THE PRODIGY : The Day Is My Enemy

le jour me nuit


 

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Il y a plus d’un an, je vous avais présenté, en guise d’apéritif, le premier single du nouvel opus de THE PRODIGY, « Nasty », avec son lot de remixes bien pensés, il était donc temps de passer au plat de résistance avec le dit album, The Day Is My Enemy. Si vous avez apprécié Invaders Must Die, la galette précédente qui a sonné le grand retour du gang de Essex sur le devant de la scène Electro, alors ce nouvel effort devrait tout à fait combler vos attentes, celui-ci étant taillé dans le même minerai brut et inventif. Une suite logique et tout aussi excellente qui s’accorde jusque dans le logo et l’artwork urbain – une nouvelle fois signé Luke Insect – qui mêle découpages de photos désaturées et aplats de couleurs chaudes.

Après 6 années à brûler les planches des salles et festivals du monde entier et à composer dans les chambres d’hôtels, Liam Howlett, Keef Flint et Maxim sont de retour pour accoucher d’un sixième opus percutant et excitant au possible. Invaders Must Die avait réinstallé le trio sur le podium du mouvement Big Beat mondial à grands coups de productions rageuses taillées pour la fosse, The Day Is My Enemy continue sur la même lancée mais avec une durée plus conséquente et un panel sonore plus large. Certes, Liam Howlett recycle toujours son passé pour le remettre au goût du jour, il est donc évident de retrouver des gimmicks rythmiques et mélodiques qui sonnent comme du THE PRODIGY pur jus, seulement le génie de composition de l’Anglais est toujours intact et on ne peut définitivement rien reprocher aux bombes musicales que sont « Nasty », « Rebel Radio » ou encore « Get Your Fight On » qui utilise la même rythmique que « Take Me To The Hospital » sur l’album précédent. Batteries foisonnantes, ligne de basses tonitruantes, mélodies entêtantes, claviers vintages, la recette perdure, gagne en force de frappe et en contraste.

Effectivement, outre les titres énergiques plus classiques, le trio a diversifié son propos avec des morceaux plus légers et mélodiques et d’autres, au contraire, plus lourds et agressifs. Du côté de la pesanteur sous distorsion, le morceau-titre qui ouvre l’album fait office de véritable hymne à headbang avec ce tempo lent et implacable, cette basse assourdissante et ce chant féminin fédérateur chipé au « All Through The Night » de Cole Porter ; un titre original et addictif qui va de paire avec les deux autres brûlots sous stéroïdes que sont « Destroy » (hit parfait pour une rave party 2.0) et « Wall Of Death » (pavé métallique et violent qui clôture l’opus). Pour la légèreté du propos, il faut se tourner vers « Beyond The Deathray », tout d’abord, instrumental ambiant au piano délicat et aux infra basses grondantes qui rappelle les premières années du groupe (« Weather Experience » en tête), « Roadblox », ensuite, titre énergique mais émotionnel qui flirte avec la Liquid Drum & Bass et « Invisible Sun », enfin, surprise musicale à la rythmique Trap portée par le chant poignant de Keef Flint et quelques accords de guitare.

L’éclectisme est de mise sur ce The Day Is My Enemy ainsi que les collaborations, Liam Howlett ayant, en effet, déniché des compatriotes pour parfaire ses nouveaux morceaux. Ainsi, le producteur de bass music FLUX PAVILION est venu prêter main forte sur le fun et jumpant « Rythm Bomb », le duo Dubstep KILLSONIK a co-produit les singles « Wild Frontier » et « Get Your Fight On » alors que Jason Williamson du groupe de Punk/Hip-Hop SLEAFORD MODS a posé son flow sur l’excellent « Ibiza ».

Malgré tout, il y a quelques titres, ou plus précisément quelques éléments intrinsèques à certains morceaux, qui me chiffonnent un peu, à savoir le refrain trop joyeux de « Wild Frontier », la mélodie kitschouille de « Rok-Weiler » et le chant ragga de « Medicine », pourtant bien amené par un gimmick balkanique savoureux. Pour ma part, ce sont les seules fautes de goût à souligner, le reste étant un concentré de Big Beat rebelle et sauvage qui prouve qu’après 25 ans d’activité, THE PRODIGY domine toujours la discipline, la sueur au front et les potards à fond !

 

Tankkore


 


 

Line-Up :

Liam Howlett : Composition, clavier

Keef Flint : Chant

Maxim : Chant

Nationalité : Royaume-Uni

Label : Take Me To The Hospital / Cooking Vinyl

Année : 2015

Tracklist :

01 - The Day Is My Enemy

02 - Nasty

03 - Rebel Radio

04 - Ibiza (feat. Sleaford Mods)

05 - Destroy

06 - Wild Frontier

07 - Rok-Weiler

08 - Beyond The Deathray

09 - Rhythm Bomb (feat. Flux Pavilion)

10 - Roadblox

11 - Get Your Fight On

12 - Medicine

13 - Invisible Sun

14 - Wall Of Death


 

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