PRATCHETT, TERRY : Le Fabuleux Maurice Et Ses Rongeurs Savants


 

le fabuleux maurice

 

Un titre accrocheur, une couverture avec un chat accompagné de petits rats, voilà qui a suffit à ne pas me poser une seule question quant à l’achat de ce livre, surtout que tout en haut apparaît un nom bien connu des amateurs de littérature originale : TERRY PRATCHETT, l’auteur des romans du Disque-Monde. 

Amoureux des animaux comme je le suis (et des rats domestiques en particulier), je ne pouvais pas passer à côté de ce livre, après tout, un chat qui parle et qui s’acoquine avec des rats eux aussi doués de parole, franchement, sur le papier, ça le fait. 

Déjà, avec le quatrième de couverture le décor est planté. Pratchett parodie la fable du joueur de flûte et en profite au passage pour tacler avec son humour déjanté, les contes de fées et le monde de l’imaginaire en mettant en scène Maurice et sa bande.

« Ça, on peut faire confiance à un chat pour être un chat. Qu’il parle ou non ! » Pur-Porc

Dans ce roman, Pratchett passe au crible le comportement typiquement félin avec un Maurice imbu de sa personne qui cherche toujours à satisfaire son propre intérêt, mais qui détale à la première difficulté venue. La sale bête malmène son groupe de rat à grands coups de promesses qu’il ne compte, bien sûr, pas tenir, et de phrases pleines de bon sens histoire de mieux embrouiller son monde. Mais les rongeurs ne sont pas dupes, certains commencent à cerner le personnage (en particulier Pur Porc le « chef » de la tribu,  qui pense que les rats ne sont pas faits pour parler et encore moins pour faire équipe avec un chat) et Maurice devra redoubler d’efforts pour essayer d’imposer ses idées, la tribu commençant à ses poser des questions sur ses véritables intentions.

Le groupe de rats quant à lui reste l’élément clé du roman, c’est par lui que les thèmes sous-jacents arriveront et que les réflexions seront les plus pertinentes. Car le roman n’est pas juste là pour tourner les contes de fée en ridicule. Il aborde certaines thématiques intéressantes avec des mots simples et naïfs (enfin pour des rats qui parlent et trouvent leurs noms sur les déchets qu’ils mangent…) et met en avant une véritable philosophie, que ce soit spirituel, social, ou psychologique. La notion de religion par exemple est mise en avant avec Pistou, sorte de rat mystique et philosophe qui donne matière à réfléchir sur certaines questions existentielles comme la vie/la mort et le Après. Mais au milieu de tous ses états d’âme ratounesques (je viens de l’inventer et alors ?), Pratchett nous dresse un panel de rats coloré, avec des rats de toutes sortes, des rats cartésiens, des rats philosophes, des rats qui font des claquettes, et des rats trouillards et au contraire des rats vaillants. Tous sont vraiment attachants et possèdent leur personnalité propre.
L’auteur attache aussi de l’importance au système hiérarchique, puisque c’est chez animaux beaucoup d’études ont été menées sur le sujet. La hiérarchie est  très importante chez les rats et l’auteur respecte ce trait de caractère à la lettre dans son livre.  

« Évidemment, ce serait plus dans le ton si on était quatre enfants et un chien, la bonne formule pour une aventure, mais on va faire avec ce qu’on a. » Malicia

Puis, au milieu de tout ce petit monde animal, vient se glisser le joueur de flûte. Ou plutôt le gamin à l’air bête, enfin pas si bête puisque finalement, Keith (son vrai nom), est plus observateur que loquace et se relève au cours du récit être un atout majeur à la petite équipe, car contrairement à Maurice, sa loyauté et son dévouement à la bande de rats sera sans faille, et il les suivra là où il le faut pour leurs venir en aide. Keith, avec ses phrases mesurées, sa nonchalance, et qui ne l’ouvre que quand il le faut, contrebalance avec son amie d’aventure Malicia, pipelette invétérée, sorte de Madame Je-sais-tout qui pense que la vie est une histoire et que les solutions à ses problèmes se trouvent être les même que dans les livres.

Au final toute cette joyeuse troupe se retrouve embarquée dans une aventure épique, menée par un Maurice toujours avide d’argent et prêt à tout pour se remplir le porte-monnaie en envoyant ses rats semer la zizanie dans un village d’apparence paisible. Mais les ennuies ne tarderons pas puisque bizarrement aucun autre rat ne se trouve dans les égouts du village, étrange non ? Pourtant chaque village compte son lot de rongeurs qui pillent les caves et les gardes mangé. 
Suivant tour à tour les deux humains confrontés à des problèmes….d’humains, les rats, qui eux parcours les tunnels souterrains crasseux et boueux de Bad-Igouinse, se démenant pour déjouer les pièges et ne sachant pas comment accepter leur changement en créature (encore plus) intelligente, et un Maurice qui lui se trouve partout et nulle part à la fois, le récit se déroule tambour battant alternant les épisodes calmes axés sur la réflexion et les passages d’actions efficaces.   

À la base un roman pour les enfants, mais contenant tous de même des références qui feront que les adultes apprécieront, ce livre est fortement recommandé aux amoureux de littérature qui sort de l’ordinaire et aux fans de l’auteur. Mais ce livre s’adresse aussi aux amoureux des animaux qui retrouveront forcement leur chat ou leur ratoux dans les comportements décrits par Pratchett, celui-ci c’est très bien documenté sur le comportement très spécial des rats et je ne peux avoir qu’une pensée tendre pour les quatre rates que j’ai eue dans ma vie, Freya, Tara, Salem et Aura que j’avais l’impression de suivre tout au long du livre.
Encore un bon bouquin de Monsieur Terry « Fantasy » Pratchett.
       

Zoskia


 

Auteur : Terry Pratchett

Editeur : Pocket

Année : 2001

Site officiel de l'auteur :www.terrypratchettbooks.com

Page officielle de l'auteur : www.facebook.com/pratchett

Decitreredim


 

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Commentaires (5)

1. zoskia 07/01/2014

@ Cook : Du coup le bouquin d'Orwell est dans ma PAL, je t'en donnerais des nouvelles quand je l'aurai fini!

@ Tank' : J'adore toujours les rongeurs et les rats en particulier, mais ces petites bestioles ne vivent pas longtemps et du coup c'est vraiment dur quand elles partent...Avec les reptiles c'est différents, il n'y a pas cet échange que tu peu avoir avec un ratou mais ça reste des animaux fascinant (un peu con certes) et du coup l'investissement émotionnel est absent, ce qui m’arrange du coup vu que je suis une vrai madeleine....

2. Cook 13/12/2013

Orwell, oui j'ai lu. Pratchett juste un peu, les trois premiers tomes des Annales du Disque Monde. Après ça m'a lassé. En général le style anglo-saxon ne me sied pas (même quand je lis en VO, mais là je ne peux pas être vraiment juge puisque l'anglais n'est pas ma langue maternelle). Au niveau des messages et de l'analyse qu'on peut en faire je ne doute pas que les réflexions sont assez riches, le bonhomme ayant une sacré expérience derrière lui.

3. Tankkore 13/12/2013

Ooh ça fait tout mignon de te voir écrire une chro comme ça !! En tout cas elle donne bien envie de lire le bouquin pour Noël !!

Donc tu préfères les rats aux reptiles toi ?

4. zoskia 12/12/2013

Merci Cook ! Faudrait que je me penche sur ce livre d'Orwell qui est limite une référence, je pense par contre que le ton employé dans Le Fabuleux Maurice doit être plus doux que celui d'Orwell même si Pratchett se fait plaisir niveau critiques aussi. Tu l'as lu? Tu en as pensé quoi?

5. Cook 11/12/2013

Ouah super chro! On sent que t'as bossé le sujet.

Ça me fait penser A la ferme des animaux de GEORGE ORWELL.

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Date de dernière mise à jour : 12/03/2015

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