Quête annexe du Père Pichard - Partie I

 

Durant le week-end ou l’idée du site Acheron a vu le jour, Tankkore, Cook et moi même avions décidé de créer une sorte de saga sur les différents événements survenus pendant ses trois jours passés ensemble (et il y en a eu croyez moi) en mettant en scène trois moines farfelus.
Voilà donc le premier récit de mon personnage, le père Pichard. Les aventures des trois compagnons vous seront donc proposées de temps en temps (surtout selon l‘inspiration de chacun), dans un ordre aléatoire mais qui restera (normalement) compréhensible chronologiquement parlant. En espérant que vous prendrez plaisir à lire ces aventures autant que nous avons eu plaisir à vivre certaines conneries durant ce week-end mémorable.

 

La que te du pe re pichard partie i

 

L’invasion

I

   Le Père Pichard referma la lourde porte en bois massif derrière lui. Il s’y adossa et lâcha un soupir. Était-ce un soupir de soulagement ? Sûrement pas, car il s’avait que la situation était délicate, que lui et ses trois comparses de l’Abbaye de la Grande Poutrasse avaient fait une boulette monumentale, le genre de boulette que le commun des mortels allait subir, mais ne comprendrait pas…

   Mysticisme, occultisme, démonisme, ésotérisme, ces mots-là, le peuple n’en avait que faire, il n’en voulait pas et surtout s’en protégeait. À leur évocation, certains pécores un peu siphonnés du gobelet auraient été capables de vous brûler vif sans procès pour sorcellerie, fort heureusement, la plupart se contentaient de se signer frénétiquement en récitant quelques prières pour se protéger du mauvais œil.
   L’époque était sombre et la religion très présente, le peuple avait besoin d’avoir la foi, car la mortalité était forte. La maladie jouait un rôle prépondérant avec les épidémies, les virus et l’hygiène de vie, mais beaucoup de personnes disparaissaient de manière étrange. Des cadavres étaient souvent retrouvés pendus et éventrés, au côté d’étranges symboles tracé sur le sol, inutile de chercher trop loin, même le benêt du village comprenait ça. Des sacrifices en avaient déduits les autochtones locaux, des rituels bizarres, fait dans le but d’invoquer des forces supérieures, de quoi donner froid dans le dos des habitants du coin. Des personnes colportaient dans un village proche de l’Abbaye, la rumeur que des fanatiques adorant une sorte de divinité tentaculaire sans âge provenant du fin fond des abysses, s’adonnaient à des rituels païens au cœur de la forêt, il paraîtrait même qu’un seul regard sur cette créature pourrait faire perdre la raison à une centaine d’homme d’un coup, ce qui expliquerait plutôt bien le nombre de corniauds présents dans ce village…
   Malgré beaucoup de légendes et de folklore, les derniers événements étaient différents, disons plus concrets. Les badauds voyaient les démons déambulant librement dans les rues. Les témoignages provenaient des différents villages entourant l’abbaye.
  
D’étranges créatures, dressées sur deux pattes, à l’allure reptilienne et pourvue d’une longue queue, semaient la terreur. Les bêtes étaient apparemment douées d’une intelligence certes sommaire, mais leurs vils instincts de prédateur les rendaient capables de tendre pièges et embuscades pour arriver à leurs fins. Leur technique de chasse (pour peu qu’il y en est une) s’apparente plus à de l’opportunisme à vrai dire. En effet, les attaques, même si celle-ci sont puissantes, restent tout de même un peu chaotiques. Chassant généralement par groupe de trois, les bestioles attendent patiemment dans le noir, tapis sous un tas de paille ou derrière un buisson que leur victime passe pour lui sauter dessus dans un râle qui tiendrait plus du chaton réclamant la tété qu’a un dragon fondant sur sa proie. Dans certains groupes organisés, la méthode consiste à immobiliser le dîner au sol, maintenu par deux créatures pendant que le troisième s’offre un festin de roi. D’ailleurs vous ai-je déjà parlé de leur seul et unique plat favori ?  Il me semble que non.

   Voyez-vous, l’homme, dans son infinie beauté, a été pourvu de différent « atout » n’est-ce pas ? Prenez les pouces par exemple, sans eux notre main pourrait difficilement remplir sa fonction de pince pour nous permettre d’attraper des objets. Les oreilles, et cette forme si singulière afin de nous faire capter les sons plus facilement. Le corps humain quel chef-d’œuvre ! Mais quelque chose dans cette beauté attire particulièrement les chronicules. Cette chose si particulière se situe dans la région du « bas-ventre » et se nomme Testiculus (vous pourrez, au cours du récit changer ce mot par celui qui vous siéra, Testiculus est employé ici en latin pour le nom scientifique, mais sera remplacé par testicule pour la suite). Les chronicules, n’ont pour autre but de se repaître goulûment de cette partie de l’anatomie humaine ne s’attaquant logiquement qu’aux individus mâles afin de leur subtiliser les testicules et il n’était pas rare de voir les démons se mettre sur la pointe des pattes et de s’étirer au maximum le nez tout à fait en l’air pendant de longues minutes afin de percevoir au mieux l’odeur délicate dégagée par l’organe masculin qui se trouvait dans les environs.
   Pourquoi cette partie du corps ? Ce mystère demeure aussi solide que la manière de tuer un chronicule à main nue, mais une chose est sûre, c’est que tant que durant la période où ces bestioles étaient sur Terre, le nombre de testicules avoisinant l’Abbaye de la Grande Poutrasse a fortement diminué.
   Pour en revenir à leur comportement, une particularité a été remarquée chez ses drôles de créatures. Il a été observé que leurs activités sont essentiellement nocturnes, les bestioles étant visiblement sensibles à la chaleur du jour qui les rendrait apathiques. Beaucoup de chronicules (pourquoi ont-ils été baptisé comme ça je ne sais pas) ont été surpris à déambuler dans la journée, le regard aussi vide que les bourses du mendiant du coin. Certains ont été aperçût se cognant indéfiniment contre des murs, certains sont même tombés à pic dans des ravines de plusieurs centaines de mètres (c’est ainsi que les premiers cadavres de chronicules ont pu être étudiés), mais toutes ces créatures, même dans leur état de torpeur somnambulique, garde le réflexe de claquer leurs mâchoires aux dents aussi aiguisées que des centaines de petits couteaux, comme si, même endormie, ils cherchaient à dévorer les testicules dont ils sont tellement friands.    

 

Illustration pichard i

 

II

   Le conseil avait duré trois plombes, et ils s’étaient fait remonter les bretelles sévèrement. Bordel, pourquoi est-ce qu’ils avaient eu besoin de trifouiller ses formules magiques ? Certes l’intention était bonne, mais visiblement leur savoir-faire mythique s’était encore montré à la hauteur de la légende, maintenant, plus de soupçons, ces pères étaient trois glands confirmés.
   Le Père Robuchet avait pourtant été clair, certains signes montraient que le monde allait mal et qu’une grande catastrophe allait arriver, du coup, les trois amis avaient décidé de faire quelque chose pour sauver la Terre d’une colère biblique. Seulement, après avoir exposé les faits au Grand Conseil de l’Abbaye, les Pères supérieurs en avaient déduit que les « signes »  n’étaient manifestement pas convainquant. La bataille fut rude, mais veine. Les trois acolytes eurent toutes les peines du monde à se faire entendre, furent tournés en ridicule et traité de prophètes à la noix. Vexés, courroucés et outrés, ils décidèrent de prendre les choses en main à leur façon. Et leur façon, permettez-moi de vous le dire n’était point délicate, bien au contraire. Le plan ? Et bien partir à la recherche du Grand Mal et l’affronter, leur devise ? « Avec l’aide de Dieu ».
   Leurs péripéties, qui vous seront narrées dans un récit ultérieur, ne se sont pas franchement déroulées selon le plan (qui était lui-même très bancale à la base). Pour faire court, la fin de l’aventure c’est terminé dans un déluge d’éclairs et d’incantations mystiques au sommet d’une colline, puis sur l’ouverture d’un monde donnant sûrement sur les Enfers, d’où sont sorti les chronicules (dont ils constateraient l’apparition bien plus tard), autant vous dire que cet échec fût plus que mal perçu par les supérieurs de l’Abbaye.
   Il leur faudrait prendre la route individuellement dans un premier temps, afin de partir à la pêche aux indices. Le Père Pichard lui, avait soumis l’idée d’un livre soi-disant magique, le Necronomicon, qui se trouvait dans un cimetière à plusieurs lieux de l’Abbaye, c’était un bon début avait admis le Conseil. Il lui fallait maintenant préparer son baluchon, sa monture et partir. 
   Ce qui nous amène au début de cette quête. Le Père Pichard, toujours adossé à la grande porte en bois, pensait à l’avenir. Ses amis étaient restés à l’intérieur pour finir d’exposer leurs idées aux Supérieurs et il serait le premier à partir à l’Aventure. Ils avaient voulu défier l’autorité, et ils s’en mordaient les doigts maintenant. Leur quête pour renvoyer les chronicules d’où ils venaient ne serait pas une tâche facile, mais maintenant, le monde allait mal, par leur faute. Ils leurs faudrait être brave, car le conseil avait été clair, pas de retour en arrière, « Quand on casse on paye » stipulaient certaine étale, et bien là, c’était pareil, ils avaient entrouvert une porte sur un monde de mort et de destruction, maintenant, il était de bon ton de la refermer, et ce, même au péril de leur vie.

 

À suivre.... lien vers la Partie II

 

ZoSKiA

 

« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. » 

 

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Commentaires (12)

1. zoskia 23/04/2014

Content que tu aimes Asoth ! Un nouvel épisode arrive d'ici fin de semaine.

2. asoth 22/04/2014

L'abbaye de la grande Poutrasse ! rrrrrrrhhoooooo!
Merci je me rue sur la suite !

3. zoskia 18/11/2013

Content de t'avoir fait marrer mon Raph!

4. Fok 18/11/2013

Le vocabulaire et l'humour qui va bien, les références qui vont biens...
"...ces pères étaient trois glands confirmés."
Barre de rire pdt 2 heures comme un con au bureau...

5. zoskia 18/11/2013

En effet Steve, c'est pour protéger les lecteurs mâle d'Acheron que les trois Pères de l’Abbaye se lancent dans la chasse aux Chronicules! Il est fortement recommandé de dormir avec une coquille pour le moment !

6. Steve_Ryges (site web) 17/11/2013

C'est pour nous sauver des chronicules que vous avez créé ce webzine?! Le monde ne vous sera jamais assez reconnaissant!

7. Seppuku 13/11/2013

Très lovecraftien tout ça ! Vivement la suite !

8. zoskia 10/11/2013

Corrigé!

9. Tankkore 10/11/2013

T'as mis Robuchet, c'est tout !

10. Cook 10/11/2013

L'histoire se met en place, j'attend la suite avec appréhension pour le Père Pichard.

11. zoskia 10/11/2013

Merci mon Tank'! Par rapport à quoi pour Rebuchet?

12. Tankkore 10/11/2013

Trop bien !!! Hâte de lire la suite !! Juste un truc sinon, c'était pas Rebuchet qu'on avait dit ?

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Date de dernière mise à jour : 26/01/2015

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