FEAR FACTORY : Obsolete

oppression haute technologique


 

FF

 

Trois ans après avoir conçu le remarquable Demanufacture, le quatuor de machinistes métalliques FEAR FACTORY reprend le chemin de l’usine afin de concevoir une suite à ce monstre d’acier destructeur aux mécanismes de précision. Aucun changement dans l’équipe cette fois-ci, puisque l’on retrouve toujours Dino Cazares à la découpe de riffs sidérurgiques, Raymond Herrera aux commandes de l’automate rythmique annihilateur, Christian Olde Wolbers à l’injection de groove sursaturé, Burton C. Bell au poste de variateur vocal intensifié et l’homme de l’ombre, Rhys Fulber, en charge du design sonore cybernétique. Seul Colin Richardson n’a pas été rappelé pour s’occuper de la production de cette nouvelle machine, les cinq hommes précités préférant s’en charger eux-mêmes. Poursuivant le thème d’anticipation où la Machine a pris le contrôle du monde face à l’Homme impuissant qui l’a créé, Burton C. Bell va encore plus loin en rédigeant une courte histoire, « Conception 5 », fil conducteur de ce nouveau chapitre musical intitulé Obsolete. Les titres de l’album s’encastrent chronologiquement dans l’histoire, narrant la confrontation entre Edgecrusher, rebelle terroriste espérant sauver l’humanité, Smasher/Devourer, robot surarmé lancé à sa poursuite et Securitron, organisation totalitaire qui incarne la loi des machines. En plus du fond textuel attractif et travaillé avec minutie, le contenu sonore est remarquable et encore mieux agencé que sur le précédant modèle Demanufacture, alors venez plonger dans les entrailles biomécaniques d’Obsolete !

L’armature métallique est sensiblement la même que sur l’œuvre précédente, FEAR FACTORY ayant trouvé les bons outillages pour parfaire sa nouvelle entité mécanique. Dès « Shock », on sent que la forge à riffs a fonctionné à plein régime, délivrant des lignes de guitares dévastatrices aussi compactes que l’acier (« Smasher/Devourer », « Freedom Or Fire ») et digne de concasser n’importe quel béton armé (« Securitron (Police State 2000) », « Obsolete »). Mais la force de frappe n’est plus seulement le crédo de l’Usine de la Peur, et celle-ci n’hésite pas à varier le plaisir des riffings. Ainsi, « Edgecrusher » se voit customiser façon Neo Metal ricain avec un riff jumpy d’une efficacité sans égal et quelques scratchs urbains disséminés, ici et là, par DJ Zodak. Ce n’est pas tout puisque même dans le registre mélodique, FEAR FACTORY fait encore mouche, que ce soit sur le magnifique « Descent » au riffing éclatant ou sur le gothique « Resurrection » dont le motif lumineux s’assombrit à chaque fin de mesure.

La session rythmique reprend également les mêmes codes qu’auparavant, s’appuyant sur les riffs pour alourdir et mécaniser l’ensemble. La double pédale chevauche les guitares, la basse les engraisse pour une fluidité exemplaire et les deux, ensemble, peuvent servir d’amorce pour faire partir les coups de semonce (l’intro de « Descent »). De plus, la plupart des introductions ont été minutieusement travaillées pour que l’on soit immédiatement submergé par l’univers futuriste d’Obsolete. Particulièrement celle de « Shock », avec sa boucle bruitiste tournoyante, celle de « Hi-Tech Hate », avec son riff robotique surgissant des abysses pour venir se greffer sur une batterie épileptique et un drop métallique, et celle de « Freedom Or Fire », avec ce clavier oppressant rapidement rattrapé par un lead vicieux puis par un pattern de batterie tribal hallucinant, preuve irréfutable du talent de Raymond Herrera.

Ayant trouvé sa formule d’intensificateur vocal, l’ingénieur du chant, Burton C. Bell, gratifie la construction Obslolete d’une performance remarquable. En effet, ses parties, en chant hurlé, sont plus éclectiques, allant de la violence synthétique sur « Hi-Tech Hate » et le final de « Shock », au mélancolique saturé sur « Descent », en passant par le phrasé énervé, presque rappé, sur « Edgecrusher ». Des vocaux extrêmes toujours aussi en contraste avec les refrains mélodiques d’une beauté touchante, à l’instar de ceux de « Resurrection » et « Freedom Or Fire », ainsi que les magnifiques « salvation » et « mass destruction » interprétés respectivement sur « Smasher/Devourer » et « Hi-Tech Hate ». Le lien entre les deux spectres vocaux peut paraître parfois abrupt, mais il s’avère juste, maîtrisé et incroyablement prenant.

Ne reste plus que la touche électronique apportée par le customisateur Rhys Fulber. Toujours présentes et à la fois discrètes, les programmations cybernétiques du claviériste s’immiscent parfaitement dans les rouages de la machine, que se soit sous forme de bidouillages synthétiques (« Shock »), de nappes futuristes (« Smasher/Devourer ») ou de vapeurs glaciales (« Timelessness »). D’ailleurs, sur ce dernier titre et sur « Resurrection », on retrouve même les interventions orchestrales d’un ensemble à cordes.

Si Demanufacture était un prototype d’une qualité incroyable, construit à l’effigie du nouveau visage de FEAR FACTORY, alors Obsolete est son amélioration directe ; toutes les qualités du deuxième album ont été perfectionnées sur ce nouvel effort et certaines nouveautés ont été apportées. Seuls le riff aride du couplet du morceau-titre et le morceau spectral « Timelessness » enrayent légèrement les mécanismes de ce chef d’œuvre de Metal Industriel.

 

Obsolete digipack

Édition digipack

 

La version digipack de la bête recèle également quelques bonus tracks, et ceux-ci trempent littéralement dans l’huile de moteur. Car, à part « Cars » - fameuse reprise de GARY NUMAN où le chanteur anglais chante accompagné par Burton C. Bell - qui garde son esprit Synthpop, les quatre autres morceaux transpirent la graisse d’une machinerie imposante : « 0-0 (Where Evil Dwells) », reprise grondante du groupe d’Electro/Noise WISEBLOOD, « Concreto », titre pesant extrait des sessions d’enregistrement de Demanufacture, ainsi que « Soulwound » et « Messiah », morceaux inédits dopés aux basses grésillantes et aux riffs plombés. 

 

Tankkore


 


 

Line-Up : 

Burton C. Bell : Chant

Dino Cazares : Guitare

Christian Olde Wolbers : Basse

Raymond Herrera : Batterie

Rhys Fulber : Claviers, programmations

Nationalité : États-Unis

Label : Roadrunner Records

Année : 1998

Tracklist :

01 - Shock

02 - Edgecrusher

03 - Smasher/Devourer

04 - Securitron {Police State 2000}

05 - Descent 

06 - Hi-Tech Hate

07 - Freedom Or Fire

08 - Obsolete

09 - Resurrection

10 - Timelessness

Bonus Tracks :

11 - Cars

12 - 0-0 {Where Evil Dwells}

13 - Soulwound

14 - Messiah

15 - Concreto


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Commentaires (2)

1. Tankkore 28/05/2014

Grosse claque toujours !!

2. zoskia 28/05/2014

Mon préféré de Fear Fac', j'adore le concept bien sombre et oppressant, sans parler du riffing...Grosse claque à l'époque !

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Date de dernière mise à jour : 13/09/2015

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