EVIL DEAD 2 de Sam Raimi

groovy!


 

Evildead2

 

S’il y a bien trois choses qui ont fait de moi ce que je suis et m’accompagnant durant mon adolescence, c’est bien la musique, la radio et le cinéma.
Pour la musique, le metal (entre autres) m’a donné la force d’affronter une vie parfois difficile, mais m’a aussi accompagnée dans des moments de bonheur extrême. 

La radio, elle, et plus particulièrement la période du « Star Système » de Max sur Fun et des « Débats de Gérard » pour les connaisseurs, à conditionnée tout mon humour, acide, gras, moqueur et sans tabou. 
Puis il y a eu le cinéma, qui m’a fait voyager à mille lieues du quotidien (bien tranquille) de ma vie de collégien. Cette période bénie où le cinéma d’horreur avait encore une âme et était loin de nous proposer ses productions insipides où la violence est devenue gratuite et où les acteurs en conférence de presse essaient de nous faire croire que derrière toute cette torture se cache un message qui dénonce quelque chose de bien plus subtile que des gens démembrés… MON CUL. Pourquoi toujours vouloir donner un sens aux choses ? Et le plaisir de faire un film pour faire un film ? Pourquoi ne pas assumer de faire de l’argent avec la curiosité morbide des gens ? Bref, ça, c’est pour le coup de gueule du truc, surtout quand j’essaie d’amener (maladroitement) mon texte sur le sujet qui nous intéresse, à savoir Evil Dead 2.

C’est durant ma prime adolescence que je fis la découverte de cette petite pépite de noirceur. Car oui, bien que le film regorge de scènes hilarantes, l’ambiance générale est tout de même assez flippante. Des hectolitres de sang, de la brume, des monstres déguelassent, une main coupée qui cavale de partout, c’est avec ça que Raimi entrepris de tourner Evil Dead 2 avec en acteur principal Bruce Campbell (une institution à lui tout seul) déjà héros du premier volet où il incarnait Ashley Williams (Ash pour les intimes).
Les personnages débarquent donc dans la fameuse maison ne se doutant pas une seconde que celle-ci renferme le Saint Graal des démons, le Nécronomicon ex mortis, le livre des morts. Avec un nom comme ça, évidemment celui-ci peut faire revenir des créatures abominables à la vie et va même réveiller une chose endormie dans la forêt après lecture de quelques incantations mystiques découverte sur un magnétophone. 

Le décor est planté.

Avec Evil Dead 2, Raimi laisse carte blanche à un Bruce Campbell au jeu d’acteur ahurissant et prouve en même temps qu’avoir une gueule ne suffit pas et que le talent est un atout majeur, surtout que l’acteur passe la moitié du film seul à l’écran à essuyer des assauts de toutes sortent et il faut avouer que le bougre s’en sort avec les honneurs, car le tournage n’a pas vraiment été une sinécure. En effet, les anecdotes sont légion (merci les bonus du dvd).

Pour commencer, le studio. Le plateau d’Evil Dead 2 (tout du moins la maison) a en fait été monté dans un gymnase où il régnait une température très élevée et ce n’est pas le frangin Ted Raimi qui interprète le rôle de Henrietta qui dira le contraire. Dans son costume de latex, le gars arrivait à produire presque une bouteille d’Evian de sueur à chaque journée de tournage (c’est une image hein !).  

C’est ensuite le côté technique qui rentre en jeu. Alors, soyons francs, Evil Dead 2 est loin d’être une prouesse en termes de réalisation, bien au contraire. Les fautes s’enchaînent et se voient à l’écran pour peu qu’on est l’œil (ou que l’on est vu le film un bon demi-millier de fois). En effet qui n’a jamais vu le câble tenir Campbell pour le précipiter dans le gouffre spatio-temporel à la fin du film ? Et le plafond inexistant après une poursuite interminable dans la maison ? Alors oui j’me la raconte (j’ai vu les bonus j’vous dis), mais finalement ceci ne contribue qu’un petit plus à enraciner cette merveille dans son statut de film culte fait avec deux bouts de ficelle et beaucoup de motivation. Raimi arrive à mettre tout le monde d’accord en une heure vingt avec une atmosphère oppressante, un rythme soutenu, et des situations de malade mentale (qui n’a jamais rêvé de coincer la tête de sa copine dans un étau et de lui couper la tronche à la tronçonneuse ? Personne ? Ah bon ?). 

Le jeu se calme un temps avec l’arrivé de nouveaux personnages, qui au final ne se présente que comme des futurs démons potentiels, mais qui apportent quand même un petit moment de répit au film, car croyez-moi que l’intensité ne cesse de monter au fur et à mesure notamment avec la scène où Ash descend dans la cave chercher les pages du Necronomicon.  
Mais comment parler d’Evil Dead 2 sans mentionner LE fameux moment où le démon prend possession de la main d’Ash ? Ce seul passage justifie à lui seul le visionnage du film afin de pouvoir admirer un Bruce Campbell complètement déjanté  qui s’en donne à cœur joie dans ce rôle d’anti héros harcelé par les forces obscures. Mais les talents de comédien ne s’arrêtent pas là et je n’aurais pas assez d’une chronique pour faire le tour des performances du gaillard.

Au final, une main qui crapahute de partout, une scène où le mobilier explose de rire (HAHAHA), des personnes prédestinées à creuver salement (BOOOOOBY JOOOOOE), des créatures ignobles (JE VAIS PRENDRE TON ÂME ! JE VAIS PRENDRE TON ÂME !), des répliques cultes, bref le savant mélange pour faire un film culte qui marquera à jamais les esprits. 
Alors certes, Evil Dead 2 est imparfait, mais il a le mérite d’avoir marqué une génération de sale gosse comme moi et qui m’a donné le goût du vrai cinéma, celui fait avec les couilles (encore une fois c’est une image hein ! Imaginez le carnage…) tripes pardonnez-moi…

Assurément le film qui a révélé Bruce Campbell, bien que celui-ci ne soit pas son premier, Raimi a su exploiter le potentiel énorme de l’acteur qui en a fait son compagnon de jeu (Campbell est souvent présent dans les réalisations de Raimi) et qui a bâti le culte Evil Dead sur ses épaules.

Donc toi, jeune polisson prépubère, toi qui prétends aimer les films d’horreur, toi qui aimes avoir peur, pose immédiatement ton dvd de Hostel vol. 15 pour mettre celui d’Evil Dead 2 dans ton lecteur, tu verras que les vieux aussi savent faire du cinéma horrifique avec des hectolitres de sang (vert, rouge ou noir, c’est au choix), des membres coupés et des monstres, et si tu ne me crois pas ou si tu n’as pas ressenti le grand frisson après le visionnage c’est que ton âme est perdue et que tu ne mérites qu’une descente à la cave pour voir tata Henrietta qui se répétera goulûment de ton âme damnée… car ça tombe bien… elle n’attend que ça, de prendre ton âme… et moi aussi d’ailleurs.

 

Zoskia


 


 

Titre original : Evil Dead 2: Dead By Dawn

Réalisation : Sam Raimi


Scénario : Sam Raimi, Scott Spiegel


Pays : États-Unis


Année : 1987


Genre : Horreur


 

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Commentaires (4)

1. zoskia 17/04/2014

Merci Lord ! Un de ces 4 faudrait qu'on se fasse les trois à la suite :)

2. LordOvDeath 17/04/2014

Très bonne chronique de ce qui est sans conteste un des meilleurs films d'horreurs complètement débridé du siècle dernier !

3. Tankkore 14/04/2014

De l'horreur foutraque et dégueulasse qui passe bien ! J'aurais aimé le voir plus tôt, il m'aurais sûrement marqué davantage !

4. Cook 14/04/2014

L'horreur/grotesque à l'ancienne, à déguster sans fin (faim ?). De gros fous rires avec une bande de potes dans une ambiance morbide, voilà ce qu'est Evil Dead (que se soit le 1 ou le 2). Comme tu le dis ZoS' indispensable ni plus ni moins.

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Date de dernière mise à jour : 14/07/2016

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