RANDALL, MARTA : L'épée De L'hiver


 

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Synopsis

« Dans le pays glacé de Cherek, lord Gambin de Jentesi va mourir et le chaos menace.
Durant les quatre décennies de sa toute-puissance, Gambin a tenu sa province d’une main de fer. Tandis que complotent ses quatre héritiers possibles, le peuple de Cherek observe avec inquiétude les péripéties de la passation de pouvoir. Car si la puissance de Gambin passe tout entière à ses héritiers, Cherek risque de voir compromises les promesses d’un avenir meilleur et de retomber dans l’obscurantisme. Dans cette atmosphère empoisonnée, un tissu d’intrigues se tisse autour de Lyeth, femme lige du seigneur de Jentesi, qui déteste l’homme cruel qu’elle a servi. »

Voilà qui plante le décor ! A la lecture de ce synopsis le lecteur est prévenu : du complot politique, de la neige et des chevaliers seront au menu de ce livre de Marta Randall. La dame, qui compte déjà plusieurs romans à son actif, se voit offrir une réédition de choix chez notre partenaire ovin.
Si « L’épée De L’hiver » date en réalité de 1983, c’est avec une nouvelle couverture signée Melchior Ascaride qu’il revient en terre française pour une meilleure exposition au public et avec un relooking aux couleurs froides qui symbolise parfaitement l’esprit du livre.

Car il faut dire que le titre ne nous trompe pas sur son contenu, et sur son style non plus d’ailleurs. L’action se déroule donc là où le blizzard et les tempêtes de neige sont monnaie courante et où les tavernes et les grandes cheminées qui crachent leurs flammes sont considérées comme le salut. Entre les chemins tout de blanc recouverts et le château, où se déroule une grande partie de l’intrigue, « L’épée De L’hiver » donnera froid au lecteur non équipé de passe montagne pour ses séances de lecture.
Niveau écriture, c’est un peu la même tisane. L’action n’est presque pas présente, et l’auteure mise plutôt sur le scénario sinueux de son histoire plutôt que sur les combats de chevaliers en armure pour faire avancer son histoire. Vous voilà prévenus, « L’épée De L’hiver » est un roman relativement lent, comme freiné par la glace et prend le temps de poser son intrigue en mettant l’accent sur un personnage par chapitre.
C’est d’ailleurs le nombre impressionnant de protagonistes qui pourrait dérouter le lecteur.
Bien que les personnages principaux, eux, soient bien ancrés dans l’histoire et qu’ils se détachent des autres, c’est finalement pléthore d’autre têtes qui viennent se greffer au fur et à mesure que l’histoire avance. Et croyez-moi, dans un château, il y a du monde… surtout quand même les servants son sollicités pour faire avancer le schmilblick.
Mais tout cela ne signifie pas que « L’épée De L’hiver » a été bâclé.
Malgré l’attachement particulier (et rapide) qui unit nos deux héros, il faut avouer que le travail de fond est assez pêchu et chaque personnage est modelé de façon à ne jamais tomber dans la caricature facile.
Pour ce qui est de placer tous ce monde dans une intrigue mêlant passation de pouvoir et histoire de famille, là encore, Miss Randall a bossé son sujet.
Bien que l’allure lente du récit nous fasse penser au premier tome d’une longue saga qui se met en place, l’histoire nous donne tout de même les tenants et les aboutissants d’une histoire complexe qui se termine malheureusement de manière trop évidente. Dommage. Cependant la trame tissée tout du long se tient et tient aussi le lecteur suffisamment sous pression pour que celui-ci reste concentré, même durant les quelques longueurs disséminées ici et là.

Soyons franc, « L’épée De L’hiver » n’est pas parfait mais il est loin d’être mauvais pour autant. Il possède même des choses pour lui, comme son ambiance gelée, ses décors, son château et enfin ses deux héros et leurs relation attachante. Par contre, le rythme lent et l’absence d’action peuvent être un gros moins pour l’avancée de la lecture, mais c’est un parti pris de l’auteur qui nous propose quelque chose d’autre que les aventures barbares et sanglantes de Gerülf le Viking venu se venger du massacre de son village.
Avant de terminer, vous aurez peut-être remarqué que les termes fantasy et steampunk n’ont pas été prononcés alors qu’ils sont mentionnés sur la quatrième de couverture.  Clairement, dans la fantasy, nous y sommes puisque le monde créé par l’auteure n’existe pas, mais cela s’arrête là. Idem pour le steampunk, les références sont tellement infimes qu’il est inutile d’y faire allusion. « L’épée De L’hiver » est avant tout un roman médiéval et se lit comme tel. L’intrigue et ses lieux prévalent sur tout le reste et à aucun moment la question ne se pose de savoir sur quel genre de roman nous avons les yeux, et puis de toute façon, sur Acheron, on n’aime pas les étiquettes…

 

Zoskia

Mots-clés : chronique avis livre littérature marta randall épée de l'hiver moutons éléctriques


 

 Auteur : Marta Randall

Editeur : Les Moutons Electriques

Année : 2016

Site de l'auteur : http://www.scripsit.com/MartaRandall.html

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2016

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