DEUS EX : Human Revolution

l'homme est la machine


 

Deus ex human revolution

 

Les signes ne trompent pas… les éléments concordent parfaitement… les astres sont à leur exact emplacement… même un trait de lumière vient éclairer mon clavier,  maintenant tout est clair, il faut que je vous parle de Deus Ex : Human Revolution ! Mais quels signes, quels éléments, quels astres ? Premièrement, deux films à l’affiche en ce moment, avec tout d’abord l’excellent biopic Imitation Game de Morten Tyldum, qui relate, à travers le travail incroyable de Alan Turing, les premiers pas vers l’intelligence artificielle, et le très bon film de Science-fiction Chappie de Neill Blomkamp, où un ex-robot-flic se voit implanter une conscience totalement virtuelle. Deuxièmement, l’émission 28 Minutes d’Arte du mardi 24 mars qui était consacrée au transhumanisme et au progrès sur l’augmentation des capacités du cerveau humain par le biais d’implants électroniques. Et tout cela arrive juste lorsque j’ai terminé le troisième volet de la série Deus Ex, nommé Human Revolution. Le rapport ? Le héros du jeu est un ex-flic devenu chef de la sécurité d’une entreprise de biotechnologie devenu majoritairement augmenté physiquement à l’aide de prothèses cybernétiques suite à une attaque. Tout est lié je vous dis !

 

Premier projet du studio de développement Eideos Montréal, ce troisième titre sorti en 2011 est un préquel aux deux précédents opus de la série, à savoir Deus Ex (2000) et Deus Ex : Invisible War (2004), et aura une suite Deus Ex : The Fall (2013) développé exclusivement sur iOS et Android. Un bon point puisqu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir terminé les deux premiers épisodes pour comprendre la conspiration qui se trame dans le monde de la biotechnologie.

Dans ce Human Revolution, nous sommes portés dans le Detroit de 2027, sous les traits d’un ancien agent des SWAT, Adam Jensen, aujourd’hui chef de la sécurité de la multinationale Sarif Industries, spécialisée dans l’augmentation cybernétique des êtres humains. Au tout début du jeu, Adam ne porte aucune prothèse électronique et est envoyé dans un laboratoire de l’entreprise attaqué par un groupe de mercenaires. Pas de menu, pas de jauge de vie,  pas de carte, vous avez juste votre arme et votre sang-froid pour avancer dans les couloirs du laboratoire en feu jusqu’à ce que vous soyez grièvement blessé par ces satanés mystérieux soldats augmentés. C’est alors que survient le générique, très travaillé, pour annoncer le véritable commencement du jeu, comme dans tout bon film d’action/espionnage. Vous avez survécu à l’attaque mais vous êtes maintenant complètement augmenté physiquement, des pieds à la tête. Le chef de la sécurité, aujourd’hui transformé en une sorte de super-soldat, va devenir un agent secret au service de Sarif Industries puis, peu à peu, au service de la vie humaine vu de la machination mondiale que l’on découvre au fur et à mesure. Effectivement, Deus Ex : Human Revolution fait partie de ces jeux cinématographiques - à l’instar de la série culte Metal Gear Solid - où le scénario, à forts rebondissements, occupe une place aussi importante que les graphismes et le game-play. Difficile de ne pas voir dans ce Human Revolution une critique de notre monde actuel à travers des méthodes qui le seront bientôt. Les multinationales se battent pour avoir le monopole des implants cybernétiques et font des recherches confidentielles sur des projets militaires, les citoyens s’opposent entre pro et anti-augmentations, les porteurs d’implants sont accros à la neuropozyne pour éviter les rejets ou sont sujets de racisme… des problèmes que l’on connaît déjà aujourd’hui mais qui sont retranscrits dans un avenir proche. De plus, malgré la technologie avancée, les villes semblent encore plus sombres et poisseuses qu’auparavant, accentuant également les écarts sociaux ; la moitié des gens que l’on croise (avec qui l’on peut interagir, gros travail de développement) sont des punks, des clochards, des prostitués ou des membres de gangs. Vous, vous serez perpétuellement en train courir dans les rues sales pour dégoter des informations et de faire cracher la pastille aux chefs d’industrie magouilleurs. D’ailleurs, si votre mission principale est de découvrir qui est à l’origine de l’attaque contre le labo de Sarif Industries, de nombreuses missions annexes vous sont proposées par certains personnages à ne pas manquer, rajoutant ainsi une durée de vie plus que conséquente.

L’atout principal de Deus Ex : Human Revolution est qu’il n’est pas coincé dans le carcan d’un style de jeu spécifique mais qu’il pioche des idées dans différents genres pour créer un game-play unique et loin d’être rébarbatif. Ainsi, si au premier abord le jeu s’avère être un FPS (First Person Shooter) de plus plongé dans un univers futuriste mais proche de la réalité, on va rapidement comprendre qu’il faut mieux la jouer de façon discrète, pour éviter d’user trop de munitions (même si elles sont assez abondantes,) ou de rameuter des ennemis supplémentaires en cas de détection. Bref, l’infiltration est une partie importante du jeu et pour cela les nombreux conduits d’aération et les hauteurs vont seront grandement profitables (un autre rapprochement avec la série Metal Gear Solid et celle de Splinter Cell pour l’occasion) ainsi que le menu rapide pour changer d’arme principale et secondaire ou recharger vos cellules énergétiques. S’en suit l’utilisation des implants cybernétiques, car effectivement ils ne sont pas justes là pour faire craquer les filles (oui, on à la classe dans le jeu !) mais également pour augmenter les capacités physiques du héros. Comme dans tout bon jeu de rôle, le joueur n’a, au début, aucune de ces capacités fonctionnelles, il va donc falloir  gagner des points d’expérience au cours de l’aventure pour pouvoir débloquer des points d’augmentation et ainsi choisir quels implants faire évoluer. Votre corps étant presque totalement cybernétique, vous avez un large choix de possibilités : soulever des objets plus lourds, sauter plus haut, sprinter plus vite, agrandir votre inventaire, avoir plus de piles énergétiques, voir les ennemis à travers les murs, devenir invisible pendant quelques secondes, améliorer votre niveau de hacking,… et bien d’autres. Un choix très vaste qui s’avère une des premières difficultés du jeu tant toutes les prothèses à augmenter ont leur importance. Pour rester dans les rouages des RPG, il est également possible d’améliorer les différentes armes que l’on possède avec des kits trouvés ou achetés à des marchands.

D’autre part, Deus Ex : Human Revolution fait la part belle aux nouvelles technologies et au système de hacking, bien avant la sortie tonitruante, l’année dernière, du Watch Dogs d’Ubisoft. Assez évoluée, la méthode de piraterie informatique va devenir de plus en plus complexe à mesure que l’on avance dans le jeu, il est donc important d’améliorer rapidement son implant neural pour être au niveau requis. Vous pourrez ainsi entrer dans les nombreux ordinateurs pour récupérer des mails importants, désactiver les systèmes de sécurité et même retourner les robots et tourelles armés contre les ennemis. Dernier point, l’interaction entre le héros et les personnages principaux est cruciale, comme dans beaucoup d’autres jeux récents. En effet, vous pouvez adopter différentes attitudes, traduites par des réponses adaptées à chacune d’elles, ce qui agit sur le comportement de votre interlocuteur. Le concept est tellement pointu qu’une amélioration vous permet d’analyser la psychologie de ce dernier et vous aide stratégiquement à le pousser à dévoiler tous ses secrets. Ingénieux et véritablement prenant !

À part quelques textures grossières, visuellement, Eidos Montréal a effectué un travail de qualité pour donner vie à ce monde dédaléen à plusieurs niveaux, souvent nocturne, où le héros circule du haut des immeubles de Hengsha City (ville insulaire au large de la Chine) aux égouts de Detroit. Le menu fluide et instinctif permet de switcher assez rapidement entre les détails de vos missions, votre stock d’objets, vos implants cybernétiques et votre carte, le tout dans un design ocre/doré simple et efficace. Enfin, l’habillage sonore se pare d’une musique électronique discrète mais bien présente, parfait pour se plonger dans les méandres des rues de 2027 tout en restant à l’écoute des sons de la ville.

 

Tankkore


 


 

Développeur : Eidos Montréal

Éditeur : Square Enix

Année : 2011

Genre : FPS / RPG / Infiltration

Support : PS3 / Xbox 360 / Wii U / PC / Mac


 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (1)

1. Cook 01/04/2015

Bonne chro pour un bon jeu (avec toutes les critiques dont je t'avais fait part). Là où je te rejoins c'est surtout au niveau de la mise en scène et du déroulement général du jeu, c'est bien mené cette histoire ! Après niveau gameplay... Bah c'est comme 99% des grosses sorties à mon avis (et je ne suis pas un gros joueur nostalgique du "bon vieux temps"): mou et assez laborieux.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 08/04/2015

Rejoignez nous sur Facebook!