REMEMBER ME

pas si inoubliable


 

Une fois n'est pas coutume on va parler jeu vidéo sur Acheron. Car oui on a essayé de vous le cacher mais on est aussi une bande de geek sur ce site obscur de parias édentés (en vrai les chroniqueurs ne sont vraiment pas beau à voir c'est pour ça que le format écris nous va si bien). Vu que le secret était aussi bien gardé que la recette de la moutarde (j'ai galéré pour trouver une comparaison) je ne vois pas beaucoup d'étonné parmi vous. En plus de ma faculté next-gen de voir mes lecteurs derrières leur petit écran j'ai la capacité d'allonger inutilement mes débuts de chroniques. Donc changeons la tradition et rentrons directement dans le vif du sujet.

Je ne pouvais décemment pas écrire ma première chronique vidéo-ludique sur une bouse monnaie courante de la production actuelle. Pourtant je vais bien parler de jeux récents. Et non pas d'indé inconnu qui met une baffe aux grosses productions sans goût. Aujourd'hui on va discuter terroir et « bon » jeu avec REMEMBER ME des studios Dontnod Entertainment et distribué par Capcom. J'ai presque huit mois de retard mais il faut savoir que je ne suis pas un gros joueur. Enfin bref, je viens de finir le jeu en question et je suis à la fois enthousiaste et réticent à en parler. De plus des chroniques sur ce genre d’œuvre je n'en ai jamais écris. Je me sens tout fébrile et fragile comme à l'orée de chaque nouvelle expérience, un peu comme un fanboy limité devant le premier épisode du Trône de fer... Ahah j'aime vous entendre crier derrière votre ordinateur et m'insulter copieusement. Au final ce n'est pas si différent que tout autre chronique.

 

Remember Me

 

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles REMEMBER ME est une bonne entrée en matière. Tout d'abord Alain Damasio et Stéphane Beauverger ont écris le scénario (plus les dialogues pour l'auteur du Déchronologue). Déjà là je me devais de jouer à ce jeu étant amateur des univers des deux comparses. Pour un petit rappel j'ai déjà écris un article sur M.Beauverger auquel je vous renvois. Pour M.Damasio je n'ai pas encore eu le courage de m'atteler à la tâche, je me sens encore trop petit pour ne serait-ce qu'effleurer le travail de cet écrivain et j'aimerais rendre toute la majesté de son œuvre si un jour j'ai la témérité de m'attaquer à la rédaction d'une chronique. A lire absolument pour ceux qui sont un peu lent. Bon okay, deux pointures pour le scénar, mais cela en valait-il vraiment la peine ? Plus que le scénario lui-même qui n'a rien d'extraordinaire, même si un lot de surprises est à prévoir (en promotion en plus !), c'est les thématiques et les idées qui touchent à l'environnement du jeu qui possèdent cette patte si spécifique à ces écrivains qui vous tiennent en haleine. Venons en à du concret d'ailleurs. Le jeu se passe dans le futur, vous êtes une ex-chasseuse de mémoire (j'y reviendrais) amnésique (original ! Nan mais l'explication est plus que satisfaisante alors ça passe. C'est ce qu'a dû se dire Martin quand il c'est lancé sur l'écriture du Trône de fer, promis c'est la dernière). Dans le Paris futuriste décrit visuellement tout le monde possède un système relié à sa mémoire lui permettant de gérer ce qu'elle contient. On peut donc oublier des événements tragiques et graver à jamais des moments heureux et ainsi vivre en toute quiétude. Néanmoins certaines pathologies et abus font également leur apparition. Un groupe entre en rébellion face à cet état de fait et tente de mettre un terme à cette manipulation des mémoires. Plutôt alléchant non ? Surtout que là je vous donne la situation de base mais évidemment les choses vont s'envenimer ce qui sera l'occasion d'en apprendre plus sur le fonctionnement complexe de cette société de la fin du XXIème siècle. Un régal ! Le jeu est divisé en « épisode » qui divise l'histoire de manière assez logique même si un peu artificiel. Les doublages français sont très corrects ce qui renforce l'immersion. Quand aux musiques elles font parties des plus marquantes que j'ai entendu ces dernières années dans le domaine mélangeant électro aussi bien minimaliste que grandiose avec des orchestrations de toute beauté. La BO ce suffit à elle-même.

Les graphismes sont représentatifs de ce qui se fait aujourd'hui dans le domaine du photo-réalisme, même si on garde ici des effets encore très virtuels ce qui n'est pas pour me déplaire. Le game design est simple dans le sens où le jeu est un couloir magnifiquement décoré, là encore je trouve ça plutôt plaisant. Un open world aurait gâché le travail artistique qui touche le visuel de ce jeu. Tout est parfaitement intégré aux paysages que vous découvrez avec cette atmosphère aseptisée qui fait beaucoup penser à MIRROR'S EDGE d'Ubisoft. Des lieux tel que le Slum 404 donne une vision plus pots-apocalyptique de l'aire de jeu. La variété des décors est limitée, néanmoins la modélisation de Paris laisse un arrière-goût de réalisme comme si vous déambuliez dans une ville lointaine qui aurait évolué plus vite que ses homologues terrestres tout en gardant une forte personnalité liée à son histoire.

Maintenant penchons-nous sur le cœur d'un jeu vidéo : son gameplay. Là mon sentiment est plus mitigé. On sent la volonté des développeurs de faire une œuvre multi-plateforme à comprendre que les possesseurs d'ordinateur devront sûrement jouer à la manette pour pouvoir profiter pleinement du gameplay. Triste. Mais ce n'est pas si grave car dans l'ensemble le personnage répond bien et une certaine largesse dans la précision permet une bonne maniabilité. Mais pas toujours ! Avant d'entrer dans les détails il faut savoir que le jeu se divise en deux phases : une première phase de plateforme exploration et une seconde de combat en arène.

Commençons par la plateforme. Elle sert en fait de liant entre deux zones de combat et/ou une cut-scene. Sans réelle intérêt elles permettent au moins d'apprécier le level design et les décors somptueux pour certains. Il s'agira souvent de suivre de grosses flèches orangées qui vous laisseront complètement perdues une fois qu'elles auront disparu. Je m'explique car mon propos est un peu flou. Lorsqu'on est assisté dans un jeu, on prend l'habitude de suivre les indications bêtement. Parfois on tente une petite virée hors des sentiers et on se rend vite compte qu'on ne peut pas aller bien loin. Hors si maintenant l'assistance disparaît au plein milieu d'une phase que tout le décor semble inaccessible trouver votre chemin devient un calvaire. Bon ce n'est qu'une petit gêne passagère mais déjà que l'assistanat dans les jeux récents est une plaie si en plus elle est mal faite où va-t-on ? A ceci s'ajoute la recherche d'améliorations et de bonus qui développent l'univers du jeu. Là aussi grosses erreurs à mon sens. Certes ça rallonge la durée de vie (artificiellement) et on récompense le joueur qui veut absolument finir sa partie à cent pour cent, mais de l'autre côté on frustre pas mal d'autres joueurs dont moi. Pourtant je suis adepte du jusqu'au boutisme vidéo-ludique, cependant je vois l'intérêt de ce genre de pratique que dans le cas où on met vos capacités à rude épreuve et non pas dans la recherche frénétique d'objets stupides. De plus les améliorations à trouver ne sont pas spécialement utiles, j'ai personnellement fini le jeu sans passer mon temps à fouiller le moindre recoin sans problème.

La phase combat un peu plus intéressante n'est malheureusement pas exempte de défauts. Mais voyons déjà les points positifs. Le système de combo à construire soi-même est une bonne idée malgré le peu de possibilités laissées au joueur. On revient souvent aux combos simples et efficaces pour débloquer les capacités spéciales dévastatrices glanées au fur et à mesure de l'aventure. Certaines doivent être utilisé obligatoirement contre certains ennemis ce qui vous oblige à orienter votre stratégie dans quelques affrontements. Pourquoi pas ? De plus les boss vous demanderont également un peu de réflexion pour optimiser vos assauts. Rien d'incroyable encore mais le tout fonctionne bien. Une touche vous permet d'esquiver lorsqu'un énorme point d'exclamation apparaît au dessus de vos adversaires. D'ailleurs vous allez l'aimer ce « ! » tellement la mêlée peut vite tourner au joyeux bordel qui est l'un des points noirs du gameplay à mon sens. Il devient assez difficile dans certain cas de cibler convenablement un ennemi prioritaire avec une arme à distance rendant quelques passages laborieux.

J'allais oublier le remixage mémoriel ! Vous aurez quatre fois dans le jeu l'occasion de changer les souvenirs de différentes personnes pour modifier leur comportement. Il s'agit en fait d'interagir avec des éléments prédéfinis dans une petite scénette pour obtenir l'effet escompté que l'on vous indique en début de phase. L'idée était louable la mise en œuvre beaucoup moins. La maniabilité est catastrophique et entendre pendant vingt minutes la même scène se répéter parce que vous ne parvenez pas à trouver le bon enchaînement pour accomplir l'objectif c'est comment dire... comme un épisode... Humpf... Lâchez-moi !

Une dernière phase qui n'en est pas vraiment une est celle des QTE (quick time event pour les néophytes) qui sont ma bête noire. Ils sont responsables de quatre-vingt dix pour cent de mes morts parce que je suis du genre à ne pas faire attention aux gros boutons qui s'affichent laidement sur mon écran pendant un cinématique jouissive. Le gameplay est au final bien pensé et assez riche, enfin pour ce qui est des phases de combat.

Pour conclure REMEMBER ME m'a fait passer un bon moment (une dizaine d'heures), cependant c'est bien plus la partie scénario et mise en scène que j'ai le plus apprécié. Ce qui pour moi est une anomalie pour un jeu vidéo où le gameplay est la base de tout. Je me faisais la réflexion en jouant que j'aurais sans doute préféré voir un film d'animation proposant une expérience semblable qu'un jeu finalement assez commun dans ses mécaniques et sa progression.

 

Cook


 


 

Développeur : DONTNOD Entertainment

Editeur : Capcom

Année : 2013

Genre : Action / Aventure

Supports : PS3 / Xbox 360 / PC


 

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Commentaires (6)

1. zoskia 18/01/2014

Rien d'étonnant c'est souvent le cas sur MAC! De toute façon j'ai un pc maintenant :)

2. Cook 18/01/2014

Rectification ils "pensaient" le sortir sur Mac, je ne sais pas si ça a été confirmé.

3. zoskia 18/01/2014

Bonne chro poto! Disponible sur Mac? Y va pleuvoir d'la merde!!!

4. Cook 18/01/2014

Disponible sur Xbox, PS3 et Mac également.

5. Tankkore 18/01/2014

Excellente chro copain, t'as débroussaillé le jeu comme un chef ! Du coup ça donne envie d'en faire une ;)

6. MrGuitoune 18/01/2014

Le jeu comment tu le racontes à l'air excellent! Le Scénario est vraiment géniale, sérieux c'est bien pensé et originale! Après je suis pas un geek ou quoi m'enfin, ça donne envie d'y jouer! Ensuite, c'est juste sur PC c'est ça?
Rien que pour l'histoire, ça donne envie d'y jouer en tout cas

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Date de dernière mise à jour : 25/03/2015

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