SHAUN OF THE DEAD de Edgar Wright

mort de rire


 

Shaun

 

Cette fois-ci je m’attaque à un classique du cinéma, certes récent, mais classique tout de même, car on ne peut nier le fait que Shaun Of The Dead soit devenu une, voire LA, référence en matière de parodie de film de zombies. Attention, nous sommes bien loin de la bouillabaisse cinématographique des Scary Movie où l’humour gras, typiquement américain, suinte par tous les plans, non, ici la finesse de la verve britannique est couplée à la réalisation réaliste et gore des films de Georges A. Romero. Une parodie haut de gamme qui va mettre sur le devant de la scène le trio Edgar Wright (réalisateur, scénariste), Simon Pegg (acteur, scénariste) et Nick Frost (acteur) et leur donner une certaine stature dans le paysage anglais de la comédie d’action.

 

Mais comment faire une comédie romantique horrifique ? Simple, vous prenez Shaun, un anti-héros presque trentenaire dont la copine, Liz, se lasse de ne jamais pouvoir sortir avec lui en amoureux puisqu’il traîne la majorité du temps avec son colocataire, Ed, glandeur, dealeur de weed et en plus pote d’enfance. La rupture est inévitable… mais un virus inconnu transformant les gens en zombie va peut-être donner la possibilité à notre bourreau des cœurs de montrer sa détermination et de reconquérir sa belle.

Le scénario reste simple, il est vrai, mais l’enjeu du film est tout autre : utiliser les codes cinématographiques de chaque genre, de manière efficace, afin que l’ensemble reste cohérent. En effet, il n’est pas donné à tout le monde de faire évoluer une histoire à l’eau de rose dans un univers d’anthropophages sanguinolents constamment ponctué de gags et de répliques loufoques, sans paraître kitsch, lourd ou indigeste.

Pour Shaun Of The Dead, Edgar Wright et Simon Pegg ont réussi à trouver le cocktail adéquat entre gore, comédie et romantisme (enfin pas trop quand même, hein !). Pour l’aspect typiquement horreur, on peut dire que le travail sur les morts-vivants est aussi impressionnant que pour n’importe quel film « sérieux » de zombies à grand budget. Dans ce film, de nombreux mangeurs de cerveaux sont déchiquetés et ensanglantés avec beaucoup de réalisme, et certaines de leurs actions sont atrocement jouissives particulièrement la spectaculaire éviscération de Dave au pub et le malencontreux empalement de la fille dans le jardin de Shaun et Ed. De plus, on retrouve quelques gimmicks chers à l’épouvante dans quelques scènes à suspens, comme celle avec le miroir de la salle de bain de Shaun, qui laisse brutalement apparaître Pete, l’autre colocataire.

Vous pensez bien que le côté romantique est nettement en retrait (pour celles et ceux qui en veulent davantage je vous conseille Warm Bodies de Jonathan Levine) mais, même s’il sert de toile de fond à l’histoire, il y a certains clins d’œil qui ne trompent pas telle l’averse subite qui se déverse sur ce pauvre Shaun juste après sa rupture avec Liz.

Et pour la poilade alors ? Doucement j’y viens. Le registre comique est largement représenté dans Shaun Of The Dead à commencer par son titre qui ne veut pas dire grand chose, hormis le fait qu’il imite les classiques ou nanars du genre Dawn Of The Dead, Day Of The Dead et autre Rise Of The Dead. Pour le reste, c’est dans le comique de situation et le gag visuel que Wright et Pegg excellent le plus. Des plus petits dérapages physiques - la légère glissade de Shaun dans la superette ou son saut raté pour passer la palissade - aux situations coquasses d’envergure - le cours de zombification avec, comme modèle, un mort-vivant empalé qui gigote ou le tabassage du patron du pub en rythme sur un morceau de Queen -, il y a de quoi prendre du bon temps avec cette équipe de bras cassés essayant de survivre face à la horde de trépassés.

À noter que l’une des réussites du film - et qui manque cruellement dans les comédies d’action françaises -, c’est le montage rapide voire ultra-rapide de certaines scènes, qui donne l’influx nerveux nécessaire au rythme. D’ailleurs, on retrouvera davantage ces procédés techniques dans le film suivant, Hot Fuzz, deuxième volet de la trilogie « cornetto ».

 

Dernier point qui, j’espère, vous donnera envie de regarder ce classique de la comédie horrifique : la british touch. En effet, qui penserait, à part un anglo-saxon, à achever son plan d’attaque, pour récupérer sa mère et sa petite amie, par une tasse de thé ? Ou alors se retrouver coincé par des zombies dans son pub fétiche en lieu et place de l’habituel centre commercial américain ? Exquis ces anglais !

 

Tankkore


 


 

Réalisation : Edgar Wright

Scénario : Edgar Wright & Simon Pegg

Pays : Royaume-Uni

Année : 2004

Genre : Comédie romantique horrifique


 

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Commentaires (1)

1. Cook 10/09/2014

C'est vrai que pour la romance on repassera, quoique... ^^

Je préfère Hot Fuzz mais celui-là n'est pas à manquer non plus.

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Date de dernière mise à jour : 14/07/2016

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