THE BANNER SAGA


 

Bonjour/bonsoir à vous lecteurs. La chronique d'aujourd'hui est un peu spéciale. En effet le sujet choisi ne s'est pas déterminé par mon envie dévorante de vous faire partager un coup de cœur, mais sur la demande d'un ami. Que l'on soit clair d'emblée, je n'écris pas cet article sous la pression, en fait j'aurais dû l'écrire il y a un ans lorsque j'ai terminé pour la première fois The Banner Saga.

 

 

The banner saga

 

 

The Banner Saga est l'un des rares jeux (car oui c'est de jeux-vidéo dont il s'agit) que j'ai fini moins d'un mois après son acquisition. Parce qu'il faut le préciser, je ne suis pas/plus un gros joueur. Ma critique vidéo-ludique est à prendre à l'aune du temps que je consacre à ce média : « une heure par-ci par-là ». Néanmoins j'ai un passif de joueur assez chargé, donc j'estime avoir tout de même quelques brides de lucidité quand on parle jeux-vidéo. Par contre j'ai une bien plus importante expérience du RPG, Roll Playing Game (ou Jeu de Rôle pour les non-anglophones). Et il me faut vous exposer succinctement ma position par rapport à cette abomination qui sévit depuis très longtemps déjà : le terme RPG dans le monde vidéo-ludique. Qui a déjà joué à un jeu de rôle autour d'une table avec des êtres de chair et de sang, cherchant non pas à copier les stéréotypes assommants de la fantasy et de la science fiction de ces dernières années, mais plutôt à construire un univers avec sa personnalité propre et ses règles, ne peut décemment pas combiner RPG et jeux-vidéo. Ce qui ne fait pas des « RPG » informatiques de mauvais jeux ! Juste qu'il leur manque cet aspect fondamental du jeu de rôle, c'est à dire la communication, théâtrale ou non, entre joueurs/conteurs. Le jeux-vidéo est moins personnel, l'expérience du monde est souvent plus courte (oui, cette cent cinquantième grotte n'est pas un nouvel environnement, surtout si vous poursuivez votre quête générique sans goût).

 

Tout ce pavé me semblait nécessaire puisque le jeu d'aujourd'hui est étiqueté RPG tactique. Hors, à sa date de sortie, le 14 janvier 2014, le genre est foisonnant. Pourquoi avoir choisi celui-là alors ? La réponse est assez simple. Les trois anciens développeurs de BioWare, à la base du projet, ont choisi un univers qui me plaît : un univers médiéval scandinave fantasmé. Là encore, je peux facilement rentré dans l'hypercritique lorsque l'on parle Scandinavie médiévale ou ancienne, je travaille précisément dans ce domaine, donc là-dessus je pense avoir un peu d'expertise. Cependant, dès lors qu'il s'agit d'un monde « fantasmé » ou « imaginé » de cette qualité là, je la ferme et j'apprécie. Le style graphique est à tombé. Il est inspiré par le dessinateur Eyvind Earle, qui a travaillé sur la Belle au bois dormant de 1959. Un des personnages du jeu porte d'ailleurs son nom. Si la mention de Disney vous fait peur, ne vous inquiétez pas, les graphismes ne déterminent pas le contenu du jeu. L'ambiance de The Banner Saga est à la fois prenante et oppressante. On sent, grâce notamment au scénario, que les événements que l'on vit ne sont pas anodins, que le monde subit de grands changements même si pour le moment il est difficile de le percevoir. Un destin funeste se profile à l'horizon, et là je ne vais pas vous faire un cours sur la notion de destin dans la culture scandinave ancienne, mais gardez à l'esprit (et surtout éteignez votre ordinateur et trouvez une bibliothèque pour lire sur le sujet), que cette fatalité que l'on ressent tout le long de l'aventure cadre presque trait pour trait avec la gravité face à la puissance du destin que l'on perçoit dans les textes islandais du XIIème/XIIIème siècle. Pour rester sur l'écriture, je dirais seulement qu'elle est clair et sans fioritures (pas de jargon médiéval ridicule tous les trois mots). Il n'y a qu'à la fin où le moyen d'atteindre l'objectif final m'a paru flou. Mais on peut également m'imputer une certaine étourderie, donc cela venait peut être de moi plus que du jeu. Le tout est baigné dans une eau trouble sonore qui souligne avec justesse les moments forts et qui se fait pratiquement muette lorsque la réflexion passe au premier plan. Sans être inoubliables, les musiques rendent bien les différentes atmosphères.

Le scénario est dense. Je vous parlerai donc de la situation initiale. vous incarnez tour à tour des personnages hommes ou varls (des géants cornus) créés par les dieux. D'abord en guerre les hommes et les varls finirent par s'unir contre une menace commune : les dredges. Ces créatures de pierre tentèrent vainement d'envahir le monde à plusieurs reprises. Lorsque le jeu débute, à une période où les dieux ne sont plus et le soleil reste immobile dans le ciel, l'alliance entre hommes et varls se désagrègent et les dredges font leur retour...

 

Passons maintenant au cœur du jeu : le gameplay. The Banner Saga se découpe en deux phases. La première est la gestion de sa troupe, la seconde correspond au champ de bataille et introduit donc l'aspect tactique du titre.

La partie gestion est loin d'être anodine. Elle se déroule de deux manières différentes. Tout d'abord il y a les dialogues qui déterminent le chemin que vous emprunterez et le résultat des décisions que vous prenez. Il s'agit du seul moment où vous pourrez influer sur le déroulement de l'histoire. Vous avez l'impression que c'est peu pour un RPG ? Je ne pourrais pas vous en tenir rigueur, c'est effectivement peu et la durée du jeu s'en ressent. Néanmoins, l'ensemble est suffisamment solide pour que vous reteniez votre souffle jusqu'au bout. Les dialogues participent grandement à l'ambiance du jeu. Vos choix pourront avoir des conséquences catastrophiques sur l'avenir de votre groupe, alors ne les faites pas à la légère. Au fur et à mesure du récit vous incarnerez différents personnages, humains ou varls, face à des situations plus ou moins difficiles. Dans tous les cas vous aurez la charge d'un groupe de réfugiés qu'il faudra guider jusqu'à sa destination finale. Qu'ils meurent tous et vous aurez perdu.

Le second pendant de la gestion concerne la vie de camp. À différents moments vous aurez l'occasion de vous installer temporairement pour soigner vos blessés, augmenter les statistiques de vos personnages, acheter des provisions et de l'équipement. Le repos sert également à faire remonter la jauge de moral. En effet, suivant la tournure des événements votre groupe, ou caravane dans le jeu, gagnera ou perdra des points de moral. Celui-ci peut être déterminant dans les phases tactiques car il définit les points de volonté (je reviendrais sur la volonté plus loin) à votre disposition au début des combats. L'achat d'objets augmentant les capacités des protagonistes principaux peut également vous donner des bonus non-négligeables pour mener à bien votre quête. Cependant chaque héros ne peut porter qu'un seul artefact dépendant de son niveau.

La partie tactique, elle, se déroule sur un champ de bataille pré-déterminé contre vos adversaires humains ou dredges dans la plupart des cas. Le jeu se déroule au tour par tour, donc chaque personnage pourra agir une seule fois dans l'ordre définit dans une file en bas de l'écran. Lorsqu'il ne reste plus qu'un ennemi vous entrez en mode pillage, c'est à dire que vos héros pourront faire leurs actions avant que votre adversaire ne puisse effectuer les siennes. C'est lors de ces combats tactiques qu'interviennent les caractéristiques des personnages :

 

  • Le niveau de capacité spéciale indique la puissance du pouvoir spéciale.

  • L'armure permet à un personnage de résister aux coups (Wikipedia explique cela très bien : « Les dégâts sont calculés ainsi : Points de force de l'attaquant - Points d'armure de la cible = dégâts infligés. Pour chaque point d'armure de la cible supérieur aux points de forces de son agresseur, les chances de toucher diminuent de 10% »).

  • La force détermine à la fois la puissance de des coups d'un personnage mais aussi ses points de santé, il faut donc retenir que moins un héros a de santé moins il frappe fort.

  • La volonté est très particulière car elle permet aux héros d'augmenter l'une de ses caractéristiques temporairement que se soit l'attaque, le déplacement... Au cours des combats chaque fois qui vous éliminez un adversaire vous remplir une jauge commune à tout votre groupe. Vous pourrez dépenser ces points comme la volonté pour n'importe lequel de vos héros.

  • L'effort est lié à la volonté car plus cette caractéristique et haute et plus un personnage peut dépenser de points de volonté pour effectuer une action.

  • La destruction indique combien de dégât un héros occasionnent à un autre personnage contre son armure, une fois blessé cette statistique ne réduit pas, au contraire de la force.

Chaque personnage possède une classe qui lui donne ses caractéristiques de base et ses capacités spéciales. Malheureusement ces dernières ne sont qu'au nombre de deux par protagoniste : une active, une passive. De plus ce n'est pas le joueur qui choisit la classe des personnages, cependant il a le choix d'utiliser tel ou tel héros dans son groupe suivant son humeur ou la situation. Dans l'ensemble mieux vaut privilégier la force et la destruction pour arriver à bout de vos adversaires. Dès qu'un personnage est trop faible faites-le utiliser sa destruction pour donner plus de chance vos autres guerriers de finir le travail. L'aspect tactique n'est donc pas parfait et peut paraître un peu faiblard. C'est le cas. Cependant, au vu de la durée du jeu, ce n'est pas non plus handicapant, et certains affrontements vous donneront du fil à retordre.

 

Finalement The Banner Saga est bien plus porté par son histoire et son ambiance que par ses choix en matière de gameplay. Je dois pourtant insister sur cette idée de caravane qui est excellente tant sur la plan de l'implication du joueur (voir dépérir sa troupe à cause de la faim et de la maladie ça vous fout un coup au moral aussi bien dans le jeu que dans la réalité). Et c'est cet élément qui fait de ce jeu un RPG relativement digne de ce nom (cf mon laïus à ce sujet) plus que tout autre chose. La suite est en préparation, la fin de cet opus est loin de clore le scénario (il ouvre même plutôt sur une multitude de possibilités), et je l'attends avec impatience.

 

 

Cook

 

 


 


 

 

Développeur : Stoic

Année : 2014

Genre : RPG/Tactique

Supports : Android, PlayStation 4, iOS, PlaySatation Vita, Microsoft Windows, Linux, MacOS


 

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Date de dernière mise à jour : 08/12/2015

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