ROBINSON, JEANNE & SPIDER : La Danse Des Étoiles


 

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La Danse Des Étoiles, voilà un titre doux, suave qui transpire la poésie et la beauté. Je m'attaque à ce morceau écrit à quatre mains (le mari écrivain et la femme danseuse et chorégraphe) qui a reçu à l'époque un certain nombre de récompenses comme le prix Hugo, Locus et Nebula. Quand je dis "à l'époque" n'y voyez rien de péjoratif car le roman n'a pas non plus été écrit à l'époque de Baudelaire. Celui-ci est sorti en 1979 et a donné lieu à deux suites non éditées en France. La présente édition est donc flambant neuve et est sortie chez ActuSF en 2015, ActuSF qui a d'ailleurs gratifié le bouquin d'une chouette illustration qui donne déjà du cachet au support. Reste à voir le contenu.

Car c’est bien le contenu qui nous intéresse, et à ce niveau-là, j’avoue avoir eu un peu de mal.
Vous l’aurez compris, le roman mélange la danse et la science-fiction, un mixe qui aurait pu s’avérer atypique mais qui finalement ne casse pas trois pattes à un canard.

Non pas que le style soit mauvais, bien au contraire, il constitue le pilier le plus solide de l’œuvre puisque pour un roman de la fin des années 70 celui-ci n’a pas pris une ride et aurait très bien pu sortir de nos jours. La lecture est fluide, les dialogues sont percutants et intelligents quand ils parlent de science pure et une certaine grâce se dégage des passages consacrés à la danse. Les questions soulevées dans ces deux domaines sont toujours d’actualités (bien que déjà traitées et retraitée depuis le temps…). Les limites physiques du corps, cette nouvelle façon qu’il a de se mouvoir sous une gravité zéro mêlé explications scientifiques, donne un côté assez velu au texte. 
Seulement pour peu que le lecteur n’est pas en lui un côté sensible et poétique d’un danseur de ballet, l’histoire peu vite devenir redondante. La différence entre les deux mondes est un peu trop marquée, du coup, nous sommes souvent trimballés entre des chorégraphies et des passages de hard-science complètement opposés.
Puis tout a un côté trop facile dans ce roman. Le premier contact avec la fameuse forme de vie extraterrestre exposée sur  la quatrième de couverture est amenée d’une façon terriblement… comment dire… téléphonée (ben oui, le sujet principale est la danse alors forcément le mode de communication des extraterrestre est une danse, je n’imagine pas si les auteurs avaient voulu mélanger la hard-science avec le destin d’un pizzaïolo). Sinon le fait que des danseurs étoiles deviennent du jour au lendemain de véritables scientifiques malgré eux, et qu’ils soient capables de raisonner comme tels, est assez déroutant, surtout sur une question aussi sensible que l'adaptation de l'humain dans l'espace.
Un autre problème se situe au niveau du rythme. Le roman est divisé en trois parties. Bien que les deux premières soient intéressantes, qu’elles posent les bases, et servent de "détonateur" à la troisième (celle où l’action est vraiment présente), il faut tout de même s’accrocher. Les parties en question tournent autour du personnage principal, sorte de anti-héros désabusé et blasé mais qui réussit tout de même à s’en sortir en filmant des spectacles de danse en apesanteur pour les diffuser ensuite à la télévision. Encore une fois, là où tout était trop facile, les personnages eux sont trop prévisibles et ne sont pas tellement creusés. Dommage car la surface est assez intéressante et la galerie de danseurs est une sacrée bande, bien soudée et on aurait aimé voir cette complicité un peu plus mise en avant. Le problème se pose aussi pour l’intrigue, où certaines questions sont trop survolées, notamment sur la fin de l'histoire où l’auteur tente d’instaurer un climat de tension mais passe un peu à côté par manque de… je ne sais pas… par manque de pages surtout. Le bouquin en aurait mérité une bonne centaine supplémentaire afin de pouvoir s’étendre un peu plus car, lorsqu’on a une dizaine de personnes confinées dans un vaisseau, pardonnez-moi messieurs, dames, mais il y a moyen de faire un truc pas trop toc.

Pour conclure, un avis mi-figue, mi-raisin pour un livre qui a pourtant reçu pas mal de prix !
Il y a du bon, du moins bon, du palpitant (parfois), du plus soporifique (souvent) mais c’est un sentiment fréquemment retrouvé dans les livres écrits à quatre mains. Les idées pullulent et il doit être parfois difficile de rester objectif (pour peu que MADAME veuille absolument que ses passages à ELLE soient dans le livre...).
Un livre qui a un public à trouver dans la mesure où il reste original dans son approche et qu’il s’adresse forcément aux personnes que la danse intéresse et qui aiment le côté poétique et gracieux de cette activité.
Pour les autres, ben vous avez beaucoup de livres où ça pète dans tous les sens, où les batailles galactiques sont légions et les complots monnaie courante… Bande de barbares !         

 

Zoskia


 
Auteur : Spider & Jeanne Robinson

Editeur : ActuSF

Année : 1979 / réédité en 2015

Site de l’auteur :
http://www.spiderrobinson.com/

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Date de dernière mise à jour : 30/07/2015

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