ARRIETTY, Le Petit Monde Des Chapardeurs de Hiromasa Yonebayashi

voleuse de coeur


 

Arrietty

 

- « Oh l’autre, il chronique un film des Studios Ghibli et il commence même pas par un Miyazaki !! »

- « Et ta sœur, elle bat le beurre ? »

Certes, mais vous savez que je préfère être là où l’on ne m’attend pas car d’une part, ça évite aux autres de poireauter et d’autre part, ça permet de mettre en lumière des œuvres plus discrètes mais tout aussi qualitatives. Donc oui, j’ai volontairement occulté ce cher Hayao Miyazaki (qui s'est tout de même occupé du scénario ici) pour vous parler du premier long-métrage de Hiromasa Yonebayashi, Arrietty, le petit monde des chapardeurs, car il est pour moi la quintessence de l’envoûtement de l’animation japonaise.

On s’éloigne donc des histoires fantastiques et des aventures écolo-féeriques du maître pour entrer dans un huit clos floral et poignant, où une simple rencontre va changer la vie de deux protagonistes et nous faire passer un moment des plus touchants. On se retrouve donc plongé au cœur de la banlieue de Tokyo, dans une vieille maison submergée par une nature chatoyante et colorée. C’est ici que vit la tante du jeune Sho, venu se reposer quelques jours au calme en attendant une lourde opération du cœur. Mais en plus de la servante Haru et du gros chat Niya, la maison cache également d’autres occupants : Pod, Homily et leur fille Arrietty, une petite famille de chapardeurs pas plus hauts que trois noix, vivant en toute discrétion sous le plancher et ne dérobant que quelques maigres provisions vu leur petite taille. Seulement voilà, la nuit où Arrietty accompagne pour la première fois son père dans une mission, afin de récupérer du sucre et des mouchoirs, elle est vue par Sho et cela contraint sa famille à déménager pour continuer à être invisibles aux yeux des humains.

Superviseur des effets visuels sur le Voyage de Chihiro de Miyazaki, Yonebayashi nous dévoile, dès les premiers plans du film, un univers floral absolument magnifique, comme souvent avec les Studios Ghibli. Le décor est avant tout l’acteur principal du long métrage, notamment lorsque l’on plonge dans les méandres de la maison et du jardin pour s’immiscer dans la vie d’Arrietty et de ses parents. Tout devient alors immense, les briques font des murs, les clous des escaliers, les trombones des échelles et le moindre petit objet peut devenir d’une grande aide, comme l’aiguille et les boucles d’oreilles, qui servent respectivement d’épée et de piolets. On s’émerveille devant cette multitude de petites trouvailles ingénieuses dans le détournement d’objets. De même, pendant l’infiltration nocturne d’Arrietty, grandiose et terrifiante à la fois, on se plaît à découvrir l’intérieur de la maison, ainsi que les alentours gorgés de verdure lors de ses escapades périlleuses le long de la vigne vierge. Un vrai régal pour les yeux !

Mais avant tout, Arrietty, le petit monde des chapardeurs est un film qui se voit avec le cœur. À part un corbeau fou et la bonne Haru qui est bien décidée à attraper la petite famille, rien n’empêche la rencontre interdite entre une Arrietty virevoltante et un Sho épuisé, tous deux curieux de connaître la vérité sur l’autre. À l’une, on a dit que les humains étaient dangereux et qu’il ne fallait absolument pas se faire remarquer auprès d’eux, à l’autre, on a dit que les chapardeurs étaient une légende et que personne n’en avait jamais vu. Ainsi, le rapprochement des deux personnages vont entrainer inévitablement leur séparation. Triste et beau à la fois, cette courte relation entre ces deux jeunes protagonistes donne naissance à des dialogues poignants, servis par la musique acoustique touchante de Cécile Corbel. Difficile, donc, de ne pas être ému par un Sho à fleur de peau qui finira par dire à cette minuscule fille à robe rouge combien elle lui a mis du baume au cœur, dans un moment aussi crucial pour lui et pourtant, tout le monde sait que dévoiler ses sentiments à une personne chère n’est jamais simple.

Une belle histoire fugace, mais intense, entre deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

 

Tankkore


 


 

Titre original : Karigurashi no Arietti

Réalisation : Hiromasa Yonebayashi

Scénario : Hayao Miyazaki, Keiko Niwa

D'après le roman "The Borrowers" de Mary Norton

Pays : Japon

Année : 2011

Genre : Anime japonais


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Commentaires (6)

1. Tankkore 09/07/2015

Ouais grave... baltringues !

2. zoskia 08/07/2015

T'façon c'est des enculer ces chapardeurs, ils font que chaparder...

3. Tankkore 08/07/2015

Au final, c'est les chapardeurs qui se contraignent eux-même de partir lorsqu'ils sont repérés par des humains. C'est plus un problème de confiance que de méchanceté du coup.

4. zoskia 07/07/2015

Ça fait un moment que je l'ai vu mais dans mon souvenir les humains étaient pas super sympa avec les chapardeurs, y avait beaucoup de verdure et à la fin elle se barre si j'me souviens bien, si on remonte tous ces éléments j'crois que ça donnai un message assez pessimiste après faut peut-être que je le revois. c'est un peu confus.

5. Tankkore 06/07/2015

Je ne trouve pas qu'il y est vraiment de message écolo dans celui-là justement... à quoi tu penses comme message ?

6. zoskia 06/07/2015

Encore une très bonne chro pour un bon Ghibli. Le message écolo est encore un peu trop marqué à mon goût mais il reste tout de même bon :)

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Date de dernière mise à jour : 14/07/2016

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