NYMPHOMANIAC de Lars Von Trier


 

Nymphomaniac

 

Cet été, il fait chaud. À s'en remplir le bide d'au moins 8 litres d'eau par jour, pour ne pas se liquéfier vivant sur son humide chaise de bureau, et ce même en slob, c'est pour dire. Et comme si cette chaleur ne suffisait pas j'ai décidé, pour ma première ciné-review livrée chez les copains d'Acheron Webzine, de parler d'un film de cul. Tout de même pas le bon vieux boulard trouvable aux quatres coins du net, non, bien que la plupart des scènes soient tellement explicites que le terme explicite lui même est envoyé se faire foutre (on est dans le thème), mais une intelligente fresque de 5h30 (pour le Director's Cut non censuré, sinon le film se découpe en deux parties, censurées, et donc amplement dénuée d'intêrets) dont la trame principale tourne autour... du cul, et dans ses formes les plus crues. Cette fresque, c'est le drame érotique Nymphomaniac, du provocant et polémique réalisateur danois, Lars Von Trier, sortie en salles en début d'année 2014. Et celui-ci étant le premier et unique film de Lars Von Trier sur lequel j'ai pour l'instant eu l'occasion de poser mes rétines (bien qu'après ce visionnage, j'ai très envie de me taper sa cinématographie), je ne m'étendrai donc pas sur ses précédentes réalisations. Et si certains font la moue, j'ose dire que je m'en branle (on reste encore dans le thème).


Une pluie battante, une ruelle sombre et étroite, une femme rouée de coups, étendue au sol, sur fond de "Für Mich" de RAMMSTEIN et c'est parti pour cinq heures et demi toutes aussi troublantes que passionnantes. La femme, Joe, se retrouve ensuite entre les mains de Seligman, un vieil érmite remplis de bonnes volontés, qui l'acceuil en son fief pour panser ses plaies, lui offrir le thé et surtout, pour l'écouter. Car l'histoire fleuve contée ici est celle de cette femme, campée par Charlotte Gainsbourg (et Stacy Martin pour la première partie, où elle est jeune), auto-diagnostiquée comme étant la pire personne au monde, et nymphomane, de sa naissance jusqu'à son cinquantième anniversaire. S'ensuit une discussion qui durera jusqu'au petit matin, par flash-back et coupée en 8 chapitres entre Joe, tentôt provocante et très sûr d'elle, tantôt plus fragile, troublée et déstabilisée et Seligman (Stellan Skarsgard), homme âgé très solitaire, archi-cultivé et de plus complètement vierge, innocent et asexuel comme il le dit lui-même, ce qui fait de lui le parfait auditeur, sans préjugés préétablis et restant complètement impartial vis-a-vis des faits exposés.


Et autant dire que c'est plutôt une bonne chose. Car entre le déluge maximal de concupisence de 2 minettes a peine pubères dans un train (tout ça pour des M&M's), un gang bang avec des gangstas noirs, un délire sado-maso avec un monsieur méchant que madame paie pour se faire maltraiter l'échine et les accumulations de relations toutes aussi saugrenues les unes que les autres, tout y est. Toutefois, le film n'est clairement pas là pour exciter, ni pour divertir le chaland libidineux en manque de scénarios pour ces pornos. Lars Von Trier tire le portrait d'une sexualité féminine débridée, pour mieux cibler encore celle des hommes (petit clins d'oeil en douceur a la pédophilie) et afin d'exposer sa vision plus que pessimiste de la nature humaine dans sa globalité (cette chute, mais cette chute). Pourtant, le sexe, bien qu'arboré comme une drogue dure et desctructrice (j'y ai vu des concordances avec un film comme Trainspotting de Danny Boyle, pour sa façon d'y être traité) est de bien des façons métaphorisé, comme pour le sublimer. C'est ainsi que l'on se retrouve a comparer les polyphonies de Bach avec trois manières différentes de copuler, ou que l'on y trouve mêlé des sujets aussi vastes que la pêche à la mouche, le delirium tremens d'Edgar Allan Poe, le Grand Schisme de 1054 (pour signifier un arrêt total de la capacité de la principale protagoniste a avoir des orgasmes), une théorie Freudienne (la perversité polymorphe) ou encore la suite mathématique de Fibonacci. Ouais. Entre palabres sur les différentes formes phalliques, sur la meilleure façon de stimuler un clitoris et des scènes ouvertes de baise sauvage, ça le fait.


Les seuls points négatifs que j'ai à tirer de cette longue séquence seraient seulement une fin qui à tendance à s'essouffler, moins haletante que la première grosse moitié du film, et des passages d'interludes entres chaques chapitres traînant parfois dans la longueur, même si les discours culturels du vieux Seligman restent dans leur globalité très intéressants. Rien qui n'empêche cependant Lars Von Trier de gagner son pari avec cette oeuvre qui fait office de monumental bras d'honneur à l'industrie du cinéma, mélangeant tragédie pûre et érotisme provocateur, assaisonné d'une grosse pointe de cynisme. Et lui, si ce n'était pas déjà fait, de se confirmer en tant que réalisateur de grand renom. Acteurs parfaitement dirigés, images et scènes poignantes, en symbiose pour une fresque intense et grandiloquente.

 

Lord Ov Death


 


 

Réalisation / Scénario : Lars Von Trier

Pays : Danemark

Année : 2014

Genre : Drame érotique


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Date de dernière mise à jour : 14/07/2016

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