DIE ANTWOORD : Ten$ion

mauvaise réponse


 

Die antwoord ten ion

 

Si le Hip-Hop vous paraît manquer clairement de folie, et les sonorités liées au genre trop enracinées dans l’asphalte urbain, alors il semblerait que l’exotisme déglingué du trio DIE ANTWOORD puisse vous redonner le sourire. En effet, certaines formations n’hésitent pas a donner un gros coup de pied dans la fourmilière tout en brandissant un concept aussi obscur qu’addictif (qui a dit STUPEFLIP ?) ou en révélant une scène inconnue du grand public comme le groupe du jour. Directement importé des bas-fonds de Cape Town en Afrique du Sud, DIE ANTWOORD a su se faire connaître, depuis 2009, grâce à des clips déjantés, provocateurs - voire un peu sales et malsains parfois - et une identité sonore unique bien loin des codes en vigueur. Après un premier album $O$ et un EP intitulé 5, tous deux sortis chez Interscope en 2010, le trio décide de monter son propre label, Zef Recordz, et ainsi sortir son deuxième opus, Ten$ion, en début d’année 2012.

 

DIE ANTWOORD, c’est un peu le cousin bizarre du Hip-Hop, celui qui n’a pas l’air vraiment bien dans sa tête mais qui vous attire, irrémédiablement, par sa différence. Déjà, rien que la dégaine des protagonistes vous met la puce à l’oreille : Ninja, grand type sec et musculeux, couvert de tatouages simplistes « comme à la prison », coupe de cheveux en brosse, se montre la plupart du temps torse nu et affublé d’un caleçon intrigant (celui représentant la pochette du Dark Side of The Moon des PINK FLOYD reste le plus culte) ; ¥o-Landi Vi$$er, petite boule d’énergie provocante à la coiffure « demi coupe au bol », sautille en brassière et shorty moulants flashy ; et puis l’homme de l’ombre, DJ Hi-Tek, porte constamment un masque difforme particulièrement inquiétant. Voilà, visuellement vous avez déjà une petite idée de la chose, maintenant passons au cocktail musical délivré par « The Answer » en afrikaans. Si le premier jet $O$ est encore fortement ancré dans les racines Hip-Hop, avec Ten$ion l’appellation Rap-Rave, utilisée pas la formation, prend tout son sens. Il reste - et restera encore par la suite - des productions résolument Rap comme le très frenchy (dans la forme) « So What ? », un peu trop bucolique pour ma part avec son piano mélancolique ; l’excellent, mais bien trop court, « Zefside Zol », paré d’une rythmique troglodyte et groovie des plus entraînantes ; et puis, le très bon et carrément american-style « U Make A Ninja Wanna Fuck »,  morceau gangsta de l’album avec ses réminiscences Techno à la fin. Effectivement, les lascars sud-africains ne lésinent pas sur l’aspect électronique de leur prods et mangent à tous les râteliers du genre afin de façonner des tubes plus surprenants les uns que les autres. Du coup, on déniche des séquences Dubstep destructurées sur les intro/outro « Never Le Nkemise 1 & 2 », des mélodies faciles de Techno mainstream sur « Baby’s On Fire » et des boucles rythmées d’Eurodance bien sombre sur le monstrueux « I Fink U Freeky », comme si l’héritage hollandais ressortait à travers ces claviers typés 90s.

Mais l’éclectisme des compositions ne s’arrête pas là, car avec le travail rythmique sur le tribal « Fatty Boom Boom », la qualité première des samples sur l’oriental « Hey Sexy » et l’intensité de l’atmosphère poisseuse de « Fok Julle Naaiers », le trio prouve qu’il est bien loin devant la concurrence en terme d’idées sonores et d’arrangements de pointe. C’est donc sur cet amas musical et multiforme que viennent se poser les flows white trash de Ninja et ¥o-Landi, car oui, l’attraction première de DIE ANTWOORD c’est avant tout le duo de MC élevé par l’argot afrikaans. Mix d’anglais, d’africain et de hollandais, cette langue rugueuse se frotte à la verve abrasive et déchainée du gaillard Ninja et à la voix angélique - mais pernicieuse - de la diablesse ¥o-Landi (la pochette de l’album confirme ce constat étrange !). Le vrai/faux couple se partage les tâches vocales avec cette même approche singulière de faire sonner les mots, au style brut de décoffrage, claquant comme une agression verbale rythmée. Du Hip-Hop riche mais vénéneux venu des quartiers blancs pauvres sud-africains.

 

À noter également que le trio soigne toujours ses clips et que ceux-ci font partie intégrante de leur univers visuel. Noir et blanc sublime et dérangeant sur « Fok Julle Naaiers » et « I Fink U Freeky » (en collaboration avec le photographe Roger Ballen) ou explosion de couleurs et de déguisements sur « Fatty Boom Boom », prenez le temps de regarder ces courtes pièces cinématographiques d’exception !

 

Tankkore


 

 

 

 


 

Line-Up : 

Ninja & ¥o-Landi Vi$$er : Chant

DJ Hi-Tek : Musique

Nationalité : Afrique du Sud

Label : Zef Recordz

Année : 2012

Tracklist :

01 - Never Le Nkemise 1

02 - I Fink U Freeky

03 - Pielie

04 - Hey Sexy

05 - Fatty Boom Boom

06 - Zefside Zol

07 - So What ?

08 - Uncle Jimmy

09 - Baby's On Fire

10 - U Make A Ninja Wanna Fuck

11 - Fok Julle Naaiers

12 - DJ Hi-Tek Rulez

13 - Never Le Nkemise 2


 

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Commentaires (5)

1. asoth 05/10/2014

I'm a ninja !!!!!! And i phoque u !

2. Tankkore 02/10/2014

Oh ouais !!

3. zoskia 02/10/2014

Moi c'que je préfère chez Die Antwoord c'est Yolandi...comme elle est sexxxxyyyy

4. Tankkore 01/10/2014

Die Antwoord est imparable aujourd'hui !! Ça fait partie de la culture ;)

5. Cook 01/10/2014

Tu m'a donné envie d'y jeter un oeil ! Merci Tank.

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Date de dernière mise à jour : 08/03/2016

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