[Portrait] ARKONA

Arkona

 

Imaginez une estrade, une batterie, des enceintes « Marshall », et des micros disposés ça et là sur une scène. Au fond, les intermittents du spectacle tendent un drap noir, sur lequel figure un logo blanc, tandis que les ingés son règlent les balances. D'une seule voix, la foule impatiente crie « Arkona». La salle est petite ; la promiscuité participe à cet engouement général comme si tous étaient en communion. Bientôt les plus entreprenants monteront sur scène et se laisseront tomber dans la foule pour slamer.

Déjà une forte chaleur et des relents de transpiration se font sentir. Pourtant, la soirée ne fait que commencer. Les premières parties semblent avoir été efficaces : elles ont dynamisé les spectateurs. Tout à coup les projecteurs colorent la salle en bleu, la scène est envahie par de la fumée. Les fans ne retiennent pas leur joie d'autant plus que Vlad, le batteur, se place derrière les fûts et positionne son casque de protection auditive. Arrivent ensuite Sergei, Ruslan et Vladimir (respectivement guitariste, bassiste et joueur d'instruments folkloriques). Les métalleux, qui ont tant désiré voir Masha, sont enfin comblés. La chanteuse aux nattes blondes apparaît avec une peau de bête jetée sur ses épaules. Les orchestrations sont lancées : les cuivres et le violoncelle apportent une touche grandiloquente à l'intro du concert. La guitare délivre un riff saccadé alors que la batterie se met doucement en marche. Arkona ouvre le show avec Az' avant de continuer avec Arkhaim. Les sonorités de la flûte contrastent avec la lourdeur du morceau en apportant une note de fraîcheur et de douceur. C'est le début d'un voyage mystique dans l'espace et le temps.

Voilà, à peu de choses près, ce que les auditeurs du monde entier auront le plaisir de vivre durant les concerts du Pagan Worldwilde Tour. Cette tournée, débutée fin octobre, n'est qu'un des signes de la reconnaissance acquise par le groupe dans la branche folk / pagan métal. En 2012, à l'occasion de son dixième anniversaire, Decade of Glory s'est ajouté aux six albums précédents. Produite par Napalm Records, cette compilation de morceaux live propose ce que le groupe a produit de meilleur. Tantôt sombres et mélancoliques, tantôt enjoués et légers, les titres abordent des thèmes liés au paganisme slave. Leshiy, Kupala ou encore Kostroma ne sont que des exemples de dieux et esprits célébrés par le groupe. Ce sont aussi les histoires du peuple, leurs mœurs ou encore les batailles qui sont peints et illustrés par la musique des russes. Bruits d'épées qui s'entrechoquent, airs traditionnels et même enregistrements avec l'orchestre du conservatoire Nazib Zhiganov de Kazan enrichissent les compositions.

La force du groupe réside dans sa capacité à allier des riffs black aux riffs death, mais aussi parce qu'il propose un savant mélange entre le métal symphonique et les airs folkloriques. Méticuleusement, le groupe dose ses ingrédients et ne tombe jamais dans les recettes toutes faites ou dans la surenchère. Arkona offre alors une palette d'émotions riches et variées qui le démarquent des groupes de folk métal joyeux et festifs. Cependant, c'est avant tout le charisme de Masha et sa poigne qui ont permis au groupe de se forger un nom au sein d'une scène déjà abondante.

« Tous les morceaux se basent sur ma vision du monde et sur mon idéologie. La nature russe me pousse à lutter pour sa liberté et son indépendance » (Masha)

À côté des robustes barbus de son groupe, la jeune femme paraît toute petite et fragile, mais ne vous fiez pas aux apparences ! Quand elle chante, elle exprime sa rage. Avec une telle puissance, son spectre vocal est large. Masha, surnommée Scream, maîtrise aussi bien le chant clair que les growls. Elle éblouit par l'intensité de ses cris. Pourtant en 2002 rien ne laissait présager un tel succès. Alors connu sous le nom d'Hyperborea, le groupe avait enregistré une première démo composée de trois titres. En 2003, après une série de concerts, Masha s'est retrouvée seule à cause du manque d'investissement des autres membres. Cependant, elle n'a pas baissé les bras et a continué à composer. Avec l'aide des membres de Nargathrond, le premier album Vozrozhdenie est enregistré en mars 2004. Une fois le line-up stabilisé, le groupe s'est remis au concert et a pu intégrer un joueur d'instruments folkloriques au lieu de se contenter de sons créés par ordinateur.

Maintenant que leur renommée n'est plus à faire, Masha et sa joyeuse troupe laissent libre cours à leur passion. Ainsi pour le morceau Na Moey Zemle, ils n'hésitent pas à inviter des chanteurs d'autres groupes tels que Manegarm ou Heidevolk.

« Tous les albums sont différents au niveau musical et atmosphérique » (Masha)

 

Seppuku

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Commentaires (6)

1. MrGuitoune 30/12/2013

Ah d'accord ! J'avais mal compris x)) ! autant pour je ! désoler
bah ça donne envie de les voir alors :p ahah

2. Seppuku 14/12/2013

@Tank : 666 c'est trve !

En fait ce qui est intéressant chez Arkona c'est que ce n'est pas joyeux et festif tout le temps. Il y a des passages sombres qui réveillent des émotions intenses. La chanteuse maitrise plusieurs types de chant et les sonorités folkloriques sont bien dosées. En plus, sur les derniers albums, il y a une forte présence des orchestrations, ce qui rend le tout grandiloquent et épique. Bref, je pense que vous aurez bien compris que je suis fan

@Guitoune : c'est pas vraiment un live-report mais plutôt un portrait du groupe avec un début plutôt fantasmé de ce que ce serait de les voir. J'ai regardé par mal de live mais malheureusement je n'ai jamais pu les voir réellement....

3. MrGuitoune 14/12/2013

Bon live report sympa à lire, en écoutant le groupe!

4. Tankkore 03/12/2013

Du coup tu me donne envie d'écouter Arkona, parce-que moi et le Folk/Pagan ça fait 666 !!

5. Seppuku 02/12/2013

J'aimerais vraiment les voir :) ! Finntroll aussi c'est vraiment bien en live, je les ai vus deux fois en 4 mois !

Eh oui tu en as loupé une, c'est la seconde !

6. Cook 02/12/2013

C'est vrai qu'ils donnent pas mal (et je suis loin d'être fan de pagan), je les avais vu avec Finntroll y a déjà un moment, ils avaient tellement la pêche que Dornenreich derrière était imbuvable. C'était pas la prog la plus intelligente.

Jolie première contribution (à moins que je n'en ai loupé une).

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Date de dernière mise à jour : 08/05/2014

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