LA RUE KETANOU

27 mars 2014 // Le Trianon // Paris


 

la rue ketanou

 

« C'est pas nous qui sommes à la rue. C'est la Rue Ketanou ».

Comment ça vous ne connaissez pas cette devise ? Mais si voyons, faites un effort... Si l'on vous dit, « musique de rue », « musique tzigane », « pop », « folk », « accordéon ». Non ? Toujours rien ? Bon, il va falloir vous remettre les idées en place !

Tout commence au Théâtre du Fil, compagnie d’art du spectacle de Savigny-sur-Orge (91). Florent Vintrigner, Mourad Musset et Olivier Leite s'y rencontrent et se produisent ensuite dans les rues de La Rochelle et de l'Ile de Ré. C'est là qu'ils scandent leur slogan transformant ainsi une triste fatalité en force. Grâce à leur vie de bohème, ils croisent le chemin du groupe TRYO qui leur proposent d'enregistrer un premier album En Attendant les Caravanes (2000). Des concerts, des festivals, et d'autres albums suivent rapidement.

Je ne sais pas où je vais, oh ça je l'ai jamais bien su
Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irai plus […]

Et oui je suis une cigale, t'inquiète fourmi j'crêve pas la dalle
La musique c'est un bon gagne-pain, où que je sois, je ne manque de rien (Où je vais)

15 ans après, les trois compères reviennent avec Allons Voir, leur 6ème album. Pour l'occasion, ils étaient de passage les 27 et 28 mars au Trianon (Paris).

Quelques pas à l'intérieur et nous découvrons une somptueuse salle de théâtre à l'italienne construite en 1903. De hauts plafonds, des voûtes, des statues, du marbre... le décor est un plaisir pour les yeux et la foule présente réchauffe le cœur. Le concert du lendemain affichait complet depuis quelques semaines déjà... En haut des escaliers, de jeunes bénévoles proposent des badges et des pin's pour soutenir le festival Solidays organisé par Solidarité SIDA.

A vot'bon coeur mesdames et messieurs.

A vot'bon coeur ou pas, c'est pareil (Les Cigales)

 

Les spectateurs peuvent choisir entre passer le concert assis au balcon ou rester debout devant la scène. Après une demi heure d'attente, la belle suédoise ESKELINA SVANSTEIN ravit nos oreilles grâce à son chant et à sa guitare. Elle est accompagnée de Nolwenn Leizour à la contrebasse et de Christophe Bastien (DEBOUT SUR LE ZINC) à la guitare. La voie suave de la jeune blonde porte les textes, tantôt poétiques, tantôt libertins ou engagés, écrits par Florent Vintrigner.

Après une pause et un passage au bar, nous retournons dans la salle. Celle-ci est plus remplie que pour la prestation de la muse scandinave. Le concert de LA RUE KETANOU commence avec « Allons Voir », avant de continuer sur « Interdit ». Une belle complicité entre les interprètes se fait sentir. Une ambiance bonne enfant et festive ainsi qu'un esprit de partage et de communion gagnent rapidement la foule. De part et d'autre, les auditeurs dansent, crient, applaudissent et chantent, souvent avec une bière à la main. Certains montent sur les épaules de leurs amis tandis que d'autres s'essayent au slam.

Les trois voyageurs jouent de nombreux morceaux du dernier album. Entres autres, ils ont proposent lors de cette soirée du 27 mars : « Negrita », « Le Capitaine de la barrique », « Les Dessous de table », « Le Chien », « La Guitare sud américaine » et « Patricia ». Avec poésie et tendresse, ce titre est un hommage à Patricia Bonnetaud, du label Yelen Music, qui a signé leur premier album.

N'allez pas croire qu'ils oublient d'où ils viennent. Ainsi, ils régalent nos oreilles avec « La Fiancée de l'eau », « Les Cigales », « Les Maisons », « Germaine », « Les Hommes que j'aime » qui semble s'adresser directement aux auditeurs.

Et je lève mon cœur à la tendresse de ces voyous
Qu'elle me porte bonheur ce soir j'ai rendez vous
Et j'irais comme je suis, non je ne changerez rien
[…] (Les Hommes que j'aime)

Simplicité avons-nous dit et pour preuve : LA RUE KETANOU n'hésite pas à inviter d'autres chanteurs pour partager la scène. A 70 ans passés, Francesca Solleville n'a rien perdu de sa présence scénique. Elle fusionne avec le Trianon le temps de rendre hommage à Allain Leprest avec « Les p'tits enfants d'verre ».

Pour le rappel, LA RUE KETANOU nous offre une interprétation originale de « Danse » en compagnie de Francesca et d'Eskelina. La main sur le cœur, le groupe revient ensuite pour un second rappel dans une version acoustique. La communion est alors à son apogée. Le groupe commence les phrases, le public les termine. Que d'émotions ! C'est sous un tonnerre d'applaudissements que les gais lurons nous quittent.

 

Le seul reproche que l'on pourrait faire est de ne pas avoir entendu des titres phares tels que « La Rue Ketanou », « Où je vais » et « Prenons la vie ». Cependant, vu l'intensité du concert, il ne fait aucun doute que nous retournerons les voir dès que l'occasion se présentera.

 

Seppuku


 

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Date de dernière mise à jour : 13/03/2015

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