HARRISON, HARRY : Soleil Vert


 

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Comme le héros de notre roman, Andy, c’est en sueur et par une canicule impossible que j’attaque cette chronique.
En effet, à New York (comme à Lyon) la température est tout bonnement caniculaire, sauf qu’en cette année 1999, la planète s’est vidée de ses ressources. L’eau et la nourriture sont rationnées et les gens doivent faire la queue tous les matins afin de pouvoir se nourrir. La cause ? Une surpopulation qui a renvoyé le monde à l’âge de pierre. L’électricité n’est pas stable, les rues ne sont plus sures et la température a considérablement augmenté. Du haut de ses buildings, la ville voit ses occupants lutter pour une survie quotidienne que ce soit dans les quartiers plus aisés ou bien dans les ghettos.
Mais bien que les quartiers riches soient un peu plus sûrs, cela n’empêche pas "Big Mike", trafiquant et homme influent, de se faire assassiner chez lui, et c’est Andy, agent de police acharné et intègre qui va devoir enquêter sur cette affaire apparemment insoluble.

C’est donc avec ce "Soleil Vert", roman d’anticipation sur fond de polar noir dans la plus pure tradition qu’Harry Harrison a écrit l’un des classiques de la SF.
Pour replacer les choses dans leur contexte, le roman a été écrit en 1966 et fait preuve d’une certaine justesse dans sa vision du futur et de la société arrivée au point de non-retour écologiquement. Le pétrole n’est plus, la nourriture se consomme sous forme de gâteau d’algue, et trouver des aliments authentiques avec un goût naturel est mission impossible à moins peut-être d’avoir de l’argent pour se payer quelque chose qui ressemble à un steak.
Car bien que l’humanité soit au bord du gouffre, les classes sociales, elles, sont toujours présentes. L’homme a gagné de la place en s’installant sur l’eau, à bord de péniches rassemblées pour former des bidonvilles flottants, pendant que certains, comme "Big Mike" peuvent se payer le luxe d’avoir un appartement. Le constat est alarmant, même dans la période la plus sombre de l’ère humaine, l’argent continue de diviser et de diriger le monde.
Puis il y a New-York, cette grande ville réduite à néant qui se fait le témoin de la déchéance de ses habitants qui rackettent, manifestent et polluent ses rues. L’auteur fait peser sur ses personnages une ambiance caniculaire et poussiéreuse qui ne manquera pas de les mettre à rude épreuve. Le lecteur suffoque et se sent encore plus alourdi par le poids des immeubles défraîchis et au final, Harrison fait de la ville un personnage à part entière.
Le roman nous présente des personnages aussi très intéressant, en particulier celui d’Andy, protagoniste principale de ce "Soleil Vert", qui a tout du gentil garçon prêt à servir la police quitte à sacrifier sa vie personnelle. L’auteur fait peser tout le poids de cette affaire sur ses épaules et fait basculer Andy dans un dilemme qui l'oblige à continuer l'enquête bien que celle-ci soit impossible.
Andy vit avec Sol, un vieillard qui, lui, a connu l’ancien temps de l’abondance et des bonnes choses. Il représente ainsi la vieille génération qui a tout à regretter et qui a participé à la dégradation de la planète. Le personnage de Shirl apporte quant à lui, la touche de féminité du roman. Ancienne compagne de "Big Mike" elle tombe amoureuse d’Andy pour sa simplicité mais parviendra-t-il à la garder alors que son travail lui prend du temps ? Encore une question qui peut se poser et s’appliquer à notre temps. Nous suivons aussi le meurtrier de "Big Mike". Son épopée constitue une partie importante du récit bien que l’objectif de ce tueur reste assez flou. Il tue "Big Mike", OK, mais pour la suite, à part appuyer sur le fait que la lutte pour la survie est dure, pas grand-chose de ce côté-là. Au final le lecteur a du mal à voir où l’auteur veut en venir bien que ce personnage soit important.
Entre autre chose, "Soleil Vert" possède une grosse part de prise de position sociale/politique, notamment en faveur des femmes et de la contraception qui faisait grincer des dents à l’époque où le roman a été écrit. Harrison prend clairement partie pour la gente féminine avec un long dialogue très intéressant entre Shirl et Sol.

Avec "Soleil Vert", Harry Harrison aborde un nombre de thèmes incroyable et fait du coup passer l’intrigue au second plan. Contraception, classes sociales, drame écologique sont autant de sujets abordés avec une finesse et une intelligente peu communes pour l’époque et fait de ce roman une œuvre visionnaire qui n’a jamais aussi bien collée à notre temps. Il constitue un élément important dans la littérature SF et plus particulièrement de l’anticipation et fait partie de ces livres à lire absolument pour la personne qui s’intéresse de près à ce genre. Le côté polar accentue l’intérêt de l’histoire car c’est par là que l’action arrivera. Le fait de se retrouver dans un New-York façon post-apocalyptique est jouissif et ne manquera pas de dépayser le lecteur car tout est très bien détaillé, les manifs, les rues à la chaleur étouffante et l’hiver rude, car oui,  "Soleil Vert" parle (dans une petite mesure) du climat aux conditions extrêmes et il comporte une partie qui se déroule en hiver.
Donc toi, lecteur inconditionnel de romans qui font réfléchir, sors donc de chez toi et saute sur cette édition toute neuve de chez J’ai Lu et profite de cette chaleur de fou pour te plonger dans cette aventure suffocante qui ne manquera pas de te faire suer !

 

Zoskia

Mots-clés : chronique avis livre littérature harry harrison soleil vert classique SF


 

 Auteur : Harry Harrison

Editeur : J'ai Lu

Année : 2016

Site de l'auteur : http://www.michaelowencarroll.com/hh/

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