GOAL OF THE DEAD de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud

droit aux brutes


 

Goal of the dead

 

Encore une comédie horrifique ? Oui et française de surcroît ! Alors n’allez pas croire que l’humour doit toujours être accompagné de giclées d’hémoglobine et de faciès en décomposition, mais mon petit doigt me dit qu’il serait de bon ton de parler de ballon rond en cette période d’Euro 2016. Les gens veulent de l’action, du frisson, du beau jeu, ils espèrent mouiller le maillot devant un spectacle qui tache, pardi, et quoi de mieux qu’un bon film de foot avec des zombies baveux et violents qui courent dans tous les sens ! Ainsi, Goal Of The Dead s’est avéré être le choix le plus judicieux pour cette nouvelle session cinématographique, d’autant que le film est divisé en deux parties de 70 minutes, la première et la seconde mi-temps, idée originale et adéquate vu le sujet abordé.

Bref, décapsulez les canettes, sortez les banderoles et calez vos fessiers dans le sofa parce que ça va saigner sur le terrain !

 

La trame du film est assez simple, l’Olympique de Paris (comprenez notre PSG national), se rend dans le petit village de Capelongue pour disputer un match amical mais un virus inconnu transforme tout le monde en morts-vivants brutaux et incontrôlables.

La première mi-temps de ce Goal Of The Dead, réalisée par Benjamin Rocher, pose les bases de l’histoire et dresse le portrait des personnages savoureux que l’on va suivre pendant ce match sanguinaire. Alors que le bus de l’Olympique de Paris s’approche de Capelongue, c’est l’occasion de faire connaissance avec Sam Lorit, capitaine en fin de carrière et ancienne gloire de l’équipe de Capelongue, Idriss Diago, la jeune star arrogante, Coubert, l’entraîneur vieux jeu complètement aux fraises et Solène, journaliste mal dans ses baskets qui tente de s’imposer dans le milieu du sport. Côté provinciaux, la galerie des protagonistes est tout aussi désopilante avec les 4 ultras biberonnés à la bière, roulant en R5 décrépite, le capitaine de police qui se prend pour Judge Dredd (oui, la loi c’est lui !) et les deux jeunes groupies qui espèrent bien approcher leurs joueurs préférés.

Tout ce petit monde va donc se rencontrer dans une ambiance déjà extrêmement tendue - les Capelonguais n’ayant toujours pas digéré le départ, 10 ans plus tôt, de leur joueur vedette Samuel Lorit pour Paris – jusqu’à l’arrivée de Jeannot Belvaux (si c’est pas un nom de méchant ça !), méconnaissable et surpuissant après que son père lui ait administré une piqûre d’un produit douteux pour lui donner « un petit coup de fouet ». Il en résulte des scènes ultra-violentes extrêmement réussies, notamment celles exécutées dans le stade Lagrippe (c’est une comédie, rappelez-vous) où les fumigènes l’ont transformé en champ de bataille opaque. L’esprit Grindhouse revendiqué par les auteurs se retrouve finalement plus dans la seconde mi-temps, même si le mode de propagation du virus, à base de gerboulades lactées, présent dans la première partie reste totalement ancré dans le genre.

La première mi-temps se termine sur un climax surprenant qui annonce une suite encore plus folle, puis par un générique stylisé qui reprend toute l’histoire à travers les actions de Jeannot. À regarder jusqu’à la fin !

La seconde mi-temps, réalisée par Thierry Poiraud, s’inscrit davantage dans le cinéma d’horreur mais n’en oublie pas pour autant l’humour potache. Le générique typé Grindhouse marque le coup avec sa bande vieillotte à moitié brulée et lance ainsi les 70 minutes de pure survie en monde hostile. Tout le monde le sait, le danger rapproche les gens et dans Goal Of The Dead ça donne des répliques hilarantes, voire mêmes caustiques, et des situations absurdes vraiment au poil, comme quand l’entraîneur Coubert annonce son plan d’évasion dans les vestiaires avec cette musique optimiste que l’on retrouve dans les films de guerre américains. Si le talent humoristique est bel et bien présent, il faut avouer que ce sont les plans horrifiques qui forcent le respect pour un film à si petit budget. Avec les maquillages ultra-réalistes et les effets spéciaux réalisés par BUF Company et Pixel Street, les passages gorets à souhait sont percutants et ne laissent aucune place à l’amateurisme. D’ailleurs les scènes de bastonnages en bullet-time font partie, pour ma part, du haut du panier en matière d’esthétique gore.

Un petit mot aussi sur la performance des acteurs qui, bien que peu connus pour la plupart, offrent un jeu juste et authentique comme Alban Lenoir - que l’on a déjà retrouvé dans les séries des frères Astier Kaamelott et Hero Corp, ainsi que dans les films Un Français et Anti-Gang -, Tiphaine Daviot, Benoit Moret et Bruno Salomone dont la succulente participation en agent véreux me fait toujours autant rire.

 

Bon, je ne vous en dévoilerai pas davantage, préférant vous laisser la joie de découvrir ce petit bijou bien de chez nous, mais sachez que malgré des conditions de tournage difficiles, Goal Of The Dead s’avère être une nouvelle pierre à l’édifice du cinéma de genre français et propose un humour de qualité comparé aux comédies populaires qui inondent le marché.

 

Tankkore


 

 


 

Réalisation : Benjamin Rocher & Thierry Poiraud

Scénario : Tristan Schulmann

Pays : France

Année : 2014

Genre : Comédie horrifique


 

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Date de dernière mise à jour : 07/07/2016

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