[Écrits] Et bonne année

Joyeux noël et bonne année à tous !

 

Je ne savais pas trop comment commencer l'année sur Acheron. Et puis comme on s'était dit que notre petit bébé ne souffrirait d'aucune limite stylistique, autant sur le fond que sur la forme autre que notre appréciation personnelle, j'ai eu l'illumination : écrire sur un sujet à la con comme ça me vient. Enfin je sais déjà un peu où je vais, je vous rassure.

Mais alors, qu'est-ce que je vous ai préparé pour cette première parution de 2014 ? Eh bien pour ratisser large on va parler bouquin ET télévision (enfin téléchargement et streaming pour la grande majorité du public). Bordel Cook, de la télévision ? Un film ? Imposteur ! Calmez-vous, il m'arrive de m'adonner au plaisir simple de rien foutre et de me gaver d'images sans but à moi aussi. Et là, quand on parle d'objectif vain, je monte aux créneaux, je plante mon drapeau et je cris aux quatre vents : Game of Thrones ! Ah le con... « Baisse d'un ton petit (je vous le ferais en do la prochaine fois promis) », « on est en France donc répétez-moi ça proprement Le Trône de Fer », « bordel il va encore râler comme un sale sur un truc qui ne mérite pas autant d'excrément sur son visage vénéré autant que conspué », j'échantillonne mais peut être que l'un(e) d'entre vous se retrouve dans ces réactions aussi légitimes qu'inutiles, parce que oui, je vais quand même en parler. Cependant, je garderais mon pantalon et mon caleçon bien arrimés, d'ailleurs je viens de passer sur Le Trône de Porcelaine.

Petite piqûre de rappelle : l'écriture du Trône de Fer a débuté en 1991 (ouais ouais, vingt ans avant la série télévisée) mais la première parution de la saga date de 1996 (1998 pour la France). L'auteur, 'sieur George Raymond Richard Martin (blase assez long qui n'a pas son utilité sur une couverture de roman, mais bon Tolkien l'a fait donc on peut copier, et puis je dis ça parce que je suis jaloux de n'avoir pas de deuxième prénom, ni de troisième... Remarquez si c'est pour me taper un nom à rallonge je préfère autant) l'avait d'abord pensé comme un trilogie mais au vu des ventes du potentiel scénaristique, nous arrivons au compte de cinq volumes dans sa version originale. Alors jusque là je crache gratuitement. Je vais calmer le jeu d'entrée et tant pis pour ceux qui ont déjà le doigt sur le bouton « envoyer » des commentaires, prêts à déverser leur équivalent poids en déjections abjectes, clamant leur amour et leur fascination pour cette œuvre grandiloquente, tolkiennesque, gargantuesque... Manifestement des gens qui n'ont jamais posé les yeux sur un texte de François Rabelais (et qui ont lu le Seigneur des Anneaux avec des œillères). Pour crever l'abcès, j'affirmerais simplement que moi aussi, plèbe acerbe, je suis amateur du siège royal au numéro atomique vingt-six.

Alors pourquoi tant de haine ? Je répondrais : Qui a parlé de haine ? Mais là on s'éloigne du sujet déjà bien évité jusqu'ici. Donc le Trône de Fer (<3 : message subliminal à l'attention de mes lecteurs encore sous le choc). Élevé au rang de Tolkien Américain (sûrement par les mêmes qui foutent les absurdités numériques qui accole le titre du roman dans ma précédente parenthèse), pardonnez-moi je ne puis m'empêcher de m'esclaffer, notre écrivain atteint la consécration. HBO a senti le filon après une trilogie au cinéma du célèbre Seigneur des Anneaux qui a démocratisé la fantasy de supermarché tout en n'étant pas un produit de la mode qu'elle a engendré (la trilogie, je vous aide pour les accords). Mais voilà, le texte de Martin est long, très long, trop long. Certains diront indigestes (ma propre génitrice, pourtant bon public et lectrice de l'extrême), personnellement je dis creux. Depuis quand, créer un monde aussi « complexe », « riche », « détaillé » (notez les guillemets, ce ne sont pas mes paroles) fait un bon roman ? Ou même un beau conte ? Parce que George Raymond Richard Martin (voyez le calvaire si l'on tient à rester respectueux et éviter les abréviations) est bien plus conteur qu'écrivain. Rah putain je vous vois venir avec vos flambeaux dans l'idée de brûler mon corps, ma maison et mes possessions, alors qu'en fait vous avez quitté le navire négligent l'avis d'un chroniqueur qui ferait mieux de fermer sa gueule (ou du moins se ligoter). Un écrivain rédige des textes denses, esthétiques, il a le souci de la phrase juste et belle, de la résonance des mots, il décrit plus qu'il n'expose... Tant de chose que l'auteur du jour ne sait point exécuter. On pourrait changer de pseudonyme sur la couverture d'un roman du Trône de Fer que ça ne me choquerait pas au niveau de style.

Le gars qui chie sur le livre avant de passer à la série... « On est pas sortie mamie » Cook 2014. Pourtant, le raisonnement est on ne peut plus logique. Prenez une trame scénaristique qui s'étale sur cinq romans mais qui jamais ne décollent (malgré des sursauts de génie par-ci par-là) et étalez-la sur une série de trois saisons de dix épisodes d'une heure environ et vous comprendrez qu'on s'emmerde sec. Et là encore, le peu de films qui m'ont vraiment pris les tripes sont plutôt du genre contemplatif et chiant (ou complètement l'inverse, je hais les demi-mesures quand on parle d'art) mais heureusement, ces films sont sauvés par leur atmosphère, cette sensation étrange d'être ailleurs, quelqu'un d'autre. Ici, on nous balance des acteurs qui ont la tête de l'emploi (enfin pas celle que j'avais imaginé dans mes jeunes années) pas tant pour le rôle mais pour la séduction du public. Déjà qu'on frôlait la crise de stéréotype dans les romans là, on a le droit à des vitrines de personnalité parfaite. Niveau ambiance, ben à part du cliché vu et revu pas grand-chose à se mettre sous la dent. Je dois par contre avouer que certains décors m'ont bien scotché la rétine. Bref mention passable de mon point de vu.

Cependant mon projet n'était pas tant de parler du Trône de Fer (à le fourbe). Oui, je vous ai menti, j'ai brisé l'accord tacite qui lie l'auteur à ses lecteurs (qui ne doivent plus être très nombreux). Quel intérêt de parler d'une œuvre si ce n'est pas le but premier de cet article ? En fait, j'illustre mon propos avant de le rédiger. Ces lignes étaient avant tout motivées par un discussion récente avec des amis (oui il existe encore des gens capables de supporter mes coups de gueule de mauvaise foi) sur la fantasy et des littératures de l'imaginaire en général. Après vote et délibération, nous avons exclu les auteurs anglo-saxons sur la capacité à gérer la forme et le fond d'une œuvre (de fantasy dans notre débat présent et à quelques rares exceptions près), restait les autres (principalement français puisque la plupart d'entre nous ignore tout de la littérature européenne et pire encore quand on sort du carcan occidental) où l'on gère ni l'un ni l'autre ou pour être plus partial, semble vouloir exceller dans les deux et échouer. Fantasy, genre pauvre ? Pas tout à fait ! Il y a toujours des œuvres parvenant à combiner l'un et l'autre, au-delà des choix subjectifs des lecteurs. Là, pour le coup, se sont surtout des auteurs français qui furent cités, soit que notre ignorance dans le domaine de la fantasy anglo-saxonne aux textes touffus et travaillés soit probante soit que le créneau est désert. Dans tous les cas, ceci démontre le manque de mise en valeur de ces auteurs, qui à mon sens, ont plus leur place dans l'imaginaire collectif qu'un Game of Thrones version série abrégée d'une saga livresque qui aurait dû être abrégé.

Tout ça pour vous enjoindre, si ce n'est pas le cas, d'essayer un peu de lecture « intellectuelle » intercalée entre deux bons tomes du Trône de Fer durant cette nouvelle année. Un texte travaillé de temps en temps vous rendra plus beau, mais rendra aussi ses lettres de noblesse un à paysage des littératures de l'imaginaire trop souvent cantonnées par les médias et par ses propres défenseurs de par leur choix en matière d'achats et d'exigences à un objet de divertissement et non à une œuvre artistique complète. Et puis ça nous évitera d'avoir à se taper des tâcherons comme le Hobbit au cinéma.

 

Cette seconde conclusion est là pour préciser que tout ce qui a été écrit ici n'est pas à prendre au pied de la lettre et ma vraie intention était de proposer un article drôle (je l'espère) mais aussi vous faire part d'un petit poids que j'ai sur le cœur quand je pense à tous ces chefs-d’œuvre cachés dont nous n'aurons jamais connaissance car ensevelis par une production de masse de qualité moyenne qui ne cesse de grandir.

 

Cook

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Commentaires (4)

1. Cook 18/01/2014

On est loin de l'étron mais quand tu compares avec des auteurs de l'époque je ne vois pas pourquoi c'est le Trône de fer qui ressort. L'univers n'est pas spécialement pompé, je trouve qu'il n'a pas de goût, de mystère, il est trop précis et révélé. En fait le Trône de fer c'est anti-imaginatif au possible de mon point de vu.

Pour ce qui est du style, c'est bien moins fatiguant de lire un bon texte fluide et beau intrinsèquement (c'est ça la littérature) pas la peine que se soit ampoulé. J'ai bien plus de mal à lire G.R.R. Martin qu'un Howard par exemple alors que ce dernier n'est pas reconnu pour mettre des figures de style de partout et est beaucoup moins descriptif.

Arya est aussi l'un de mes personnages préférés parce qu'elle apporte le côté exotique du roman ainsi qu'un embranchement narratif intéressant.

2. Seppuku 18/01/2014

C'est sur que le style (notamment la traduction vu que je n'ai pas lu la version originale) n'est pas des plus travaillé. Cependant, c'est aussi ce qui me plait. Lire quelque chose sans se prendre la tête, des phrases simples, sans fioritures, ça change de romans plus classiques.

J'aime bien l'univers (mais comme tu le dis, c'est une pâle figure à côté du Seigneur des Anneaux). Enfin, l'atmosphère me transporte et je prends beaucoup de plaisir. Je suis surtout très attachée à la petite Arya.

Donc je suis d'accord avec certains de tes arguments mais je pense qu'on est encore loin du niveau de médiocrité atteint par Twilight et cie :)

Cela dit, un bon texte, vivant et dynamique !

3. Tankkore 07/01/2014

Je connais ni les bouquins ni la série mais j'aime toujours las craquages à la Cook !!!

4. zoskia 07/01/2014

Haha j'me suis bien marrer (faut dire que je ne porte pas cette série dans mon cœur) et le coup du Trône de Porcelaine m'a scié! Très bon texte mon Cook

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Date de dernière mise à jour : 08/05/2014

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