FRANKENWEENIE de Tim Burton

la revanche de tim burton ?


 

Frankenweenie

 

Après le succès de L’Étrange Noël de Monsieur Jack (1993) et Les Noces Funèbres (2005), Tim Burton plonge une nouvelle fois au cœur des films d'animation. Produit en octobre 2012 par Walt Disney Pictures, Frankenweenie reprend et développe la trame narrative d'un court-métrage du même nom refusé par les studios en 1984.

Un conte gothique

Frankenweenie transporte le spectateur dans une banlieue pavillonnaire de New Holland. Victor Frankenstein est un enfant solitaire qui passe ses journées enfermé dans son grenier en compagnie de son chien Sparky. Lorsque celui-ci meurt d'un accident de voiture, le garçon est désespéré. Cependant, durant un cours de biologie, il apprend que les animaux réagissent aux décharges électriques même s'ils sont morts. Avec ce procédé, Victor redonne vie à son chien sans se douter des conséquences désastreuses que cela va entraîner.

Dans ce conte fantastique, l'esthétique gothique des films précédents est au rendez-vous. Tourné en stop-motion, c'est-à-dire en image par image, Frankenweenie met en scène des marionnettes au physique atypique. Leurs grands yeux et leur apparence morbide nous confirment que nous sommes dans l'univers burtonnien. Contrairement à ces réalisations précédentes, le réalisateur opte pour le noir et blanc. Cela donne alors un aspect authentique et vieilli au film alors même qu'il est en 3D. « Il fallait que ce soit en stop-motion et en noir et blanc. C'est difficile à expliquer, mais pour moi cela rend le film plus émouvant » expliquait-il lors de la présentation du film au Parc Disney de Los Angeles. « C'est tellement important pour moi que si le studio avait voulu le faire en couleur, j'aurais renoncé ».

 « Je voulais surtout reproduire les émotions que j’ai éprouvées en regardant [...] Dracula ou Godzilla »

Dans Frankenweenie, le réalisateur utilise une esthétique et des thèmes qui lui sont chers et fait appel aux mêmes acteurs que les films précédents pour le doublage. Il y a alors une forte connivence qui s’établit avec les fans. La banlieue de New Holland rappelle alors celle d’Édouard aux mains d'argent. La ressemblance entre Victor Frankenstein et Vincent Pride est frappante. Tous les deux ont un goût pour l'isolement et les expériences, une forte amitié avec leur chien, et ils sont victimes d'incompréhension de la part de leur famille.

Au-delà d'un clin d’œil interne à ses productions, Tim Burton rend hommage aux films d'horreur et d'épouvante qui ont forgé sa sensibilité. Le nom de famille de Victor renvoie au livre Mary Shelley. Il n'est donc pas étonnant de trouver une tortue nommée Shelley ou encore un caniche noir avec deux mèches blanches rappelant la coiffure d'Elsa Lanchester dans La Fiancée de Frankenstein (James Whale). Le personnage de Dracula est également évoqué au-travers à M. Moustache, le chat qui se transforme en monstre après avoir mangé une chauve-souris ressuscitée. Plus subtile, la physionomie du professeur de biologie M. Rzykruski empreinte les traits de l'acteur Vincent Price qui avait fait des films d'épouvante sa spécialité.

 « Beaucoup de gens oublient que les dessins animés de Walt Disney sont effrayants »

Même si à première vue la trame narrative de Frankenweenie paraît simple et plutôt adaptée aux enfants, l'univers sombre et les multiples références posent le problème du public visé. Après avoir soumis à Walt Disney la première version de Frankenweenie en 1984, les studios s'étaient séparés du réalisateur considérant alors son univers « trop effrayant pour les enfants ». Alors que Tim Burton a acquis une reconnaissance et une notoriété, les studios lui ont laissé carte blanche trouvant dans son esthétique des similitudes avec leurs orientations actuelles.

« […] dans chacun des films [de Walt Disney], on trouve un côté noir. Les adultes ont souvent tendance à idéaliser l’enfance. Or l’enfance est souvent noire […] c’est un des sujets que j’ai voulu traiter avec Frankenweenie ». Pour le réalisateur, les situations ne sont jamais tranchées. C'est pourquoi, l'atmosphère sombre, triste et pesante est désamorcée par la tendresse entre Vincent et son chien. Le film présente aux jeunes spectateurs une belle histoire d'amitié entre deux êtres. Il est aussi une réflexion sur le souvenir qu'il soit autobiographique, cinématographique ou mémoire des êtres perdus.

Avec ce film, Tim Burton ne renouvelle pas les motifs de sa création mais travaille de nouveau à mélanger les esthétiques et les références. Il met en place différents niveaux de lecture pour envoûter les petits et les grands afin de parler à l'enfant qui sommeille en chacun de nous.

 

Seppuku


 


 

Réalisation / Scénario : Tim Burton

Pays : États-Unis

Année : 2012

Genre : Animation


 

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Commentaires (4)

1. zoskia 08/02/2014

Super chro ! J'aime beaucoup le travaille du Mr surtout ses premiers films comme Beetljuice et Edouard qui garde un charme fou malgré les années. Il faudrait que je me penche un peu plus sur ce qu'il fait maintenant mais je pense que ce Frankenweenie finira sur ma platine blue-ray!

2. Seppuku 08/02/2014

Ne vous en faîtes pas, je ne vous ai pas oubliés. Je suis juste atteinte de procrastination aigüe en ce moment !

En tout cas merci pour vos commentaires.

Justement j'aime bien l'atmosphère qui se dégage des Burton, loin des films gniangnian de Disney :)

3. Tankkore 08/02/2014

Excellent, excellent !! Beau boulot comme d'hab' Camille !! On en veut plus du coup !!

4. Cook 08/02/2014

Content de te revoir poster ici ! Et avec un article aussi concis qu'intéressant qui plus est.

Burton et Walt Disney décidément pas ma came l'un comme l'autre même si je n'ai aucun rejet particulier des œuvres de chacun, juste un rien-à-foutre sans fondement en fait.

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Date de dernière mise à jour : 14/07/2016

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