[Pichard] Le Labyrinthe De Minhus - Partie I

Petit résumé pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi la quête précédente (que vous pouvez retrouver ICI) : Le Père Pichard  revient tout juste d’un cimetière où il s’en est allé querir le Necronomicon, pensant que celui-ci pourrait l’aider à renvoyer les Chronicules de là où ils viennent (c’est-à-dire en Enfer). Seulement voilà, le Livre des Morts n’a pas fait grand-chose à part dévaster le cimetière et faire apparaitre une étrange créature, courte sur patte, au pelage noir et blanc aussi doux qu’une couette en poils de chameaux. Quelque chose a visiblement foiré au niveau de l’incantation…
L’action de ce texte se situe donc directement après cet épisode, Pichard affrontant le courroux de l’Autorité Suprême de l’abbaye, le Père Grossiflard.

Le labyrinthe de minhus

 

I

 

- C’est quoi ça ?


- Quoi, ça ? Il baissa son regard sur la créature qui se tenait droite comme un « I » à côté de lui. Ben je ne sais pas trop, elle est apparue dans le cimetière après que j’ai récité l’incantation.


- Êtes-vous sûr qu’elle ne représente aucun danger ?


- Je ne pense pas, elle ne sait visiblement pas faire grand-chose à part de petits bruits quand elle a faim.


- Gnê !


- Voilà, comme ça…


Les membres du conseil se regardèrent en silence, l’air désappointer.


- Père Pichard, je me doute que faire sortir des animaux d’un chapeau soit votre meilleur tour, mais n’étiez-vous pas censé trouver une solution concernant les chronicules ? Le son de sa voix devenait plus grave.


- Oui mon Père, mais compr..


- SILENCE ! Votre incompétence n’a d’égale que votre idiotie bougre d’imbécile. Le Père Supérieur se leva, les poings posés sur la grande table en bois, une veine prête à exploser en plein milieu du front. Un moulin carbonisé, un cimetière dévasté et maintenant une bestiole sortie d’on ne sait où ? Et faire faire des galipettes sur la place du marché pour pouvoir récupérer quelques piécettes avec votre animal de compagnie débile pendant qu’on y est ?


- Gnê !


- Mon Père calmez-vous… Je vous assure que j’ai fait de mon mieux pour combattre les chronicules. Les événements ne se sont certes pas passés… La voix du Père Pichard mourut dans un silence de consternation, il finit bouche bée. 


  L’animal se sentant apparemment à son aise, décida de quitter son poste d’accusé et d’aller faire une petite exploration de la salle des conseils de l’abbaye comme si personne n’existait. Chacun de ses pas claquaient sur le dallage de pierre et résonnait dans la pièce. À chaque pas de l’animal, le Père Grossiflard prenait une teinte de rouge supplémentaire jusqu’à finir totalement empourprer. De la fumée aurait pu sortir de ses oreilles si cela avait été physiquement possible. Son regard quitta la bestiole pour revenir au Padre.


- Pichard, dit-il les dents serrées, le fixant d’un regard rempli de rage, je vous conseille de faire extrêmement attention à votre place au sein de notre abbaye. Votre dépendance à la boisson entache déjà quelque peu notre image, mais nous arrivons à gérer cela, en revanche si vous continuez à nous couvrir de ridicule en faisant apparaître des animaux, c’est sous un chapiteau que vous finirez, est-ce clair ? 


- Oui mon Père.


- Gnê !


- ET FAITES TAIRE CET ANIMAL !


- Gnê !?


- Il s’appelle Gus…


- FERMEZ LA PICHARD !


- Je ne…


- Gnê !


Un tic nerveux agita l’œil gauche du Père Supérieur, les deux autres assis à ses côtés n’osaient pas intervenir.


- Débarrasser moi le planché tous les deux, je n’en peux plus de vous, et ne revenez pas avant d’avoir trouvé une solution à notre problème, incapable que vous êtes… Et même s’il ne peut plus rien pour vous, que Dieu vous vienne en aide.

  C’est ainsi que Pichard quitta la salle des conseils suivi par son nouvel acolyte à la démarche pataude et clopinante, penchant un coup à droite un coup à gauche. 
Le Père Grossiflard se laissa lourdement tombé dans sa chaise, épuisé par ce bref entrevu. Malheureusement pour lui, Pichard, Robuchet et Gratignole étaient les meilleurs éléments qu’il avait sous la main et il devait s’en remettre pleinement à eux.

 

II

 

  Pichard avait gagné la bibliothèque. Pour sa première quête, il avait plus ou moins fait confiance à son instinct, ce qui au final ne s’était pas révélé franchement fructueux. Il avait décidé de potasser un peu cette fois-ci, histoire de trouver une piste valable, et c’est le nez plongé dans un grimoire à la lueur d’une bougie, un verre de sa boisson alcoolisée préféré à la main qu’il prit conscience que sa prochaine aventure devait se solder par un succès s’il ne voulait pas se retrouver banni de l’abbaye. 


  Après quelques heures de recherches et beaucoup de verres de Brute de Pomme plus tard, son esprit embué commença à lui faire défaut et il se surprit à fixer son nouveau compagnon qui baguenaudait dans la pièce. Gus parcourait les rayonnages sans but précis, s’arrêtait parfois pour regarder au plafond comme si quelque chose d’intéressant s’y trouvait et repartait de plus belle. Une créature vraiment très étrange. 


  Le Père retourna à son grimoire qui était ouvert sur une page présentant une gravure aux couleurs ternies par le temps. Celle-ci représentait un temple, vu de face et pourvu de quatre colonnes, et surmonté d’un toit pointu. Une porte double immense était visible et une tête de taureau gravée était plantée en plein milieu. Au lieu du ciel était dessiné des sortes d’entrelacs complexes formant des chemins menant tous en un seul et même point au centre du dessin. Pichard essaya de suivre l’un d’eux du doigt pour atteindre le milieu, mais en vain, l’alcool lui faisait perdre toute sa concentration. Au-dessous du temple était représentée une créature monstrueuse. Pichard en eut des frissons. La bête possédait tout d’un humain, mais était d’une taille et d’une musculature démesurée, et ce corps à la proportion titanesque était surmonté d’une tête de taureau. Elle tenait dans sa main droite une hache gigantesque et dans sa main gauche une pierre brune luisante d’une lueur faible. Mais ce qui a retenu son attention était que cette même créature était posée sur une montagne de cadavre et de squelette. Un en particulier lui attira l’œil. Celui-ci était pourvu d’une forme assez courte sur patte et dans le prolongement de la colonne vertébrale, se trouvait une grande queue. Pichard eu la confirmation après avoir regardé de plus près les mâchoires du squelette sur lequel était assis le taureau titan. Cette forme si particulière confirma ce que Pichard cherchait. Cette créature antique s’était battue contre les chronicules et était capable de les vaincre. 


  Quand il tourna la page afin de recueillir plus d’information, il fût surpris de ne voir que quelques mots inscrits : « Le Labyrinthe de Minhus » et quand il les prononça à voix haute, Gus, qui s’affairait toujours à marcher sans but, s’arrêta net et se précipita vers lui. La bête bondit avec une étonnante agilité sur la table près du grimoire et pointa le livre de sa courte protubérance qui lui servait de bras ou de main nous ne savons pas trop. Pichard resta interloqué par l’attitude de son compagnon. Il comprit immédiatement ce que Gus essayait de lui indiquer. Ce lieu pouvait être important voir décisif dans son aventure, mais il comprit aussi que cette étonnante bestiole avait la capacité d’entendre et d’assimiler les informations, pas si innocente que ça finalement…


  Les informations glanées furent assez minces. Le grimoire restait vague quant à l’emplacement de ce fameux labyrinthe et encore plus vague concernant la créature qui hantait ce lieu. Ce temple existait-il encore ? Le Taureau était-il toujours en vie ? Le mieux était carrément de s’y rendre. Selon les quelques indications, le bâtiment se trouvait sur les côtes du pays à au moins trois jours de poney adultes.


  Son baluchon, étant déjà prêt de son précédent périple, il ne lui restait qu’à prendre un petit congé de quelques jours afin d’affiner ses recherches, ensuite, il partirait. Mais pour l’heure, c’était d’un repos bien mérité qu’il avait besoin. Le Padre rangea son grimoire, souffla la bougie, bût cul sec son dernier verre et allât mettre la viande sous le torchon selon l’expression, en attendant de partir pour sa nouvelle aventure.

 

 

À suivre....

 

 

 

Zoskia

 

 

 

« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

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Commentaires (3)

1. zoskia 27/10/2014

C'est que le début les copains !

2. Tankkore 24/10/2014

Vivement la suite de l'aventure dans le labyrinthe !!

3. Cook 23/10/2014

J'aime déjà ce petit pingouin, nuls doutes que sans lui la quête des Trois Pères est vouée à l'échec !

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Date de dernière mise à jour : 24/10/2014

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