PRATCHETT, TERRY : Eric


 

Faust

 

Quel amateur de fantasy ne connaît pas le Disque-Monde ? Ce monde plat soutenu par quatre éléphants eux-mêmes perchés sur le dos de la Grande Tortue A’Tuin qui navigue à travers l’univers ? Pour ceux à qui cela n’inspire rien, vous mériteriez que je vous fasse boire un saladier rempli de bave de troll ou que je vous envoie directement faire un séjour dans le quartier des assassins d’Anhk-Morpok !  

En résumé, le principe est simple, PRATCHETT s’amuse (avec un humour digne des Monty Python)  à se réapproprier certains contes, histoires ou personnages, qu’il mettra en scène dans les régions souvent dangereuses du Disque-Monde. 


Faust Eric

Eric, jeune démonologue (qui a pour compagnon un jesaispasquoi à plume) arrive à faire sortir le célèbre magicien Rincevent d’une dimension parallèle dans laquelle il était enfermé après avoir essayé d’invoquer un démon (voir les tomes précédents). Le garçon demande alors que trois de ces vœux soient exaucés pensant que le magicien peut réaliser ses rêves de conquête du monde, de mariage avec la plus belle femme du monde et d’immortalité. Forcément, Rincevent en bon mortel pense ne pas pouvoir faire quoi que ce soir, et portant…Les deux compères seront catapultés (suivi par le Bagage mon personnage fétiche) dans des aventures toutes plus farfelues les unes que les autres. 

De la création de l’Univers au plus profond des Enfers en passant par les Aztèques et la guerre de Troie, PRATCHETT réécrit une fois de plus l’histoire pour la tourner en dérision avec un talent certain. Car oui, l’auteur fait rire, mais le travail narratif est d’envergure et il nous prouve qu’au-delà de l’humoriste, le talent de conteur fait une grande partie du succès que rencontre PRATCHETT après toutes ces années, j’en veux pour preuve l’épisode où Eric et Rincevent sont faits prisonnier par une tribu complètement déjantée  et meurtrière qui ne souhaite que voir les deux personnages sacrifier à leurs dieux, Quetzdufflecoast  le Boa à Plume. Les barres de rires fusent  et pourtant la description des lieux nous transporte directement aux temps anciens où les sacrifices humains étaient monnaie courante, même si cette fois nos deux héros ne pourront pas compter sur la seule et unique technique que le magicien maîtrise : la fuite. Doucement, en courant, en marchant, la couardise de Rincevent reste dans ce tome au moins égale que dans le reste de ses aventures, alors si vous aussi vous voulez des techniques pour vous retirer expressément d’une situation délicate, ce livre est pour vous… 

Mais PRATCHETT ne s’arrête pas là et au milieu de tout ce bordel historique, il enfonce le clou avec sa vision inédite du cheval de Troie d’où Rincevent et Eric sortent…disons… par un orifice…sans doute mal pensé par son concepteur. Nous suivrons la bataille de l’intérieur avec son lot d’imbécillités et de répliques cultes, jusqu’au final où nos comparses, venu à la base pour sauver la plus belle femme du monde pour Eric, se retrouvent face une personne assez surprenante…. 

Nous assisterons aussi à la création du monde, passage assez épique, mais bien trop court, où Eric et Rincevent se retrouvent à côtoyer un créateur faiseur de sandwich-relique.
Mais delà de sa vision (très) personnelle de l’Histoire, PRATCHETT brosse une critique du milieu bureaucratique et aux méthodes modernes employées. En effet Astfgl (démon dont personne n’arrive à prononcer le nom) met du cœur à l’ouvrage en essayant  d’utiliser de nouvelles techniques pour infliger à ses damnés des supplices bien pires que la torture éternelle comme par exemple la lecture des protocoles par les tortionnaires, protocoles constitués d’au moins 1500 tomes. Prométhée aussi en prend pour son grade, en devant écouter les journées ennuyantes à mourir de l’aigle sensé lui boulotter le foie éternellement…


Avec ERIC, PRATCHETT reste fidèle à lui-même. Humour, situations loufoques, la recette reste inchangée avec ce neuvième épisode des annales du Disque-monde, et même si certains y trouveront certainement quelques faiblesses ici et là, MOI (on est sur Acheron non ? l’avis subjectif est de rigueur !) j’avoue avoir pris un pied incommensurable à retrouver Rincevent (et le Bagage !!!!) dans des situations périlleuses.


Pour finir, juste un petit mot sur l’édition de L’Atalande qui a fait un boulot parfait comme d’hab’ avec des illustrations signées JOSH KIRBY et je remercie mon ami Tank’ au passage de me l’avoir prêté afin que je puisse faire cette chronique. 
Une aventure du Disque-Monde à conseiller à tous ceux qui souhaitent suivre une fois de plus le mage le plus incompétent d’Anhk-Morpok.


 

Zoskia


 

Auteur : Terry Pratchett

Editeur : L'Atalande

Année : 1990

Site officiel de l'auteur : www.terrypratchettbooks.com

Page officielle de l'auteur : www.facebook.com/pratchett

Decitreredim


 

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Commentaires (2)

1. zoskia 09/04/2014

C'est Hrun le barbare je crois !

2. Cook 08/04/2014

"Je vous suis supérieur en nombre de un contre deux" quelqu'un, quelque part dans le premier tome ^^

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Date de dernière mise à jour : 12/03/2015

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