SERA-MONTES, JEAN : La République Des Roseaux


 

Republique

 

  La République des Roseaux est un récit en trompe-l'oeil. Un récit qui se dérobe, joue à cache-cache avec son lectorat, ne se laisse jamais entièrement saisir. Un récit tapi derrière les roseaux qui veillent sur les personnages du roman, qui protègent, qui donnent de l'espoir et qui rassurent. Qui font oublier de grandir.

  La République des Roseaux est une œuvre qui oscille entre le conte, tantôt philosophique, tantôt initiatique. Son personnage principal, Marc, poursuit plusieurs quêtes.

  Il veut que sa rivière « vagabonde [de nouveau] à sa guise » alors qu'elle croupit maintenant « dans cette espèce d’égout ». Ce ruisseau qui, comme un fil conducteur, fait le lien entre le passé et le présent. Cette image du temps qui détruit tout. Cette issue vers la mer, personnage à part entière du roman.

  Il veut secourir Agnès, symbole de la pureté. Dans sa quête, il est entouré de nombreux personnages tout droit sortis d'un livre pour enfants. La sorcière (la Folle de la ferraille) ou encore le géant (M. Chalabert, le colosse débonnaire). Les enfants, Bite-tordue, La Réclame, Pleindespoir. José, dont l'impact sur Marc est renforcé par la si belle périphrase, « l'enfant aux flèches de marbre ». « Une bande de mômes […] avec le poids du monde pesant sur leurs épaules ». Un groupe d'enfants qui font de leur cité une République, qui opposent leur candeur à la cruauté du monde. Ce monde qui les dévore petit à petit comme l'ogre des contes.

  La République des Roseaux s'inscrit dans une littérature de l'oscillation. Entre l'ombre et la lumière. L'infiniment grand et l'infiniment petit. Les petits et les grands espaces. C'est une littérature de l'indécision, de l'insaisissable. « Le monde est une branloire pérenne » écrivait Montaigne.

  La République des Roseaux n'est pas un livre. C'est une aventure où chacun doit trouver sa voie. Une aventure périlleuse où « il faut aller chercher [les choses] dans l'angle mort où elles se cachent ». Une aventure qui fait appel à tous nos sens. On y écoute le bruit de la mer mais le silence y est omniprésent. On s'y éclaire à la bougie car l'obscurité se referme rapidement derrière nous. On s'imprègne de l'odeur de l'eau qui court et de l'haleine de la mer. On y mange la mouna, « la brioche parfumée à la fleur d’oranger qui accompagnait traditionnellement les repas de Pâques dans la région d’Oran ».

  La République des Roseaux, c'est la franchise. « Une aventure en grande partie inventée » qui dit le vrai. Un texte juste, authentique, tout en nuances. Une expérience qui ne laisse pas de marbre. Abyssale. Des niveaux de lecture indénombrables. Des questions et des réponses. Tout est là, prenez place sur le radeau mais sachez que le voyage ne sera pas de tout repos.

 

Yanaudel


 
Auteur : Jean Sera-Montès

Editeur : Books on Demand

Année : 2014.

Site officiel de l'auteur : jeanseramontes.blogspot.fr


 

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Commentaires (1)

1. Cook 27/03/2015

Jolie première chronique sur Acheron !

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Date de dernière mise à jour : 27/03/2015

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