Loïc Bugnon pour le BLOODY WEEK-END FESTIVAL


 

Pour la première interview d'Acheron, Zoskia s'est penché sur un festival de genre : Le Bloody Week-end. Depuis maintenant 5 ans, cette réunion d'adeptes (ou non) de Fantastique ne cesse de grandir et attaquera en 2015 un nouveau chapitre de son existence. Acheron est allé à la rencontre (par mail en fait...) de Loïc Bugnon, l'homme qui tire les ficelles et créateur de l'événement.

 

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1 - Salut Loïc. On va commencer avec une question à laquelle tu ne pourras pas échapper, mais peux-tu nous présenter ce festival qu'est le Bloody Week-end ?

 

Le Bloody week-end est un festival International du film fantastique. Je l’ai créé en 2010 avec ma compagne. Le festival se déroule une fois par an à Audincourt (Franche-Comté), sur 3 jours (vendredi, samedi et dimanche). C'est surtout un événement culturel réunissant d’un côté une compétition internationale de courts-métrages avec un jury de professionnels et de l’autre une convention du film fantastique qui rassemble chaque année plus de 80 artistes (peintres, maquilleux, sculteurs, auteurs). Les passionnés du cinéma fantastique et néophytes se retrouvent aussi autour de projections longs métrages, de conférences, des rétrospéctives en l'honneur des invités, animations (théatre, magie, spectacles, cosplay, quiz....)

 

2 – Peux-tu nous expliquer quel est ton rôle dans l'organisation du festival et quelles sont les grandes lignes à suivre pour donner vie à un tel événement ?

 

Mon rôle est surtout de faire la programmation artistique du festival, avec la sélection des courts-métrages en compétition, mettre en place les conférences, animations diverses sur le festival, constituer un jury pour la compétition de courts-métrages, mais surtout rechercher nos futurs exposants, ce qui me prend le plus de temps.

Pour moi, il n’y a qu’une ligne à suivre… Savoir se renouveler chaque année dans la programmation, tout étant différent des autres festivals, et tout en gardant le côté populaire, élément essentiel de notre festival.

 

3 – L'édition présentée au mois de mai sera la sixième. Y a-t-il des changements par rapport aux éditions précédentes ? Peux-tu nous expliquer le déroulement du festival ?

 

Pas de changement par rapport aux éditions précédentes, comme chaque année, on reste fidèle à notre programmation éclectique, tout comme au site du festival, endroit idéal, par sa grandeur, avec un côté convivial très verdoyant et surtout très accessible aux personnes à mobilité réduite.

Le festival se déroule sur trois jours, vendredi, samedi et dimanche.

Une grande salle de 1300 m2 accueille nos exposants sur les 3 jours, ouverte du matin au soir avec différentes animations, concours cosplay, scream queen, tombola, body painting etc….

Une salle de projection, pour les conférences, débat, quizz vidéo, compétition de courts-métrages, et les long métrages.

 

4 – Comme toutes personnes organisant ce genre d'événement, tu dois être extrêmement fier de voir ton festival grandir au fil des ans. Comment le vois-tu évoluer dans le futur et quel bilan tires-tu de ces éditions passées ?

 

Oui, c’est bien plus qu’une fierté …

C’est surtout le fait d’être un festival qui s’installe sur la durée et pas un festival éphémère.

 

Dès sa création, j’y ai toujours cru, même s’il a fallu « lutter » contre certaines personnes réticentes au projet. Nous avons su rebondir chaque année.

Aujourd’hui, je me dis que tout est finalement possible, il faut de la volonté et surtout garder en lumière cette flamme, qui s’appelle la passion !

Les éditions précédentes ont toutes été différentes pour moi, elles restent de belles éditions, pour lesquelles je ne regrette rien. Nous avançons en s’améliorant à chaque fois. On regarde vers l’avant, on se dirige vers de belles choses à faire pour les futures éditions.

Je le fais aussi pour mes enfants plus tard, une sorte de trace comme le petit poucet avec ses cailloux…

 

5 – Le Bloody Week-end c'est aussi beaucoup de choses en parallèle du cinéma notamment avec la présence d'artistes (sculpteurs, maquilleurs, photographes, etc.). Comment se passe le choix des artistes présents sur le festival ?

 

Je ne choisis pas mes artistes en fonction du thème proposé au festival et je ne refuse jamais des artistes qui veulent absolument revenir chez nous ! Cela serait dommage, mais j’essaye toujours de renouveler les exposants, d’en trouver de nouveaux, de jeunes talents..  C’est pour cela que je pars régulièrement dans d’autres festivals en Europe à leur recherche !

J’aime la rencontre avec nos futurs artistes, avoir un contact direct, leur parler, découvrir leurs talents propres.

C’est aussi la ligne directrice du festival, la convivialité et le partage, le côté humain, la passion tout simplement.

 

6 – Tu pourrais nous en dire plus sur l'édition 2015 ?

 

Je ne dévoilerai rien , il y aura de belle surprises comme pour les éditions précédentes c’est une 6eme édition qui va vraiment être FANTASTIQUE en tous points !

 

7 – Le Bloody Week-end est avant tout, un festival où s'affrontent des courts métrages, qui lève le voile sur certains jeunes réalisateurs. Quel impact médiatique le festival peut-il avoir pour eux ? Peut-il les aider à se faire connaître ?

 

La plupart du temps ce sont des premiers courts-métrages. Le but de cette compétition est de faire connaître ces jeunes réalisateurs qui viennent la plupart du temps de différents pays. Le côté international de la compétition se retrouve dans la sélection mais aussi par les membres du jury, qui viennent de l’international.

Pour les courts primés, l’impact est fort, c’est une formidable reconnaissance par notre jury de professionnels et du public, et cela permet un bon point de départ pour présenter leurs courts dans d’autres festivals, une sorte de tremplin .

 

 

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8 - Considères-tu que les festivals comme les Bloody Week-end sont important pour faire avancer le cinéma ou est-ce juste l’occasion de boire une mousse entre passionnés ?

 

Oui, notre festival est très important pour ce genre de cinéma et pour les personnes qui gravitent autour, que ce soient les exposants, réalisateurs, artistes du spectacle. Tout ce petit monde se rencontre, et crée de nouveaux projets !

Pour toutes ses personnes venues de toute la France, c’est un lieu où on se retrouve, on échange notre passion commune en faisant d’autres rencontres, et comme tu le dis, c’est l’occasion aussi de boire une ou plusieurs mousses. Le BWE, pour moi, c’est un petit Woodstock du cinéma de genre ! Comme je le dis souvent, tout ne se déroule pas exclusivement sur le net, ne perdons pas ce côté populaire et humain, faisons vivre ce genre de festivals.

 

9 – Petite question polémique maintenant. Que penses-tu de l’industrie du cinéma à l'heure actuelle ? Selon toi, internet est-il en train de tuer le cinéma et comment vois-tu son avenir ?

 

Il fallait adapter le cinéma à la révolution numérique, et ce n’est pas toujours évident pour différentes raisons. Internet est arrivé dans nos foyers avec son lot de bonnes choses et surtout de mauvaises comme le piratage. Aujourd’hui, je pense que la piraterie a participer à l’exécution du marché vidéo.

Bon, le piratage, ça ne date pas d'hier ! A l’époque les cassettes VHS vierges vendues étaient utilisées pour faire des copies de film.

Je vois un avenir sombre en ce qui concerne le réseau de distribution vidéo, en plus de ça, je ne suis pas un fan des plateformes de téléchargement en ligne. ll y aura bientôt moins de films, de producteurs, de distributeurs indépendants.

Pour résumé, je vois un avenir un peu sombre, comme pour notre cinéma de genre Français, même si la "résistance" est présente .

 

10 – Passons à la partie un peu plus personnelle maintenant. Peux-tu nous dire comment tu es tombé dans la marmite du cinéma quand tu étais petit ? Quel est ton tout premier souvenir cinématographique ?

 

Je suis tombé dans la marmite à l'âge de huit ans en visionnant le film de William Friedkin, L'Exorciste, lors d'une soirée soi-disant interdite en deuxième partie de soirée sur France 3. On en avait beaucoup parlé à l'école avant et quand est venue la diffusion, je me suis caché derrière le canapé et j'ai regardé les quarante premières minutes. Bon le début ,il ne se passe pas grand-chose, voire même plus ou moins rien du tout (rires), mais ça m'a interpellé et j'ai voulu voir la suite. J'y suis parvenu quelques mois plus tard et puis après ça, tout s'est enchaîné : il y a eu les fanzines, les séries télé, l'époque de la VHS. D'ailleurs je regardais quasiment une VHS par jour ! Mais le vrai déclic ce fut vraiment L'Exorciste, qui m'a donné envie d'en savoir plus, pourquoi il était "interdit". C'est comme les sorties de René Château, "les films que vous ne verrez jamais à la télévision", ça fait monter l'intérêt! Et quand t'es gamin et qu'on t'interdit un truc, t'as forcément envie de le voir, j'avais envie de découvrir ce qui se passait derrière cette barrière. Et puis les visuels des VHS donnaient envie, je me souviens encore des rideaux roses des vidéoclubs locaux. Le rideau rose à l'époque, c'était pas que pour le X! Ils étaient roses aussi remarque (rires). Mais oui, maintenant je collectionne les figurines mais à l'époque c'était les VHS, j'en avais partout : Face à la mort, Cannibal Holocaust, Zombie… J'avais même parfois peur de retourner les cassettes par rapport aux photos derrière ! Tout ça m'a permis d'entretenir cette passion autour de ce cinéma, qui m'a beaucoup aidé par ailleurs. J'étais quelqu'un de très timide et c'est grâce à lui que je suis sorti de ma bulle. On dit souvent que le cinéma d'horreur ça envoie les gens dans quelque-chose de noir mais moi ça m'en a fait sortir, et ça m'a vraiment permis de m'ouvrir aux autres. D'ailleurs j'essaie d'éduquer mes enfants à cette culture là, mon aînée de 8 ans a fait sa première Zombiewalk et elle n'en est pas ressortie traumatisée!

 

 

11 – Quel est ton genre de prédilection ? Qu'est-ce qui t'attire dans ce genre ?

 

Dans mon cas, je n’ai pas un genre de prédilection propre, j’aime tous les genres ! Par contre, je me délecte pas du cinéma gore, même si c'est un sous-genre, ce n'est pas vraiment dans mes tripes ! 

 

12 - Ton personnage de film préféré / ton réalisateur préféré ?

 

Pour mon personnage de film préféré, bien entendu c’est un grand boogeyman plus connu sous le nom de Michael Myers. Pour le réalisateur  l’un ne va pas sans l’autre, je citerai Mr John Carpenter.

 

 

 

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13 – Le DVD que tu offrirais à ton pire ennemi ?

 

Je n’ai pas vraiment d’ennemi ! Mais pour répondre à ta question, je lui offrirai le film Fog de Rupert Wainwrigh (2005) un très, très mauvais remake du film de John Carpenter (qui est celui-ci un chef d’œuvre), avec ça mon ennemi ne s’en remettra pas !

 

14 – Comme tu as pu le voir, Acheron traite aussi de musique et de littérature. Si je te demandais, comme ça, de me donner un album et un livre que tu aimerais conseiller, ce serait lesquels ?

 

Au niveau de l’ouvrage, je vais faire un peu de pub pour une personne que l’on a reçu au festival cette année, pour une conférence autour de son livre De chair et de sang  : Arnaud Bordas, critique cinéma. Dans son livre, il revisite donc les plus grands méchants du cinéma d’horreur, des années 1960 à nos jours, de Norman Bates à Michael Myers en passant par Jeepers creepers etc….Un ouvrage incontournable pour tous les fans de cinéma de genre et de culture populaire.

 

Pour l’album en ce moment ça sera COLDPLAY, Ghost Stories, un groupe britannique que j’apprécie par sa tonalité mélancolique et douce que l’on retrouve bien sur cet album.

 

15– Bon, et maintenant la question de l’île déserte, mais je ne te ferais pas l'affront de te demander qu'un seul film, mais....disons...4 ou 5 (oui cette question est un top five déguisée)

 

Alors ça va être facile !

 

L'Ile du docteur Moreau d’Erle C. Kenton (1932) on reste sur une île ! Et puis, c’est surtout une des meilleures adaptations du roman.

 

Shining de Stanley Kubrick (1980) on refroidit l’atmosphère pour mon film de chevet !

 

Suspiria de Dario Argento (1977) pour mettre un parfum de terreur italienne dans mes nuits tropicales.

 

Les dents de la mer de Steven Spielberg (1975) pour se faire un peu peur en nageant autour de cette île !

 

En conclusion La créature du lac noire de Jack Arnold (1954) en espérant voir Julie Adams sortir de l’eau !

 

 

16 – Si Hollywood arrêtait de produire des blockbusters et qu'il laissait plus de place aux autres, qu'aimerais-tu voir plus souvent à l'affiche ?

 

Ça serait le rêve dis donc ! J’aimerais voir plus de films européens. Je parle de cinéma dans toute sa généralité et pas seulement de cinéma de genre, mais Hollywood peut-il se désintoxiquer du blockbuster ? Ça, j’en doute fortement, il y a un marché pour ce genre de films, le public est présent en masse mais au bout du compte on est dans une consommation excessive, où pour ma part, je ne trouve ni la qualité ni la saveur ! On ne saurait masquer la faiblesse persistante du cinéma européen face à la machine de guerre hollywoodienne.

 

 

17 – Question bonus : Si je te dis que mon film de chevet est Planète Terreur de Robert Rodriguez, que me réponds-tu ? (Attention à la réponse si tu veux que l'interview soit publiée...)

 

Je te réponds qu’il est en bonne place dans ma dvdthèque… J’ai d’ailleurs deux personnages du film : RoseMcGowan et Quentin Tarantino en version figurine (17 cm).

En ce qui concerne le film en lui-même, j’ai adoré, c’est un profond hommage à la culture grindhouse, on ne s'ennuie pas une seconde, les dialogues sont géniaux, c'est gore, drôle et délirant ! bref, du grand Rodriguez !

 

18 – Loïc, merci d'avoir répondu à nos questions, je te laisse le mot de la fin.

 

Une petite citation : Je ne retomberai jamais en enfance, j'y suis toujours resté.

Merci encore pour cette interview en vous donnant rendez-vous au Bloody week-end 2015.

 

 

 

Zoskia

 

 


 

 

Sites du festival : www.bloodyweekend.fr

 

Page de l'évènement : www.facebook.com/events

 


 

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Commentaires (3)

1. zoskia 19/09/2014

Si tu es chaud Cook on prévoit d'y aller avec Tank', fait signe avant le 30 septembre pour les réservations du camping.

2. Cook 18/09/2014

Je viens de lire l'interview (toujours dans les temps je vous dis). C'est vrai que ça m'a l'air sympathique comme tout ce festival.

3. Tankkore 14/09/2014

Excellent interview, ça sent le festival de passionnés, on va essayé d'y aller du coup !!

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Date de dernière mise à jour : 11/03/2015

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