir ouvrir les yeux et trouver le talent là où il y en a !

2. Cook 23/04/2014

Merci ZoS'. Je m'attendais pas à une telle appréciation de ta part, non pas que tu sois de mauvais conseils mais juste que pour le coup ce n'est pas un genre où j'ai l'habitude de te retrouver. Comme quoi il ne faut jamais douter de rien.

3. zoskia 14/04/2014

Ya des bons p'tits plans là-dedans, faudrait que j'écoute ça plus attentivement. En tout cas je trouve que la pochette tabasse (et la chros aussi).

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Date de dernière mise à jour : 26/01/2015

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